Bleus d’auvergne

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Déjà !? oui oui, déjà … la fête est déjà finie … Tous ces longs mois de prépa, d’entrainements, de chambrage, toute cette effervescence, ces trépidations d’avant course, tout est déjà derrière nous. Mesdames et messieurs, le RIF 2014 vous tire sa révérence et prend ses quartiers d’hiver (pour deux longues années ?).

Raid in France, on ne présente plus. C’est la plus grosse course non stop d’Europe, c’est plus de 140 bénévoles ultra motivés qui permettent à quelques 100 à 150 coureurs de vivre un évènement hors norme l’espace d’une semaine, de s’imprégner jusqu’à la moëlle d’une nature sauvage, préservée et formidablement belle. Et pour cette édition probablement le plus beau massif français, le plus riche, qui ne se dévoile qu’en filigrane, le massif central ! Les traversées sont très prisées des organisateurs, le raid multisport au long cours n’y échappe pas et c’est logiquement une verticale nord/sud qui fut servi en plat de résistance aux coureurs, du bleu d’auvergne (miam !) au bleu azur de dame méditerranée …

Avant de rentrer dans le vif du sujet il faut noter les gros points positifs de la course, qui amènent une plus value indiscutable par rapport à d’autres ARWS ou tout simplement par rapport aux éditions précédentes : 2 cartes en prétex par équipes ça n’a l’air de rien mais quel bonheur ! Et une nouveauté de taille par rapport à 2012, le petit carré rouge implanté sur chaque carte qui permettait de faire la jonction entre elles sans se tordre le neurone pendant une heure. Alors rien que pour ça, merci Pascal ! Bon il y a aussi des points négatifs, mais ils sont minimes et surtout facile à gommer.

Prélude de Back … to nature !

Samedi 13 septembre, 120 coureurs sont rassemblés sur cette petite place du centre historique du Puy en Velay. 120 équipes qui piaffent tel le prof qui attend la sortie des classes la veille des grandes vacances. 30 teams de 4 qui ont suivi un entrainement tout au long de l’année, testé et retesté le matériel, la nourriture, le système de traction et qui en un instant vont pouvoir concrétiser cette longue préparation. Le coup de sifflet libérateur permet à la masse des coureurs de se ruer sur les cartes, un coup d’œil rapide sur le plan, un autre sur l’équipe d’à côté et la place est déserte. Les quelques courbes de niveaux qui sont absentes de la carte manquent un peu mais les choix n’auraient guère été différent de ce qu’ils furent. 24’ plus tard les tout premier teams sont là, et par bonheur nous aussi, ce qui élimine une bonne part de stress. Il reste un bon vtt non chrono pour rejoindre le point de départ officiel, le lac du bouchet, un peu plus de 1200 m d’altitude.

La petite nuit passé dans la tente aurait pu être pire, certains (et certaines) d’entre nous ayant fait l’impasse bien involontaire d’un matériel intéressant pour bien dormir : le duvet ! Les choses sérieuses vont enfin pouvoir commencer ou comment partir à « droite toute » en kayak quand on est à l’extrême gauche de la plage et que toutes les équipes filent à gauche ?! Un petit kayak à handicap en fonction des performances de la veille et nous voilà déjà le cul sur la selle, à rentrer doucement mais sûrement dans cette légendaire carte au 1/50.000 qui fait rendre chèvre plus d’un orienteur.

 C’est parti !

