Chant magnétique

Photo Andreas Stand

Photo Andreas Strand

 

Un aileron ! Je ne sais pas si je dois le dire à François mais je n’arriverai pas à le garder pour moi. Juste à côté des trois kayaks qui sont à une dizaine de mètres devant nous, un aileron vient de passer. La fille de l’équipe de devant en a même arrêté de pagayer, incrédule. Je repasse rapidement dans ma tête tous les documentaires que j’ai pu voir qui disent que le requin n’est pas une bête assoiffée de sang comme certains films spectaculaires l’ont laissé entendre, qu’il n’attaque quasiment jamais les kayaks, et qu’en plus il y a des requins tout à fait inoffensif … « François, y a un requin qui vient de passer devant nous ! » ça y est, c’est dit, on peut flipper à deux maintenant. « Je viens d’en voir un aussi sur ma gauche ! » ho bonne mère de sainte ragegonde (on est pas croyant mais dans ces moments là on prierai bien n’importe quoi !), il faut juste ne pas tomber à l’eau maintenant et réussir à faire un surf de légende dans ces vagues de fous pour beacher proprement …

Une belle soirée de réception. Les magnifiques chants polyphoniques Zoulous laissent place à un briefing de Stephan Muller, le directeur de course, qui n’appelle aucune question des coureurs. Carré. Tout au long de la longue préparation qui a précédé on a bien senti que l’organisation était béton, un mail = une réponse dans la journée ! Pas de peut-être, pas de « on verra », on ne serait pas en Afrique du sud on dirait bien que ça sent l’horlogerie Suisse … Le stress n’est donc pour nous que de savoir ce que nous allons découvrir comme difficultés sur le terrain. Et des difficultés il va y en avoir, on n’est plus au pays des bisounours, on est en Afrique du sud, on ne peut pas appeler notre maman si on a oublié notre crème pour les fesses.

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La première de ces difficultés sera déjà de passer les vagues dimanche matin, à 7h00. La seconde de dompter la carte. La troisième de préserver ses pieds. La quatrième de gérer le sommeil alors qu’il n’y en a pas d’imposé. La cinquième de … stop ! Oui c’est vrai, c’est un raid expé, et la couleur est donnée d’entrée, la vérif du matériel de corde est ultra light …

Toutes les équipes sont derrière le drapeau de leur pays, quelle sentiment de fierté pour nous de pouvoir représenter la France même si nous savons très bien que d’autres le feraient mieux que nous. On prend ce qui vient comme ça vient, on triera après. La mer est calme, comme tous les matins depuis que nous sommes arrivés. Elle ne commence à se lever que vers 9h. Serait-ce le coup de Vuvuzela de Stephan pour donner le départ qui l’a réveillé ? Nous courrons avec François, juste à côté de Seagate, et nous nous jetons dans l’eau assez bien placé. La première vague est passée, la seconde arrive déjà, bien plus forte. C’est la troisième qui nous renversera, laissant passer tout juste 4 ou 5 bateaux. Nous repartons de plus belle, pas démoralisé, c’est l’hécatombe de part et d’autre, des bateaux retournés, des pagaies qui flottent, des bidons à l’eau … Seb et Chris sont plus à droite que nous et Chris vient de se faire éjecter du bateau, perdant sa pagaie. Ils reviennent sur la plage pour rattaquer dans de bonnes conditions. François et moi repartons à l’attaque, 1 fois, 5 fois, 10 fois, peut être 15, avec autant de chutes … ça fait déjà longtemps qu’on ne voit plus Seb et Chris, espérons qu’ils soient passés ! Nos regards se croisent plusieurs fois avec François, et chacun peut y lire la détresse de l’autre et cette interrogation: comment allons nous faire pour passer ? Nos forces baissent, ça fait déjà 25′ qu’on lutte vainement et désormais il ne reste qu’une vingtaine de bateaux à ne pas être passé, sur les 80 que compte le peloton. Et au bout d’un moment la mer se calme, l’espace de 10 secondes, comme pour nous dire « allez, c’est bon, je vous laisse passer ». Go François, c’est maintenant ou jamais, putain rame, faut qu’on la passe celle là, après c’est gagné ! On se retourne une dernière fois pour voir la plage au loin, ça y est on est en pleine mer, derrière le filet anti requin.

C’est parti !

