Finale du championnat de France des raids

Depuis que le challenge existe, arverne a toujours été présent à la finale (et même sur un podium). Nous avons donc pris la direction du nord, dans le pas de calais, afin de faire la finale 2015.
1ère épreuve : ben le trajet! 9h de route afin de rejoindre le départ. Cela laisse beaucoup de temps pour parler stratégie. Pourquoi stratégie? car le raid a été tracé de telle façon que l’on ne peut pas tout faire. Ayant fait cette année le Vendée raid O’score j’essaie de convaincre mes partenaires de mon plan. Et convaincre David et François qu’il va falloir lâcher des postes dès le début du raid c’est vraiment pas un truc facile.
On embarque dans un bus le samedi matin pour rejoindre le départ qui se trouve sur une plage. Le décor est vraiment sympa et on est très content d’être là.
A 8h30 les fauves sont lâchés pour 6km de trail O’. Les 4 derniers km dans les dunes vont faire exploser le peloton. On attaque alors une co score où david fait un véritable festival. Nous ressortons avec les team 2 raid et toutes les balises. On retrouve les XTTR au parc à vélo qui ont déjà lâché plusieurs balises. On repart par une grosse section de VTT d’abord sur le sable dur, puis mou, puis de la boue, de la boue, de la boue. Dès le départ je sens que les jambes ne répondent pas normalement. En plus les plateaux ne passent plus ce qui permettra aux oranges de rouler une partie de la section avec nous. Heureusement les vitesses se débloquent ce qui nous permet de poursuivre notre route seule. Les copains ont maintenant complètement adhéré à ma stratégie et nous fonçons directe à la co suivante sans faire aucune option. Celle-ci est cette fois très verte et nous prenons 19 des 20 postes en essayant de suivre le gros rythme de David. Retour en VTT pour un couloir que nous faisons avec les 400 team. Puis un VTTO’. Il fait de plus en plus chaud. Résultat : ben je prend un gros coup de chaud. Oui oui l’année de la canicule par 25 dans le nord! Je suis une buse. Je ne peux plus manger et m’accroche comme je peux. On retrouve les x bionic avec un julien qui est dans le même état que moi. On fait sauter le bike et run. François me met de force un sandwich dans la bouche et on repart pour 18km de road book. A la fin de cette section le vélo sera fini pour la journée. On partira pour 2-3h de kayak où je vais pouvoir me poser et manger.
Les jambes recommencent de tourner au bout de 8km, ça va le faire!!! Tiens David s’arrête d’un coup, dans un faux plat descendant anodin. Ptit coup d’oeil sur son vélo : il vient d’exploser son cadre! Un truc impossible, qui ne peut pas arriver sur un terrain comme ça. Ils essaient de réparer mais c’est impossible.
Ptit coup de fil à l’orga qui viendra nous récupérer. Au pc suivant on aurait du vider le doigt. On calcule les balises qu’on avait pris : on se trouvait alors sur le podium scratch.
La déception est immense. Nous suivrons les filles le dimanche qui iront chercher une superbe 2ème place car leur raid a vraiment été compliqué mais elles n’ont rien lâché!
Bilan du raid :
-côté positif : l’organisation des Trex a été impressionannte !! Tout était pensé pour les raiders : de jolis co, le tracé des suivi sur les cartes, les gymnases, les ravitaillements fournis, l’accueil, les parc vélo, le tarif, la gentillesse…

MAIS on n a pas du tout aimé ce coté hyper stratégique du raid. Voici pourquoi :
1 : notre sport manque de reconnaissance et de médiatisation. Une finale nationale doit mettre un coup de projecteur sur le raid multi. ça tombe bien on avait tous des trackers avec un super suivi mis en place par les organisateurs. Mais à quoi cela sert il avec ce genre de raid? Comment expliquer aux néophytes que les équipes devant étaient en fait peut être dernière et les dernières peut être première. C’était insuivable!
2 : on connaissait avant la longueur des sections et les pénalités. Nous faisons la 1ère co à 11,5km/h et la 2ème car très verte à 7km/h. Comment établir une stratégie cohérente à l’avance??
3 : je suis persuadé qu’une équipe composé de 3 bouchers à vtt pouvait gagner le raid en ne faisant quasi aucune co à pied
4 : la lutte d’équipe à équipe n’existe pas
5 : passer des heures à faire des tableaux excel avant un raid c ‘est pas du tout notre truc!

cris

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Week end marathon

Bou-li-mique ! Pas un seul raid au premier semestre à part l’ARWS au Chili (bon d’accord, 120h, ça vaut bien 12 bons raids !) j’avais donc décidé de me remettre vite dans le bain et de rattraper le temps perdu, peut être même sans aucune réflexion sur l’intelligence sportive de la chose … 4 raids en trois semaines avec un bel enchainement ce week end, le défi du haut forez le samedi et le raid nature des gorges de l’allier dimanche.