Mon aptitude à me dépêtrer de cette carte me fait très peur, comme la casse d’un rayon ou les chevilles en mousse du père David. Nous partons prudemment et surprise, à mi parcours recollons à Manu et son équipe raid 74. Une belle descente technique et nous sommes déjà à la transition, en … tête !! Raidlight a dû commettre une petite (et rare) boulette, nous en profitons pour nous emparer l’espace de quelques coups de pagaies de la pôle position du RIF. Une jolie section de kayak, deux bains pour seb et aurèl, et nous arrivons à la transition juste derrière raid 74. Nous repartons en mode urgence sur un petit trek de 7 kms où nous devons porter tout notre matos eaux vives. Les bénévoles nous indiquent de suivre une tresse en bord de rivière, nous ne voyons aucun morceau de balisage et les deux équipes décident de couper la rivière au plus vite. Forcément ça commence donc déjà à bartasser pendant que Lozère et Raidlight qui ont trouvé la tresse en profite pour nous passer. Ça c’est fait, au moins maintenant on est à notre place.
Un petit trail très sympa, la traversée du camp d’un ermite, un joli fond de vallon et nous voilà déjà au raft, sans contact visuel avec les trois premières équipes, beaucoup plus rapides que nous à pied.
On part au plus vite, non sans avoir eu à défaire de nouveau nos sacs étanches pour en sortir les cordes à lancer ! Aurèl et seb barrent à tour de rôle et s’en sortent assez bien, dav et moi faisons les bourricots devant. La section est longue et usante, assez peu ludique, on l’aurait bien vu en hot dog.
On arrive sur le gros chantier, un vtt de 95 kms. Le gros pétard de St Marie des Chazes et ses 500 D+ nous (me) scotche au sol, bien aidé par un soleil complice. Où sont mes jambes ? 5 jours comme ça, ça risque d’être long ! Le premier poste se fait désirer et nous nous recalons grâce à la route puis c’est parti, enfin, pour une longue traversée du plateau. Col de fix, Mont bar, col de la croix de l’arbre, rouler vite tant qu’il fait jour. Petite frayeur à l’approche du poste B10, Seb est loin derrière à bricoler son vélo et je pensais qu’il avait recollé, je tourne à droite avec Aurèl, dav fait le tampon mais seb part tout droit sans le voir ! Heureusement il a la carte (et surtout il sait la lire !) et malgré 5’ de perdue à crier dans le bois nous nous retrouvons au poste. Petit avertissement sans frais mais avec frayeur … A la sortie du bois on met les lampes. Notre rythme nous parait pas trop mal pourtant j’ai l’impression certaines fois de percevoir des lumières juste derrière nous. Transition. Et personne, les trois premières équipes sont déjà reparties, impossible d’évaluer les écarts. Par contre Lafuma nous revient dessus, à peine 20’ nous séparent.

On recolle

Nous repartons pour un trek de 40 kms direction le Mézenc. Poste B14, nous plongeons dans le rentrant, ruisseau, impeccable on devrait le ramasser. Pffffuuuu, c’est long, il est où ce putain de poste !? Ligne d’arrêt ! Hé m…. ! bon on laisse les sacs, on remonte le chercher, on a dû le louper. Rien. On cherche dans l’improbable, rien non plus, et finalement je me décide à remonter toute la rivière comme un bourricot jusqu’à ce que je le trouve. Lafuma vient d’arriver, ce qui veut dire que si on le trouve ensemble on aura bouffé le bénèf … Poste ! Quelques noms d’oiseaux, je cours dans la rivière au risque d’y laisser une cheville, on prend les sacs et on se jette sur un choix d’itinéraire qui va nous permettre au prix de quelques mètres de déniv, d’éviter tout le lit du ruisseau.
A partir de là, dès qu’on peut éviter d’évoluer en fond de thalweg on le fait. Ça se déroule d’ailleurs plutôt bien puisqu’on reprend raid 74, visiblement éprouvé par cette section et surtout qui vient de perdre sa seule et unique carte. On leur file notre deuxième jeu, et chacun repart de son côté. Toujours dans notre petit rythme, il est difficile de faire une erreur à pied et nous parvenons même à faire la jonction avec Lozère au pied du Mézenc. On ne s’emballe pas, Dav et Seb sont là pour me calmer et me rappeler que la course est longue. Tout le reste de la section se fait en jouant au chat et à la souris, et nous arrivons les trois équipes en 4’ à l’assistance ! Petit détour par le 8 à 8 du coin pour se fournir en jambon beurre, 3h de repos salvateur qui nous permettent d’éviter la grêle et c’est reparti pour un vtt de nuit qui nous amène au premier canyon.
Nous repartons tranquillement, 10′ derrière LSN et 5’ derrière raid 74, sans s’affoler. Le vtt est un peu coquin et nous reprenons assez vite les deux équipes jusqu’à ce que l’équipe décide de partir seule, juste histoire de faire différemment des autres. Partir seul c’est bien, mais partir dans la bonne direction c’est mieux ! 10’ de perdues … ça aurait pu être pire.
Petite précision, l’équipe dans cette compo est orpheline d’un « gueulard », d’un bon contre maitre, un chien de garde qui ne tolère pas les transitions de plus de 15’, qui nous secoue les bronches quand on s’assied pour manger, bref d’un François ou d’une Christine !