La vue des ailerons nous fait accélérer mais d’un côté je suis bien content que François en ai vu un aussi, il aurait pu me traiter de mytho sinon. On pagaie fort, on rattrape des bateaux, toujours pas de Seb et Chris. Un gros surf se profile, la plage est là toute proche et tous les bateaux sont retournés dans l’eau. Neptune a dû se dire à ce moment qu’il avait déjà bien joué avec nous et il nous a laissé rentrer sur la plage dans un surf quasi parfait, sous l’oeil des sauveteurs qui n’ont pas dû en voir beaucoup arrivés proprement ! Il faut dire que notre motivation pour ne pas se mettre à l’eau était grande vu ce qu’on venait de voir …

Christine et Seb sont là, ils ont déjà chargés les sacs, on se lâche un peu pour évacuer la pression du départ et on donne tout ce qu’on a jusqu’au départ du petit trek de 12 kms. On estime qu’on doit être entre 25 et 30, on imagine les copains restés derrière l’écran qui doivent rigoler en sachant très bien qu’un départ en kayak c’était forcément une sacré épreuve pour nous. Ce premier trek se déroule dans un parc où nous devrions voir quelques animaux style springboks mais l’heure est plutôt à remonter les équipes dans ce layon pentu qui nous mène sur le plateau. Les jambes tournent pas trop mal, on double, on double. L’équipe Suisse Rady’s a dû galérer aussi en bateau et nous courrons ensemble. Redescente du plateau dans une jungle luxuriante, des lianes de partout, des racines plus hautes que nous, des immenses feuilles vertes au dessus de nos têtes. ça y est les copains, on y est !  la course est lancée ! On arrive à la rivière, on fait les timides 2′ histoire de ne pas mouiller nos chaussures et puis il faut s’y résigner, hop premier bain. Les cartes ne sont pas plastifiées, donc il faut vraiment perdre du temps mais les protéger à tout prix. On rattrape encore une ou deux équipes en fin de trail puis on se jette dans les bateaux pour en finir avec ce petit prologue et enfin commencer les choses sérieuses, le grand trek de 80 bombes !

Avec Rady's sur le premier trek

Avec Rady’s sur le premier trek

10ème. Sorry ? on lui fait bien répéter 3 fois au pauvre bougre, sacré bonne surprise ça ! On a décidé de faire une transition hyper sage pour partir avec des pieds secs, sans sel, sans sable. On fait même une transition de débutant, on est très lent et pas organisé du tout, on se lave les pieds et on se remet du sable aussi sec dessus ! bref faudra bosser ce chapitre …

Le plat de résistance …

Enfin reparti mais pas en courant comme escompté, 10 kms de sable mou nous attendent, le long de la mer. J’en profite pour aller vérifier ce que nous a dit l’orienteur de l’équipe Suisse, Charles.  » Ne pas faire des choix d’orienteurs mais réagir comme si on était un autochtone, essayer de trouver le cheminement logique » … Essai n°1 pour passer juste 100 mètres de jungle autour d’un étang, jungle 1 – Orienteur 0 … on prend un abonnement pour le sable mou. On enchaine les 2 premiers postes sans soucis avant d’arriver au rappel. Je rentre vite fait carte et boussole dans le sac et je me dépêche pour être en bas le premier histoire de pouvoir préparer la suite. 90m de rappel et un 8 bouillant comme la forge de Vulcain me stoppe dans mon élan. Seb également, il en gardera deux magnifiques brûlures sur le cou. La rivière en bas nous permet de refroidir le descendeur avant de le ranger définitivement. C’est malheureusement le seul et unique rappel du raid.

« Seb, tu peux me sortir ma carte du sac stp ? » Seb me tent la carte et nous montons droit dans l’pentu, direction le plateau, histoire de profiter d’une meilleure vue sur la suite des évènements. Arrivé en haut, je me préoccupe enfin de savoir où est ma boussole. Ho put….. il me semble que je l’avais roulé dans la carte … Seb ne l’a pas vu en sortant ma carte et je réalise qu’elle a pu tomber à l’endroit de sa sortie mais également après, et on vient de marcher plus de 500 mètres dans le bush, sans chemin. Autant chercher une aiguille dans une botte de foin ! Je passe sur tous les noms d’oiseaux dont je me traite pour ne pas avoir rangé la boussole à sa place, comme d’hab … Seconde claque du raid après l’épisode « vague ». Je prend la carte, grand moment de solitude, il y a un très très long poste à poste sur le plateau, sans réel relief sur lequel s’appuyer, et surtout la nuit arrive dans une heure ! « Pas le choix les loulous, il faut aller se caler le plus vite possible avec la mer en main courante à gauche, le prochain poste est sur la plage de toute façon mais il faut réussir à atteindre la mer avant la nuit ! »