D’habitude on fait les conclusions à la fin mais cette fois ci je peux la tirer d’entrée, un enchaînement de compétition ne rattrape pas les entraînements qu’on ne fait pas ! Cris et moi décollons le vendredi soir sous les 40 degré castelpontin (vérifié, pour une fois c’est pas du mytho) et espérons trouver un peu de fraicheur à st jean soleymieux, notre destination finale dans la loire. En effet nous trouverons plus d’une dizaine de degré en moins mais également un vent de  folie qui nous collera la tente sur le museau toute la nuit et qui nous fera passer une de nos meilleures nuit pré raid (1h30 de sommeil pour moi, guère plus pour cris).

Le lendemain le parking est rempli de voitures immatriculées 42, un bon petit raid bien local mais les tracés vont s’avérer pourtant super sympa. On part sur un bike and run, cris qui gueule parce que je lui laisse son vtt en bas de chaque bosse (je fais pas du bmx moi …). Les Ligéraid prennent vite les commandes mais vu leur niveau à pied on s’en doutait bien ! Sur le vtt suivant on largue assez vite la paire de vététiste mais on ne parviendra jamais à recoller à Ligéraid, à peine 100 m devant sur toute la section ! En ce début de raid cris n’est pas au mieux et il va falloir attendre la première co pour qu’il retrouve vie. Les rôles étaient bien défini au départ, je lui laisse l’orientation à pied et je garde le bike. La seule fois où j’ai mis mon nez dans la carte iof je nous fais commettre un mauvais choix d’itinéraire, bon ok, je suis déjà à 11 km/h, la bave à la bouche, en recherche permanente d’oxygène.

Le vtt suivant va bien mieux pour cris et on roule bien tous les deux, même si l’orientation n’est pas si simple que ça sur leur carte tirée de openrunner ! Une petite co urbaine sympa puis un vtt globalement très descendant mais comportant néanmoins une magnifique bosse qui me fera bien mal. Toujours partir avec cris quand il y a du tir à l’arc, 1 flêche dans le mille et hop on repart direct sur les 8 derniers kms de vtt. Cris ne s’intéresse qu’à une seule chose, il veut savoir s’il m’a bien défoncé. Il paraissait bien déçu quand je lui ai dit que Olive me défonçait bien plus. Plus que 12 bornes de trail pour finir sous 36 degrés, on est bien content d’arriver, la chaleur commençait à nous fatiguer fortement. Avoir chassé presque 6 heures derrière Ligéraid m’a presque fait oublier que le lendemain je remet le couvert, certes en mixte, mais le couvert quand même ! Une belle seconde place tout de même, on a pas fait semblant mais impossible d’inquiéter Ligéraid sur leur terrain.

Une bonne douche glacée, 3 granules d’arnica et 6 heures de sommeil, réveil à 5h30 pour passer prendre Fanny à Orcet, les jambes n’ont pas l’air mauvaise mais en fait c’est juste « n’ont pas l’air » ! Un poil moins de kms que la veille (16 à pied, 7 en kayak et 30 à vtt) mais pas de co pour ralentir le rythme, en fait ça va piquer sévère. Fanny part assez vite et on double rapidement l’autre équipe mixte du circuit aventure. Je me dis que j’ai 3 à 4 kms à serrer les dents et qu’après ça va passer … douce utopie … 2 équipes homme ont pris la poudre d’escampette et on bataille avec une équipe jusqu’au premier tiers du parcours. La montée laisse place à une longuuuuue descente, mais ça ne fait pas trop ralentir Fanny et j’ai vraiment du mal à coller. On arrive en troisième position au bateau, 1er mixte, ça pourrait suffire … mais à la fin de ce joli kayak on a le malheur d’apercevoir au bout de la rivière la seconde équipe. On fait la jonction au parc vtt et on repart juste à leur cul. Là dans ma petite tête de mec je me dis « bon ok t’as pris la misère en trail mais en vtt quand même ça va pas être la même » … Fanny repart très vite et je suis déjà dans le dur, je commence à comprendre que j’ai sûrement un peu été présomptueux de vouloir enchainer le week end, et en plus avec cette chaleur. L’équipe homme est juste devant nous dans la première bosse, et Fanny sans son boulet pourrait recoller d’un coup de pédale, mais pour moi impossible de pouvoir accélérer. On n’a d’autres choix que de les laisser partir … Les singles s’enchainent, j’en reconnais certain qu’on avait pris avec Phil l’année dernière quand on avait fait un fameux charbonnières-langeac. On saute sur l’eau fraiche à tous les ravitos, pour moi ça va mieux sur ce milieu de section car ça descend pas mal ou c’est du chemin pas très roulant qui me va bien pour mes crampes latentes. Fanny fait un beau soleil en descente qui va tempérer (pas très longtemps !) ses ardeurs. Et puis au détour d’un virage, dans une longue bosse, on aperçois devant nous non pas une mais bien deux équipes ! Ils sont juste là et Fanny qui disait quand elle est rentré chez arverne qu’elle n’avait pas trop l’esprit de compèt … hum hum, bon en tout cas c’est pas moi qui ai lancé l’attaque, au contraire je lui ai dis de se calmer mais je crois bien qu’elle n’a rien entendu. On passe les deux équipes quasiment en même temps, et je reconnais Romain Daumas dans le lot. C’est quand même pas donné à tout le monde de l’accrocher à son tableau de chasse le gaillard, même si c’est son équipier qui rendait l’âme à ce moment. On fait rapidement un écart conséquent et heureusement car la fin de raid est très descendante et les gars descendent bien. Un dernier taquet dans lequel Fanny me pousse mon vélo sur quelques dizaines de mètres (hé oui, mais y a pas de photos, comme c’est dommage ;)). Plus rien pour nous empêcher de foncer vers la victoire au scratch, c’est quand même super bon même si c’est pas grâce à moi !