De la haute borne au chassezac

On arrive du Vtt et il faut enfiler les combis mouillées du raft, il est 2h du mat’, ça caille, une belle galère, en plus il faut se montrer très persuasif avec Aurèl qui craint le froid et qui met trois plombes à rentrer dans sa robe de mariée. Quand enfin on se décide à partir (près de 40’ après LSN et raid 74 !!) Aurèl nous lit un passage du road book qui ne nous concerne pas, ce qui fait qu’on s’engage sur le mauvais chemin. Et hop 10’ de plus jetées aux crocodiles … Bon cette fois ça y est, on est à l’entrée du canyon, on va enfin pouvoir se jeter dans les eaux chaudes de la haute borne. Le premier effet kiss cool est saisissant, nous donnant l’impression très désagréable que notre cage thoracique se comprime. Nous nageons avec de petits mouvements étriqués en essayant de laisser la tête hors de l’eau au maximum. Dav qui pensait à sauter oublie très vite son idée ! Nous cherchons le moindre passage qui pourrait nous éviter de nous mettre les cuisses dans l’eau et à ce petit jeu, vu les traces devant nous, il y a au moins aussi fort que nous ! 6 h … 6 h de canyon avant que le soleil ne pointe le bout de son nez. Nous ferons le gros du trek suivant sans quitter la combi ! Nous arrivons sur cette grande ligne de crête, en plein soleil, nous pouvons enfin quitter les combis et nous posons un moment pour essayer de trouver la solution pour le passage suivant. L’aire de transition est à notre hauteur mais un mouvement de terrain plus loin. Il nous faut tout redescendre pour tout remonter, et si possible en trouvant l’itinéraire le plus rapide alors qu’aucun chemin ne figure sur la carte. J’essaie pendant 5’ de me mettre dans la peau du gibier qui veut aller boire à la rivière en bas puis remonter prendre le soleil en face. Il faut bien avouer que cette technique marche assez bien !
Nouvelle transition qui nous fait retrouver nos vtt pour une courte mais solide section. Nous sommes bien, le chemin est de plus en plus beau, nous arrivons sur des montagnes de bruyères en fleurs, un lit de cailloux sous nos pneus, les cigales, quel pied ! Nous nous laissons porter par cette descente technique et oublions de lire le road book qui nous indiquait de tourner à gauche dans la descente. Nous filons bon train et quand nous nous rendons compte de notre erreur il est trop tard. Nous passons donc par le village d’Ourlette, déconseillé sur le road book mais qui restera pour nous comme le plus beau passage de tout le rif ! Un petit chemin en balcon dans un univers minéral, un petit poirier qui nous tend ses fruits presque mûrs, et puis l’erreur n’est pas si terrible que ça, un de ces moments magiques qui font passer la compèt après … Nous trouvons sans trop peiner le pont de kayak qui va nous servir à franchir le barrage puis remontons sur l’autre versant. Le rythme a changé, le soleil nous écrase, ça fait bien longtemps que nous n’avons plus de nouvelles de raid 74 ni de Lozère, nous nous enfonçons dans un faux rythme vicieux.
La transition pointe son nez, et là nous retrouvons un grand nombre d’équipes, nous qui étions habitués à être tout seul à ces endroits. Beaucoup de copains plus malheureux que nous sont là, Agde sans Phil, XTTR et son kayak percé … nous prenons des nouvelles et perdons pas mal de temps sur cette transition. Au moment de repartir nous ne voulons pas nous laisser avoir une nouvelle fois et prenons bien soin de sortir le road book : «  rejoindre le fond du canyon » … hummmm j’adooooooore quand c’est précis comme ça ! Sur la carte il n’y a aucune balise matérialisant l’entrée du canyon !! sur le terrain pas un seul bout de tresse !! Pascal est là, j’en profite pour aller lui demander, « vous suivez le chemin qui va vous amener au canyon » … Bon, ça a l’air simple, y à plus qu’à … On s’engage sur la piste principale, pas un seul bout de tresse, le sol n’a pas l’air très foulé mais bon, il n’y a rien d’autre auquel on puisse se raccrocher. On marche bien 10’ avant de commencer à se poser beaucoup de questions. Demi tour, re-demi tour, putain de m…. ! ça fait chier de perdre du temps comme ça ! Les sud af’ sont juste devant nous et descendent dans un passage en rocher, on décide de les suivre, ils ont l’air sûr d’eux. Là on se retrouve devant une falaise qui vue du haut pourrait être un bon 6C en dalle, et là nos sud af’, pas effrayé pour deux sous, ils s’engagent dans cette barre qui doit faire pas loin de 8 m de haut !!!! Dav commence à vouloir les suivre et je le pourri, à ce moment là on oublie la compèt, il est hors de question d’aller se tuer. Un des 4 sud af’ se prend une boite de quelques mètres de haut, ce jour là il devait y avoir un grand esprit au dessus d’eux qui a décidé de les protéger. Il se relève sans une séquelle !
Nous parvenons enfin à trouver une entrée potable pour accéder au canyon mais l’envie n’y est plus du tout, nous voyons même des équipes qui accèdent au canyon bien plus bas que ce qui semblait prévu, du grand n’importe quoi, de l’à peu près qui aurait pu avoir de grosses conséquences … bref, il y avait juste à rajouter 3 bouts de tresse et c’était nickel.
Nous avançons sans conviction dans ce canyon que pourtant on adore, bien conscient d’avoir lâché de précieuses dizaines de minutes. Nous pointons le poste de la Garde Guérin juste après la fermeture de la petite épicerie (arghhhhhhhhhhhh !!!) puis redescendons sur le lac de Villefort.