C’est parti pour une course contre la montre. François, souvent à la peine le premier jour, serre les dents et nous courrons. La peur de se retrouver au milieu de nulle part sans boussole nous donne des ailes, le rythme est vraiment bon. Une petite vallée à traverser, un groupe d’enfants nous guide de l’autre côté en nous faisant des grands signes de la main pour nous indiquer le petit layon qui a été taillé à la machette et qui nous permettra de franchir ce passage sans se déchirer dans la jungle. Arrivés vers les enfants, ils nous accueillent avec un chant magnifique, presque magnétique tellement il nous attire, premiers instants magique pour nous. Nous reprenons notre course et apercevons au loin une équipe. But du jeu, faire la jonction en espérant qu’ils acceptent de nous prêter leur boussole de secours ( la notre est une hémisphère nord et nous attend sur … le vtt ! Dès fois qu’on l’aurait usé …). On accélère encore le rythme, et il faut bien dire que François est heureux quand enfin on parvient à faire la jonction. On peut enfin calmer le jeu. L’équipe Sud Africaine accepte gentiment de nous prêter leur boussole de secours. Il s’agit d’un modèle d’initiation avec l’aiguille qui fluctue de quelques centimètres à chacun de mes pas, la galère va pouvoir continuer. Mais pour nous donner un peu de baume au coeur nous rencontrons un jeune, les Sud af lui demandent de guider les deux équipes pour nous indiquer le passage du bras de mer, apparemment un peu coquin à trouver. Le jeune va marcher une bonne demi heure avec nous, tout heureux de se trouver au milieu des équipes. A la passe il nous laisse et nous faisons la jonction avec Cyanosis, une autre équipe Sudaf. Deux places de rattrapées, le moral remonte aussi vite que la nuit descend ! Chacune des trois équipes relance la machine, nous restons un peu en retrait pour compenser les efforts fournis précédemment.

Nous approchons du CP et il faut se résigner à quitter la plage si sécuritaire. C’est là que je me rend réellement compte que l’orientation avec cette boussole d’initiation va être plus que compliqué. Il n’y a rien pour nous, même la nuit est plus noire qu’un trou du cul de phoque en pleine marée noire. Nous validons le cp avec trois autres équipes et nous arrangeons pour ne pas repartir seul, histoire d’avoir toujours un moyen de contrôle. Je déteste orienter comme ça mais la justesse des cartes est telle qu’il est impossible de faire confiance aux chemins sans boussole.  J’ai un mal fou à faire correspondre les éléments entre eux et je n’y parviens que quand le relief s’accentue fortement. D’ailleurs c’est le cas sur le long interposte qui suit où je prend enfin la direction des opérations juqu’à la rivière tout en bas. Là sur la carte plus de chemin. Nous sommes trois équipes, Cyanosis et une équipe suédoise. Cyanosis part à gauche, les suédois à droite. Merde ! bon, on suit les sud af, ils doivent connaitre leur coin ! Les trois équipes grenouillent une bonne demi heure dans ce fond de thalweg jusqu’à ce que les suédois disparaissent. Ils ont dû trouver une trace dans la jungle pour remonter sur le plateau. On continue à chercher pendant près de 3/4 d’heure, à tenter de passer, à se faire lacérer la peau, à reculer, à retenter un peu à droite … quelle galère … Et puis on trouve enfin la trace devant laquelle on est passé au moins 3 fois, mais dans cette jungle, le passage est très fin à voir.

On remonte sur le plateau et arrivé en haut je sens bien que Cyanosis en a marre de nous avoir sur le porte bagage. Ils font mine de ralentir. Tant pis mon grand, va falloir te lancer tout seul … Rien, pas un élément à me mettre sous la dent, pas de cap que je puisse tenir à cause de cette maudite aiguille qui danse la gigue. Je les vois prendre un 90° gauche pour nous larguer, j’essaie juste de contrôler leur halo de lumière mais ils sont déjà loin et se perdent rapidement dans la pénombre. On est seul au monde. Dur dur cette impression. Et Chris, seb et françois doivent me prendre pour une quiche en orientation, ça fait mal. Je fais des stop très régulièrement pour essayer d’avoir un cap propre. Et d’hypothèse en hypothèse je réussis à tomber sur une grosse piste qui s’embarque dans la bonne direction. Ouf ! On approche enfin d’un village, première étape psychologique vers notre prochain cp, et sur notre droite 4 faisceaux lumineux arrivent de nulle part. Bon sang, je ne sais pas qui c’est mais ils ont dû faire une sacré boulette pour arriver de là ! Ils nous rattrapent assez vite et nous reconnaissons Cyanosis ! La jonction se fait au moment où nous arrivons enfin sur la grosse piste que je visais, nous décidons de courir pour les tester et visiblement ils ont du mal à tenir le rythme. C’est tellement rare que notre équipe soit forte à pied, mais quel panard ! Le raid sera comme ça tout du long, des hauts, des bas, des moments d’euphories auquels succèdent de grands moments de solitude.

Il doit être entre 3 et 4h du mat et mon itinéraire passe par un bras de mer assez important à traverser. C’est marée montante, le courant est très fort. J’annonce à mes cocos qu’il va falloir se déssapper pour traverser. Là j’ai bien droit à au moins trois  » t’es sûr que c’est bien là ? y avait pas un autre choix ? » Dur, les rares fois où je vais être absolument sûr de faire le bon choix il faut quand même que je vérifie 10 fois sous la pression ! Quand enfin on est tous les 4 prêt (certains sont beaucoup plus lent que d’autres pour se déshabiller, n’est ce pas Seb !) on traverse tous ensemble en évitant de penser aux histoires de requins bulldogs qui remontent les lits de rivières. Ce sont juste quelques sardines qui se jettent sur nous, aveuglées par notre phare. On en prend même dans la figure. François toujours pas au top ne s’en rend même pas compte !

