Vercors, j’adore !

Je suis toujours admiratif des gens qui organisent car passer de l’autre côté de la barrière c’est faire preuve d’un bel esprit d’altruisme, c’est aussi et surtout des heures de boulot dont le coureur ne peut pas se rendre compte. Et comme on sait combien de temps on passe à organiser un trail, j’ose à peine imaginer les heures de casse tête pour organiser un raid de 24h ! Et puis souvent, quand un chaud patate fait un raid on lui demande son autorisation parentale, alors être organisateur à cet âge, c’est encore plus fort ! Donc pour l’ensemble de votre œuvre on a décidé de vous dire un grand bravo et un merci qui vient du cœur …

Avec mon Fredo on avait couru la première édition du chaud patate, dans le nord Belledonne, une première bien réussie qui en appelait forcément d’autres. Il aura fallu attendre la 4°édition pour qu’on revienne courir de ce côté de la France, sur un format qui nous convient plutôt bien en théorie. Pas spécialement à la recherche de points sur le challenge national, pas spécialement non plus pour tester l’équipe de la finale qui ne sera pas celle là, mais vraiment pour faire un raid sur lequel on est sûr de prendre un grand plaisir parce que le terrain de jeu est juste un bijou. Il y a évidemment du beau monde mais comme c’est la dernière manche du challenge c’est logique, c’est justement l’occasion pour Seb et moi de voir si la récupération de la manche Arws en Afrique du sud est bonne.

Aucune copine dévouée ne souhaite venir s’éclater avec nous pendant 24h à ranger notre linge puant ou nous tendre une barre de céréales, nous organisons donc notre week end selon la bonne vieille méthode qui a déjà fait ses preuves, à l’arrache ! Et que j’te met ça dans le camion, je sais pas si ça servira mais on sait jamais, et que j’embarque ça aussi pour le filer au copain là bas, et puis 5 paires de chaussettes au cas où, et des machins, des trucs, des bidules … ça y est, y a plus de place, on peut partir.

On arrive au camping de Gresse la veille au soir, et après la bonne pluie de la nuit, on est tout content de voir les nuages qui s’écartent au petit matin. On ne déroge pas à la tradition de l’équipe, on mendie une couverture de survie à CAP03, installés à côté. La répartition a été refaite pendant le voyage la veille car j’avais zappé le fait que ce sont les mêmes qui devaient enchaîner la photo aérienne et le vtt descendant. Du coup comme Olive ne fait pas de roller (mais qu’il va s’y mettre avant la finale, hein Olive ??!! 😉 ) et ne veut pas faire de canyon, c’est Seb qui se coltine l’enchainement des 5 premières sections. Olive fera les enchainements des sections de barbares (trail montagne et gros vtt qui suit), et moi je me tape toute la nuit où l’orientation est plus délicate.

On part à 3 sur un trail ascendant où mes bâtons dernière génération que tout le monde m’envie, servent bien. Là haut, je laisse les frangins seuls sur la photo aérienne, avec une petite pointe d’angoisse tout de même mais le risque fait parti du raid. Le temps de me déplacer en véhicule sur la première zone d’assistance, il m’en reste suffisamment pour faire un atelier … mécanique, avec mes pistons de freins grippés, preuve que mon vtt a peu servi depuis notre retour de l’hémisphère sud. A noter que mes bâtons sont tellement bons que Fanny vient me les emprunter pour l’équipe de LSN mixte. Les frangins arrivent à la transition en 5° position avec prêt de 18’ de retard sur les deux équipes de Lozère, ça fait déjà cher pour 2h d’épreuve mais il en reste encore 22, restons calme et buvons frais.