Nuit et brouillard

Là un petit épisode malheureux sur lequel on ne s’attardera pas, Simon qui est là pour faire un bisou à Aurèl, et Bernard qui nous prend en photo … Apparemment pas très apprécié par tous …
Un court kayak en pagaie simple, ça m’énerve, je ne fais aucun effort pour bien pagayer, heureusement la section est très courte. Sans sommeil depuis le stop de 3h, la question va commencer à se poser. Ce long trek de 30 kms sur le Mont Lozère, de nuit, avec une pluie à l’horizontale et un brouillard à couper au couteau, pourrait être un juge de paix. Seb et moi nous rappelons quelques moments difficiles de l’Afrique du sud, et nous décidons de dormir avant de franchir le sommet. Sur le chemin nous trouvons une vieille grange qui sera parfaite et nous décidons de prendre un gros risque, dormir 1h30 ! ça peut faire sourire ceux qui ne font pas de raid, pourtant 1h30 c’est une pause énorme quand on fait du long. Surtout quand il te reste un peu moins de 30 kms à faire en 8h, avec les conditions hardcore que nous subissons. Le jeu en vaut la chandelle, à l’autre bout de cette section une barrière horaire très importante, et là haut c’est l’apocalypse. Je me met moi-même la pression car au réveil je n’ai plus le droit à l’erreur si on veut décrocher cette satanée porte horaire.
Dav, Seb et moi dormons à point fermé, Aurèl quasiment pas. Petite erreur de réglage de réveil qui aurait pu nous coûter très très cher mais finalement on s’en sort bien. Nous reprenons notre progression et nous retrouvons dans le flot des équipes régulées, le rythme est vraiment bon, on se sent frais et ce n’est pas de trop pour aborder la première zone pourrie, la jonction des deux cartes dans un petit rentrant truffé de pistes ! On tâtonne 2’ et on s’enfile sur la belle piste qui monte sur le CP21. Aurèl soigne une ampoule, on en profite pour jeter un œil sur le papier du contrôleur et voir que Manu est juste 20’ devant nous !!! Rien de tel pour motiver les troupes ! Bon par contre LSN sur leur terre ont pris la poudre d’escampette et ce n’est pas en se trainant la quiche à pied comme on le fait qu’on les reverra ! Seb s’est heurté le tibia dès le premier kayak ce qui lui interdit presque de courir.
Poste B32, des conditions de dingues, j’adore !!! Brouillard très très épais, vent très fort, pluie battante. 1 olive = 1 litre d’huile ! Et quand on trouve le poste on crie de joie comme si on venait de toucher le gros lot du loto ! c’est bon, les suivants ne sont qu’une formalité (quand on ne se trompe pas de coude de virage). Le passage entre le roc de tarabelle et le chaumadou, le long du tarn, est un pur bijou. Une atmosphère toute jaune, irréelle, reposante, qui me rappelle mon plateau de Millevaches. Le brouillard nous fait un plafond et une luminosité impressionnante se dégage alors que le jour vient à peine de se lever. Perdus derrière leur écran, à nous surveiller toute la nuit, nos proches ne peuvent se rendre compte de l’immense beauté des instants saisis. Savent ils d’ailleurs où nous sommes ? le suivi live du RIF n’est malheureusement pas à la hauteur de l’évènement et nombreux nous ont dit regretter les infos d’Endorphin … vraiment dommage tellement on aimerait pouvoir partager ce qu’on vit un minimum.