Photo Bruce Viaene

Photo Bruce Viaene

Une longue piste de l’autre côté pour nous mener à ce fameux poste au sommet d’une montagne. Long partiel usant pour le moral, c’est la fin de la première nuit, ça commence à zigzaguer et à dire n’importe quoi. On arrive à un gros carrefour et là j’ai le malheur de donner le choix, soit on passe par là et on assure soit on coupe et on économise 5 à 6 kilomètres. Faut dire aussi que je ne présente pas la chose pour qu’on prenne le long choix. On prend l’option du raccourci. Il suffit de traverser une grande lande sur presque 2 kilomètres pour arriver sous le sommet, encore faut il prendre le bon azimut. Nous nous engageons dans ce grand plat pour cette dernière heure de nuit. Nous tombons assez rapidement face à un profond ruisseau . Allez c’est reparti, tout le monde à l’eau. Puis un marécage nous attend. On le traverse en vociférant, on était tout sec il y a encore 20′ ! Un second marécage, un second cours d’eau bien plus large, là je commence à m’énerver, sans compter que nous perdons petit à petit le cap. Nous perdons bien une bonne heure dans la bataille, beaucoup d’énergie mais enfin le soleil se lève et nous dévoile le sommet juste devant nous. C’est fou ce qu’on peut arriver à faire correspondre les éléments quand on en a vraiment envie. Un replat devant mon sommet, je le vois, un village, je le vois aussi, une piste, je la vois, bref tout y est, nous n’avons plus qu’à monter.

Sommet ! flûte où est ce satané poste ? je me fais toute la ligne de crête en courant comme un fou mais au bout de 20′ de vaines recherches il faut bien se rendre à l’évidence, on est pas au bon endroit ! Reste à savoir où l’on est. L’enfer quand enfin on comprend ce qu’on a fait. Les marécages nous ont jeté toujours plus à droite et nous sommes montés sur le sommet voisin ! le CP est en face à nous narguer ! Deux choix, tout redescendre pour tout remonter (400 mètres de déniv) ou tout contourner ( 0 déniv mais bien plus long et attaque très facile). On joue la carte de la sécurité et on contourne par le côté le plus long mais qui va nous permettre d’enfin pouvoir courir.

 

Putain, on s'est trompé de thalweg !

Putain, on s’est trompé de thalweg !

On se presse car il nous reste le canyon et on se doute qu’il faut réussir absolument à le passer de jour. On enchaine les deux derniers postes dans les plantations de thé puis descendons ventre à terre sur le canyon. Il est 10h, on n’est pas si mal que ça. Le temps de se laver un peu dans la rivière et de refaire le plein en eau et on attaque ce qui sera un des juges de paix de ce raid. Temps estimé par l’orga pour les meilleurs, 5h. Go, c’est parti ! A notre grande surprise l’eau est assez froide, tranchant singulièrement avec toutes les rivières qu’on a traversées.

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La roche est très très glissante mais assez vite on se rend compte que l’adhérence dépend de la couleur des pierres. Les noires sont des savonnettes, les blanches adhérent bien mieux. François s’est complètement refait et nous nous remplaçons tous les deux pour ouvrir le chemin. Chris et Seb, à l’aise comme des pingouins dans le Sahara, ne s’économisent pas pour autant mais doivent laisser bien plus de jus. Le canyon est tout à l’ombre et les rares moments de soleil sont un vrai bonheur. Et dire qu’aucun concurrent n’a de combi, ceux qui vont passer là de nuit vont non seulement avoir des pierres hyper glissantes mais vont aussi avoir très froid !

J’ai compris qu’il y avait un poste sauvage qui délimitait la moitié du canyon. Je ne m’inquiète donc pas trop, il sera forcément à un endroit évident. Au bout de 6h30 de progression je décide de ressortir la carte pour vérifier, et là je me rend compte que ce n’est pas un poste sauvage mais qu’il a une définition ! On en profite pour lire le road book et ce poste doit également nous indiquer la sortie du canyon ! Une petite panique nous envahit, et si nous l’avions dépassé ?? un coup de boussole, la direction a l’air d’être bonne. Nous décidons de continuer encore un peu. A peine 100 mètres plus loin nous trouvons le poste, une belle frayeur gratuite qui nous rappelle l’importance de lire le road book et de s’assurer qu’on a compris la même chose. Un finish en courant, enfin on va pouvoir rouler, au bout d’une section de presque 100 kilomètres à pied ça fera du bien … Pour la petite histoire certaines équipes mettront plus du triple de notre temps, en s’engageant de nuit, le froid, la lecture du passage et les pierres ultra glissantes expliquent une telle différence.

La patafion, le meilleur ami de l’homme !