Je pars avec Seb sur la section roller, pas si souvent que je les enfile ceux là, puisque je cours souvent avec des anti roller et donc on se tape tout en trotti ou en trail. Première partie éprouvante due au pourcentage de la bosse et à la grosse chaleur, on fait un bout de la section avec Raidlink’s 07 qui était juste devant nous. La fin de la section est beaucoup plus facile, petite transition rapide et on recolle aux gros poumons, Absolu raid, juste à l’entrée du canyon. Comme d’hab je speed Seb pour qu’il se jette plus vite dans l’eau, surtout que l’équipe des Saisie Odlo (SO) emmenée par Christophe Faure, nous pousse au cul. On dirait que Christophe connait le moindre bout de caillou par cœur, à moins qu’il soit croisé avec un batracien, mais son aisance est un régal pour les yeux. Sortie du Canyon, grosse bataille entre Absolu, SO et nous pour reprendre du temps aux Lozériens.

La meilleure transition de ma vie nous permet de repartir moins de 12’ après Lozère, grâce à Olive qui a oublié mon sac à dos au camion ! On me refait un sac vite fait avec le matos obligatoire en empruntant à droite à gauche mais je repars pour la grosse section de montagne trempé du canyon, sans ravito et avec un demi camel … SO nous recolle rapidement et on va faire la première grimpette (juste 1200 mètres …) ensemble. Il faut toujours qu’il y ait un boulet dans une équipe, je me propose gentiment de tenir ce rôle sur cette section, surtout que mes bâtons collectors ne m’ont pas été rendu N EST-CE PAS FANNY ! 😉 … et moi sans mes bâtons, je n’avance pas. Donc à la question des chauds patates à l’arrivée de la section « Alors c’était beau ?? », et ben va voir quelque chose quand tu as un ruissellement permanent de sueur devant les yeux ! Si, j’ai bien vu qu’Olive était facile par contre. Arrivé en haut, au poste de la glacière on recolle à SO qui nous avait lâché sur la fin du col, et aux deux équipes de Lozère ! ça c’est bon pour le moral, mais le moral te permet-il à lui tout seul de te refaire une santé ? réponse, non ! La redescente parfois engagée (une petite pensée pour les équipes qui sont passées de nuit au col du retour !!) et la longue portion de course jusqu’à la fin de section est usante, j’étais à la ramasse en bosse mais pareil dans la descente, snif …

Transition je t’aime, Seb me remplace sur ce vtt avec 1150 de positif et 2100 de négatif. Ils repartent 7’ derrière SO et à peine 2 devant le train LSN. Evidemment ils se font poser par les 4 Loz’ sur la première partie descendante, puis inversent la tendance dans la bosse suivante avant de revenir sur SO. Pendant ce temps à la transition Fanny qui a dû recevoir des consignes m’empêche de dormir, ce qui fait que lorsque mes deux larrons arrivent en tête avec SO, je m’élance sur le kayak frais comme une sardine en boite. On assure bien ce kayak de nuit, pas compliqué mais pouvant vite se transformer en galère à la moindre erreur d’orientation. On repart avec un moral au beau fixe sur le petit trail qui suit, un beau passage sur une passerelle aérienne (sûrement impressionnante de jour !) et une jolie coupe osée sur la fin de parcours.