Smoke on the water

Nous arrivons à la transition et le grand sourire d’Isabelle nous accueille, comme sur de nombreux cp, pour nous rebooster. Nous apprenons que nous venons de récupérer la troisième place, nous avons deux heures d’avance sur la barrière horaire, tout roule ! Dav lance la très bonne idée de faire une transition éclair. On est trempé mais il ne sert à rien de se changer, il pleut à torrent. On repart aussitôt. Certainement notre meilleure transition du raid !
Une longue bosse, avec un gros passage bien pentu, j’ai des jambes de fou, celle que je n’ai jamais eu toute cette saison, elles sont là, sur cette section ! Malgré ça on reste sur un rythme assez tranquille car Aurèl a de plus en plus de mal à vélo. Sa mauvaise nuit avant le mont Lozère ne doit pas y être étrangère. On file sur la prochaine transition, au pied du causse Méjean.
Un petit piège juste à l’arrivée dans le village, la faute à un bout de piste non cartée, le temps de remonter tout le déniv et on arrive à la transition. Béa est là et nous annonce que nous sommes la dernière équipe à avoir passé la barrière horaire. 5’ d’euphorie, et puis un gros mal de jambes derrière. Quand on repart on est tous les 4 scotchés à pied. On décide de reprendre 1h30 de sommeil dans le village pour fêter notre 3° place !! Une belle grange où sèche des oignons et des noisettes fera l’affaire, il y a même un vieil édredon pour nous servir de matelas, le top !
La reprise de la progression est dure, très dure. Mais trouver le cheminement pour monter sur le hameau de Villeneuve est tellement jouissif que nous en oublions nos vieilles jambes de bois. Nous arrivons au hameau et la faim nous tenaille, tellement marre du sucre et des barres. On tape à la première maison. Deux hommes nous ouvrent. Nous leur racontons notre histoire pour qu’ils n’aient pas peur devant les 4 zombies ruissellant qu’ils ont en face d’eux. Et devant nos mines face aux grosses tomates cœur de bœuf ou au pain bien frais, ils nous donnent tout un panier de provision dont un … foie de cerf tué fraichement dans une forêt lozérienne. Nous les remercions chaleureusement et trouvons une vieille grange pour nous partager notre petit butin de guerre. Tous les 4 debout autour d’une vieille poutre calcinée, sans mot dire, Dav découpe le pain et la viande. Rien besoin de dire pour savourer pleinement un moment comme ça, un moment qu’on ne peut vivre que sur ce type de raid. La nuit est tombée, opaque, la pluie a repris, et toutes deux nous accompagnent sur ce bout du Méjean, sur ce chaos de Nimes le vieux qui nous semble un peu chez nous depuis le gévau 2012. Une fée doit nous guider, je jette à peine un œil sur ma carte, puis un autre sur le terrain éclairé de temps à autre par un éclair puissant, et nous nous faufilons entre les mouvements de terrain jusqu’à la transition du Gally.

Rideau

La fin du raid sonne ici malheureusement, mais c’est la plus sage décision que les organisateurs pouvaient prendre, étant donné les circonstances et les départements qu’il restait à traverser.
Nous rejoindrons par la route Camprieu pour une journée dodo/bouffe/dodo/bouffe avant de reprendre la course du côté de Aigues Mortes pour une section à cheval et le trek final en bord de mer.
Une arrivée comme on les aime, pleine d’émotion, à se serrer dans les bras, à s’embrasser, bien plus pour l’aventure traversée que pour la performance qui évidemment fait très plaisir mais reste presque anecdotique.
Nous en prendrons plus conscience le lendemain, monter sur le podium aux côtés de deux des toutes meilleures équipes internationales est une immense fierté.

Merci Seb pour ton beau discours sur les bénévoles sur le podium, sans eux pas d’aventure comme sur Raid in France …
Merci Isa pour tout et même plus …
Merci Agnès, Lulu, Audrey, Bernard, Sim, nos supporters d’une ou de plusieurs minutes …
Merci Manu pour la belle bagarre qu’on s’est livrée, dans les règles, c’est si bon …
Merci Pascal et ton équipe d’avoir mis en valeur ce territoire de fou qu’est le massif central, si des équipes avaient encore un doute sur le potentiel de ce secteur ils auront eu leur réponse.

L’œil est déjà fixé sur le calendrier 2015, boulimie de raid au long cours quand tu nous tiens !

A toute l’équipe Raidlight quelque soit sa composition (perso je sens bien un petit mixte Raidlight / Lsn !), soyez assuré qu’on sera derrière notre écran début novembre !

Putain de raid …

ps : grâce à la coupure de Camprieu j’ai de quoi manger au bureau pour quelques jours, hummmmm !! de quoi revenir à la réalité en douceur …

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Un commentaire pour Bleus d’auvergne

  1. Pascal dit :

    Toujours aussi fort sur le papier comme sur le terrain. Objectif atteint. Bravo à tous les 4.

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