Première heure de sommeil pour nous, et l’occasion de manger chaud, une petite douche pour enlever le sel, traçage des cartes et hop on repart sur cette première section de vtt qui a été portée à 150 kms au lieu des 120 prévu, le kayak suivant étant raccourci. Cyanosis a fait comme nous et repart de suite après nous, nous double très facilement dans la grosse bosse. Pas d’inquiètude, je suis persuadé que le rythme que nous imprimons est le bon. Un petit jardinage d’1/4 d’heure sur le second poste, le moindre single est un choix toujours perdant mais on ne se refait pas ! La suite se passe plutôt bien, nous roulons proprement, sans nous entamer. Le parcours est assez roulant mais les quelques bosses sont très pentues et cassent bien le rythme.

Photo Bruce Viaene

Photo Bruce Viaene

Au petit jour nous rencontrons des cohortes d’enfants qui prennent la direction de l’école en pleine nuit, ils sont tout amusés de nous voir, nous devons être les premiers, les top guns étant passés de nuit. Une casse de chaine pour seb et une crevaison pour christine ne nous empêche pas de penser qu’on a réalisé une très bonne section. Il ne nous reste que le dernier poste à prendre et c’est déjà l’arrivée pour le kayak de 16 kms. Oui mais voilà, ce dernier poste est le second tournant de tout ce raid après la perte de la boussole hémisphère sud. J’ai tracé un magnifique parcours qui nous fait emprunter un single à flanc de montagne, très ludique. Beaucoup de trace devant nous, on est confiant. Quand la forêt laisse place au bush j’en profite pour anticiper le terrain, on roule fluide, il fait beau, c’est génial ! et puis, arrivé en bas, d’un coup je ne reconnais plus rien, les traces ont également disparu et je ne comprend plus le terrain. Le soleil commence à taper fort, et nous devons remonter de grosses pentes pour basculer dans le vallon d’à côté. Tout à changé, des pistes ont été créées, d’autres modifiées. Après une bonne heure de galère on croise un groupe d’enfant et nous leur demandons un nom de patelin. Ils nous montrent l’opposé de ce qu’on pensait ! Et on s’obstine, on redescend là où on pense trouver la piste qu’on cherche. Et tout d’un coup je reprend contact avec le terrain et comprend l’erreur qu’on est en train de faire. Les gamins avaient raison, plus qu’à tout remonter. Je sens que Christine me déteste à ce moment, et en retrouvant la bonne trace je réalise que j’ai fait une énorme erreur de choix d’itinéraire, coupant au plus court alors qu’un tracé s’éloignait un peu mais sans prendre la moindre courbe ! Nous venons de perdre deux heures déterminantes, les deux heures qui vont nous obliger à faire le premier interposte du trek de 40 kms de nuit.

Enfin arrivé à la transition personne ne parle, on a tous les boules d’y avoir laissé autant de jus, et je m’en veux terriblement d’avoir loupé cet itinéraire. Le portage des kayaks n’en est que plus dur, on a l’impression qu’ils pèsent 300 kilos ! Heureusement notre Monsieur négociateur, François, a tôt fait de recruter quelques enfants du village contre quelques bonbons pour nous aider à porter les bateaux. Un petit bain dans la rivière pour faire retomber la pression et surtout cette chaleur écrasante et c’est parti pour 16 kms de kayaks. Le début est assez pénible, les bancs de sable sont à peine immergés et nous nous échouons plusieurs fois avant enfin de trouver la veine d’eau. Le spectacle cruel d’un buffle en train de se noyer nous réveil, et nous terminons dans un bon état de fraicheur cette section de transition.

Seb et François, vous auriez pas pu nous éclairer avec toutes vos ampoules ?