Je suis vraiment bien, j’ai récupéré de la section montagne et on repart très vite avec Olive sur ce gros morceau de vtt. Nous n’avons qu’un impératif, arrivé avant 2h du matin au second poste de cette section, pour avoir le droit de continuer sur le parcours complet. Première bonne nouvelle, SO n’est pas reparti derrière nous, et comme Chistophe vient d’enchainer depuis le canyon ( !!) il va logiquement devoir sortir et laisser l’équipe sans réel orienteur. Là on se retrouve dans cet état de semi euphorie qu’on atteint lorsque tout semble se goupiller pour le mieux. Cet état, comme on l’a vu récemment (cf CR afrique du sud) ne dure généralement que quelques minutes, voire, quand on est habillé en bleu, quelques secondes … Pschttttttttt ! Double Pschttttt ! Nan mais c’est pô pôssible autant de pôisse !!! Olive vient de crever à l’avant ET à l’arrière sur un rocher un peu trop pointu qui n’avait rien d’autre à faire que de trainer là. On mèche vite fait, on regarde l’heure, 1h32, ça doit pouvoir le faire pour la barrière horaire … Shaddok au boulot, SO qui n’arrive toujours pas, allez on repart, c’est pas la fin du monde en fait … On arrive au poste qui délimite la barrière horaire. Petit soulagement, mais de courte durée, le pneu arrière ne tient pas la pression. On démonte tout, put… de valve de m…., et cette pompe qui ne gonfle rien, hargggggg voilà SO ! Ils repartent devant nous, on finit la réparation et on se lance à leur poursuite. Les pistes pour aller au poste suivant sont pourries et la carte a bien changé depuis cette édition qui doit dater de Charlemagne. On reprend SO en plein doute sur un carrefour. La suite est facile, nous (enfin moi)sommes incapable de monter la moindre bosse sur un braquet d’adulte normalement constitué, eux très costaud physiquement, beaucoup moins sûr techniquement, roulent en dedans. C’est de bonne guerre, on aurait fait pareil dans la situation inverse.

On arrive à la transition, on apprend que nous ne sommes que deux équipes à avoir passé la barrière horaire. Sentiment mitigé, le podium est à nous mais la pression redescend aussi. Olive et Seb repartent sur cette section, j’espère qu’ils vont pouvoir rester au contact. Pendant ce temps et après avoir chargé comme un goret le camion (le vélo plein de bout sur le matelas) j’essaie de rejoindre la transition suivante sans m’endormir. Je m’écroule dès l’arrêt du moteur. Les frangins arrivent mais je dormais quand Les saisies sont passés, nous repartons sans savoir réellement l’écart avec eux. Cette section de trail au profil (très) montant est magnifique mais la vue depuis la dernière crête se mérite ! La redescente sur la station finit de me ruiner les cuisses.

Là on arrive au milieu des camions d’assistance qui ont sorti les transat et qui profitent du soleil. Pour bien comprendre la suite et le cruel dilemme qui m’envahit, il faut s’imaginer l’ange et le démon, chacun en train de tenter de faire basculer la tendance en sa faveur. Olive, dans le rôle du diable, ne tarde pas à exprimer le fond de sa pensée, il n’est pas chaud pour repartir, les SO sont 50’ devant et je suis rôti, on ne fera pas mieux que second. Seb, évidemment dans le rôle du petit ange, qui ne veut pas qu’on lâche le moindre poste, il faut aller au bout, on sait jamais, sur un malentendu … A moi de prendre la décision quoi ! merci les potes ! Bon, on choisit finalement d’aller au moins faire la via ferrata et d’aviser ensuite. On croise Absolu raid en terrasse, une bière à la main, les lunettes sur le nez, hargggggg ça va être dur de se taper toute la section ! Dans la bosse qui mène à la via ferrata je me fais poser par les filles du parcours découverte qui sont en basket sur leur vtt, je vote pour Olive, on se fait la via et on rentre. On profite bien de ce dernier morceau ludique et on opte pour le retour par le chemin le plus court. Rangement du camion, remise des prix et petit repas, retour dans nos pénates non sans quelques détours entre Voiron et Grenoble.

On aura fait 3 manches du challenge cette année, deux secondes places et une quatrième aux dentelles mais toujours une constante, la grande qualité des épreuves sélectionnées ! Des formats différents, des supports de cartes variées, des sections balisées, des activités très diversifiées et totalement en phase avec les activités nature et la touche personnelle des équipes d’organisation. Un seul regret, la saison 2014 est déjà finie ! (reste juste le plus important !)

Steph

Photo de couv’: Nicolas Bernard

Classement complet:

http://www.terrederunning.com/medias/news_medias/297/Classement_grand.pdf

 

 

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