On décide de s’octroyer une nouvelle heure de sommeil, mais petite nouveauté, François et surtout Seb doivent aller se faire soigner les pieds. Pour Seb il s’agit de son premier raid long et on n’a pas pris le plus facile pour le lancer dans le bain … Mauvais choix de chaussures, pas de préparation des pieds, et l’humidité omniprésente, il le paye cash. Je trace, cette fois ci en prenant grand soin au choix d’itinéraire. Je leur soumet d’ailleurs ma première idée, aller chercher le premier poste puis redescendre à la transition pour aller chercher le suivant. Choix très sûr … mais pas validé par l’équipe en raison d’un dénivelé plus important. Snif … Les deux heures de perdues à la fin du vtt précédent se payent ici. Le premier poste pointé, nous nous engageons sur le plateau pour essayer de trouver un passage entre les lisières de forêt. La nuit toujours aussi noire, et ma boussole toujours aussi indécise, il est très dur de suivre un cap, pour ne pas dire impossible. Nous allons errer pas loin de 1h30 en haut avant de faire le choix de descendre pour faire un grand tour par le nord. Très mauvaise option, nous sommes obligés de faire des choix par élimination tellement le terrain ne colle pas à la carte. Tant bien que mal nous parvenons à maintenir une direction à peu près correct et finissons par entendre la mer:  » Christine, toi qui a l’habitude tu l’estimes à quelle distance ? » nouvelle technique d’orientation à l’oreille mais assez stressante tout de même car en fonction des mouvements de terrains il nous arrive de ne plus l’entendre ! Au bout d’une heure à zigzaguer entre les collines nous arrivons tout proche. Il nous reste une bande de marécage à éviter, elle finirait de nous achever le moral. On tient le bon bout mais j’ai perdu tous mes repères et je ne suis pas si sûr d’arriver à la bonne embouchure de rivière. Si nous arrivons à celle d’après il faudra se taper pas loin de 12 bornes (6×2) sur la côte pour rattraper le coup ! Et bingo, le poste est là !! Le moral repart, même si nos calculs nous font estimer la perte de temps à près de 7 heures ! Je repense à ce mauvais choix sur la fin du vtt sans lequel nous serions encore au contact des 4 ou 5° place … Olympus arrive très vite, ils ont connus une galère presque pire que la notre, ça nous rassure un peu mais leur rythme n’en a pas été affecté, on doit s’accrocher pour faire jeu égal. Nous allons faire une dizaine de kilomètres sur la plage ensemble, alternant course, enlevage de chaussures pour traverser les bras de mer, escalade de falaise pour éviter de se faire emporter par les vagues (passages assez engagés !), mais le paysage est tellement fabuleux qu’on en oublierait presque la course. Le retour à la piste de brousse nous remet la tête à l’endroit, et malheureusement pour nous, finit très vite d’achever les pieds de Seb. Impossible de courir, cette piste nous semble durer une éternité. Nous ne pouvons suivre le rythme d’Olympus. François réussit une nouvelle fois à négocier, cette fois ci des oranges toute fraiche qui nous font un bien fou. Une petite galère de 3/4 d’heure pour trouver le passage sur la rivière et le poste, nous avons sûrement dû oublier de reporter une trace de la carte mère. Une dernière partie dans la brousse que je suis bien content de faire de jour, Seb serre les dents et prie pour vite retrouver son vélo. En arrivant dans le village où se déroule la transition, un groupe d’enfant courent à côté de nous avec un immense serpent accroché à une canne, il doit bien faire 3 m !! Moi qui croyait qu’il n’y avait pas de serpent en afrique du sud !!!

La transition est un moment de pur délice mais pour la première fois nous ne sommes pas très frais et la remontée sur le vélo n’est pas si facile que ça. Nous avons assez mal joué cette transition, ne pensant pas mettre autant de temps à renseigner les cartes nous laissons seb et christine allés se coucher. François et moi allons en fait galérer pendant près de 45′, nous privant d’autant de sommeil … déterminant pour la suite !

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Une fin sans fin …

Nous repartons pour cette fameuse section de 230 kms de vtt, une section au moral, surtout qu’on sait déjà qu’on va y passer deux nuits, et ça, ça change tout. Nous passons déjà 30′ dès la sortie de la transition à essayer de trouver une pistouille. Vu les traces de partout nous n’avons pas été les seuls. Nous nous rabattons finalement sur l’itinéraire par la plage qui aura au moins l’avantage de nous procurer le grand plaisir de rouler sur le sable dur de nuit, un grand moment ! Le poste enfin trouvé, nous remontons enfin sur le plateau. Là ce sont d’énormes pistes de brousse qui nous attendent, rien à faire en orientation sauf … surveiller les carrefours. Le manque de sommeil commence déjà à se faire sentir et même pour accomplir une tâche aussi simple je dois me dépouiller mentalement. La seule partie en single de tout le raid va nous réveiller, une magnifique descente technique, une traversée de rivière et une monotrace qui remonte en serpentant pour arriver au petit matin dans les villages zoulous. Nuit noire  aurait été dur mais avec le petit jour qui permet aux formes de se dessiner, surfer entre les petits mouvements de terrains est très plaisant. Nous arrivons dans une zone avec pas mal de huttes éparses, une myriade d’enfants en sortent pour se rendre à l’école et courent derrière nous. Encore un grand moment de voir tous ces enfants, pied nus mais en costume d’écolier, qui sont heureux de joies toutes simples.

Les 10 heures de roulage qui suivent sont plutôt ennuyeuses, longues pistes monotones, carrefour, bon coup de cul, bref rien de transcendant. Une petite halte dans une échoppe pour s’acheter un coca et c’est reparti. Un déjantage de seb qui a trop dégonflé pour gagner en confort puis 20′ de perdu sur une mauvaise piste et enfin nous arrivons au poste 28, juste avant la … dernière nuit ! On s’arrête pour se changer et manger un bout, juste à côté d’un terrain de foot. Les ados viennent de finir leur partie et tentent d’obtenir des bonbons, le climat devient vite tendu car nos réserves sont plus que faibles pour tenir la dernière nuit, et nous devons partir pour éviter que la situation ne s’envenime.

Photo Bruce Viaene

Photo Bruce Viaene

Il fait nuit noire à présent, cela fait 24h que nous roulons. Nous nous retrouvons sur un grand layon en sable mou et je commence à déconnecter. J’oriente de plus en plus au radar, l’avantage c’est que je simplifie carrément l’orientation. Mais je suis dans un état second et je sais qu’il va se passer quelque chose car j’ai déjà dépassé le stade de la simple fatigue. J’ai comme un court circuit qui se produit dans mon cerveau et sans pouvoir identifier à quel moment la bascule s’est opéré je suis désormais en train de suivre François qui voit bien que je n’oriente plus. Nous cherchons longtemps un départ de piste et j’ai l’impression assez désagréable de voler au dessus de mon vélo. Est ce que je rêve ? non, mon guidon qui a failli m’échapper me rappel que je suis bien dans la réalité.

« Il faut qu’on appelle les secours, il ne nous reconnait même plus » … Je suis tout enroulé dans une couverture de survie et j’entend cette phrase qui me fait bouger. Qu’est ce qui s’est passé ? j’ai un grand trou noir de plus d’1h30 ! En me voyant bouger, Chris, François et Seb paraissent rassurés et me racontent ce qui s’est passé. J’étais sur le vélo dans une bosse et tout d’un coup je suis tombé sur le côté. Ils ont cru que j’étais dans le coma et j’ai pris quelques calottes, eu droit à quelques questions auxquelles je n’ai pas su répondre puis je suis parti dans un sommeil très profond dont personne n’a pu me réveiller. Ma première question est de savoir si d’autres équipes sont passées et si nous sommes toujours en course. Le temps d’émerger et je me sens vraiment reposé, et pour cause, j’ai récupéré du sommeil que je n’ai pas pu prendre à la transition d’avant ! Avec le recul je pense que nous sommes une belle bande d’abruti d’avoir pu penser qu’on pouvait s’engager sur la cinquième nuit sans prendre la moindre heure de sommeil ! La preuve qu’aucun d’entre nous n’était lucide … Je regarde la carte, demande à François ce qu’on a fait et hop, c’est reparti ! J’en connais un qui est bien soulagé que je reprenne la carte ! On enchaine à nouveau très bien, il reste environ 70 kms, on devrait arriver au petit matin.

Le dernier village nous pose souci mais comme le jour se lève dans 30′ nous décidons d’attendre en dormant (encore ! pourrait on penser mais au final on est à moins de 5h00, une belle réflexion à mener sur le sommeil en tout cas) puis le soleil se lève une dernière fois sur notre aventure. Un petit déj improvisé, on savoure, il ne reste plus que 2 heures de roulage dans les bananiers. Port Edward se profile à l’horizon, on descend pleine balle avec des projets pleins la tête, un petit déj bien gras, une heure au bord de la piscine, une sieste à l’ombre, de l’eau fraiche …

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Dormir !

Le sourire ravageur d’Heidi nous accueille, champagne frais, 4 sandwiches, 4 fauteuils, le top, tout ce dont le raideur rêve quand il franchit la ligne. En prime un banc de dauphins sautent comme pour nous accueillir ! Fin d’une belle page. Sentiments mitigés pour ma part car au vu des circonstances nous ne pouvons qu’être satisfait de notre résultat, le souci c’est que les circonstances de course c’est nous même (et surtout moi) qui les avons provoquées. Cela amène forcément des petits regrets sur le coup, l’équipe était au top et pouvait espérer bien plus. Christine est juste monstrueuse, plus les jours passaient, plus elle était forte. La laisse n’a jamais servi (ha si, mais pas pour elle !). Elle se sera très facilement fondu dans l’équipe, trouvant sa place et apportant sa pierre à l’édifice. Pour Seb dont c’était la baptème du feu, idem, même la gastro du dernier jour ne l’a pas ralenti en vélo. Et quel mental pour continuer à avancer malgré ses pieds à vif ! Il lui aura juste manquer cette phase de prépa des pieds d’avant course. Pour François, après sa traditionnelle première journée dans le rouge il a tenu son rôle à la perfection, le chien de garde, le contre maitre de l’équipe, celui qui braille quand ça s’arrête trop souvent ou quand les transitions durent un peu trop longtemps. Pour moi, j’avoue quand même avoir pris très peu de plaisir en orientation, un stress permanent consommateur d’énergie, mais je ne peux m’en prendre qu’à moi même. En revanche j’ai énormément appris. Si tout va bien à 50 ans je serai au top !

Le retour à la vie « normal » s’est fait assez vite pour chris et seb malgré ses pieds, beaucoup plus laborieusement pour françois et moi avec un épisode de fièvre et fatigue très importante à retardement dont nous sortons à peine. Mais nous n’avons pas toujours été très rigoureux dans la décontamination de l’eau et on peut même s’estimer heureux de s’en sortir aussi vite.

Pour les équipes françaises qui souhaiteraient faire un raid international, nous n’avons qu’un mot à dire: Foncez !! L’expedition Africa est LE raid à faire et ce, pour plusieurs raisons:

-Heidi et Stephan sont aux petits soins avec les équipes étrangères, un mail et le souci est réglé. Ce sont des pros de l’évènementiel sportif mais ça se voit, c’est carré du début à la fin !

– 1700 euros, le tarif d’inscription le plus bas du circuit mondial, ça revient presque moins cher que d’aller faire le Corsica ! Pour le billet d’avion il faut compter + ou – 800 euros avec escale à Dubai, ce qui représente 14 heures d’avion et environ 3 heures d’escale. Mais pas de décalage horaire !

– Le tracé: vous voulez du dépaysement ? il est garanti ! Nous sommes bien conscient que nous n’avons pas traversé les territoires les plus spectaculaires mais la brousse et ses villages de huttes, les longues parties en bord d’océan indien, nous ont marqué. Le tracé vtt n’a pas été très ludique mais les treks ont été un régal techniquement et au niveau paysage, et que dire de cette première section de kayak d’anthologie ! C’est simple, en France on serait resté sur le bord de la plage en attendant que ça se calme …

– un règlement hyper simple, une lisibilité de la course simple et efficace car une seule porte horaire en fin de raid, un suivi que même les novices ont réussi à comprendre. Bref, rien à dire, du beau boulot !

– Question orientation: la boussole hémisphère sud est juste … indispensable ! Et prenez en même deux, il parait qu’il y a des quiches qui les perdent le premier jour de course ! Pensez aussi à regarder dans le cartouche tout en bas de la carte pour voir l’importance de la déclinaison magnétique (décalage entre le nord géographique et le nord magnétique), pour nous elle était de 26 degré. Et ça nous aurait bien servi de la prendre en compte avant. Mais après en avoir discuté avec Chris Forn, même Seagate a reconnu avoir eu des moments où leur boussole hémisphère sud tournait en rond !

– Question alimentation on s’en faisait une montagne mais on avait une superette juste à côté de la zone de départ et on trouve quasiment les mêmes produits qu’en France (bien moins cher en plus !)

– La nuit est très longue et très noire, ce qui change tout ! 13h de nuit, c’est déjà dur mais quand en plus tu n’as pas un petit croissant de lune pour faire ressortir le relief c’est encore plus dur !

– et si on devait repartir ? nos valises sont prêtes !

Petite réflexion personnelle concernant le rôle de l’orienteur: Dans des pays comme ça, s’engager avec un seul coureur capable de lire la carte est vraiment chaud. Certes cela tient éveillé, mais c’est valable sur les 2 ou 3 premières nuits. Après ça se paye cash surtout si l’orientation est complexe et qu’elle pompe de l’énergie. Donc si vous pouvez, partez à deux orienteurs !

 

 

steph

 

 

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8 commentaires pour Chant magnétique

  1. De retour du Corsica et tu me fais deja rêver à l’hémisphère sud !, Bravo à toutes l’équipes et a bientôt sur le RIF avec votre équipière de choc !
    ++

  2. Seb raichon dit :

    Bravo les arverne. On patienté à l’aéroport en lisant ton Cr. J’espère mieux vivre mon orientation à venir. À nous de jouer maintenant aux aventuriers…

  3. Seb raichon dit :

    Un grand bravo. On attend notre avion pour les états unis et rien de mieux qu un beau recit pour patienter. J espere vivre mieux mon orientation prochaine…

  4. guillaume dit :

    Bravo à tout l’équipe !
    Steph, en plus de tes talents d’orienteur (si si ..même avec une boussole de pacotille), tu as des vrais talents de conteur (mais là, j’apprend rien à personne…) . On a plein de belles images dans la tête ..

  5. Benoît dit :

    Encore un CR tout bonnement énorme !!! Chapeau en tout cas pour l’aventure 🙂

  6. Patrick dit :

    Merci pour ce récit, on en apprend beaucoup. J’ai survécu au Costa Rica, il faudra bien que je me tente l’Africa AR 😉 J’y bosse pour 2016 !
    Le kmer avec les requins, j’ai déjà donné en Guyane, sur une sortie d’entraînement, j’étais même avec Marius (Raid Nature 46), qui m’avait traité de fada jusqu’à qu’il voit plusieurs ailerons 😉 Mais mon plus grand flip a été un serpent qui m’est tombé sur le pont du kayak alors que j’observais peinard des loutres géantes au fin fond d’une crique amazonienne 😉 Putain ce flip… !!!
    En tout cas bravo à vous tous pour cette belle aventure et cet esprit de partage.
    Bizz

  7. Polo dit :

    Eh ben vous faites bosser les gosses pour qques bonbons!!! 🙂 Sans dec’ bravo pou votre aventure, vous m’avez bien empeché de bosser pendant toute cette semaine. j’etais accro a mon pc!!! que dire du compte rendu, toujours aussi sympa et toujours l’impression de vivre la course quand on te lis. Bonne récup et à bientot!!

  8. Rémi Crété dit :

    Bravo Steph pour cette belle aventure et ton compte rendu. Ça m’a fait revivre mon expérience de l’année dernière, notamment la perte de la boussole hémisphère sud et le fait d’orienter seul 5 jours !!! Je vous ai pas mal suivi pendant votre périple vous avez été super fort.

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