Et l’arrivée, hargggggg un coca, une bière, du frais vite ! Bonne surprise, Colo est là, il a couru le découverte avec sa douce, on en profitera pour se faire une séance nostalgie rif 2012.

Les conclusions que je n’ai pas faite au début: Fanny a des cannes, ça c’est sûr ! Il faut juste qu’elle pense à prendre son sac à dos au départ du raid ;))

Cris a bien progressé en co pédestre, il lui reste juste le sens tactique à développer, et aussi pas mal de lecture de carte sur le vtt !

Les petites orgas peuvent aussi offrir de très jolis raids, deux exemples ce week end.

L’eau est le meilleur ami de l’homme … après la bière !

Allez, vacances maintenant …

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Le retour aux affaires …

On a bien cru que c’était soleil couchant quand on est arrivé à Commentry mais à bien y regarder il n’était que 7h00 du mat’ … Du orange en veux tu en voilà, zut on est tombé sur la concentration de l’année d’Xttr ! Remarque, heureusement qu’ils étaient là car ils ont rempli la moitié du raid à eux seuls et ont fait honneur au boulot de CAP 03 sous la houlette de Pascal.

En effet une trentaine d’équipe c’est mince quand on sait le boulot qu’une telle manif demande. Il est vrai que la date est très prisée et il y avait nombre de raid ce week end. Pour ma part je pense malheureusement que l’auvergne n’est plus une terre de raid depuis l’arrêt de certaines manifestations locomotives telle Transmassif ou le Sancy athlon. On attend donc avec impatience qu’Xttr nous monte un petit raid dans le Sancy pour relancer tout ça ;))

Deux raids en une semaine, deux victoires aussi mais deux manières d’aller la chercher totalement différente. L’avantage d’hier c’est que j’ai compris que j’étais guéri totalement et que je vais donc enfin pouvoir me réentrainer sérieusement. Car sur un terrain comme celui d’hier ça va vite. Très vite ! Et c’est pas Olive qui va ralentir le rythme. Mais pour une fois ce n’est pas lui qui l’a imprimé, c’est les deux jeunes zizis d’Xttr, Joris et Steve, qui sont partis comme des avions sûrement histoire de faire mal aux vieux arvernes. Les 15 premiers kilo à 24 de moyenne, la moindre petite bosse au taquet, on laisse le vtt en seconde position au premier parc, et je suis déjà entamé !

Une petite co tactique sur photo aérienne et on reprend les vtt pour 28 kms. CAP 03 a optimisé le potentiel du secteur et je suis surpris par certains passages, beaucoup de traversée de ruisseaux, de passages pierreux et toujours ces chemins remplis d’herbe où tu ne vois pas où tu poses ta roue. On retrouve la paire Xttr qu’on avait légèrement distancé à la faveur d’une transition plus rapide mais c’est juste le temps de 5’ car tout les 4 on commet une petite erreur. Olive et moi préférons faire demi tour pendant que Joris et Steve coupent à travers vélo sur le dos.

On arrive au parc vtt en tête et un petit trou s’est creusé (environ 10’) ce qui nous permet de tourner la co tranquillement. On reprend les vélos pour un petit road book bien sympa qui nous emmène au départ du « gros » trail de la journée. « Que » 11.5 kms mais quand t’as les cannes plein de lactique tu as plutôt envie de dire que c’est un bon morceau. L’occasion pour Olive de voir ce que c’est qu’un mec qui n’a aucun don et qui en plus ne s’entraine pas, qui essaye juste de gérer son effort pour repousser le plus possible l’apparition inévitable de la crampe latente.

Cette petite ballade dans la campagne Commentryenne prenant fin nous posons enfin notre délicat fessier dans le kayak pour 3 petits kilomètres. Pas de soucis d’orientation, ça nous permet juste de voir que notre avance sur nos poursuivants est désormais plus que confortable, on l’estime à 4 à 5 crevaisons sans démonte pneu avec une main attachée dans le dos ;))

Un dernier vtt pour profiter du profil descendant sur l’arrivée, une co mémo que tout le monde fait en 1 fois sauf nous qui nous faisons piéger par le poste situé à 20 mètres de la carte et qui nous oblige à faire tout le tour du grillage et on rallie enfin l’arrivée.

Des conclusions il y en a toujours à faire, ce sont souvent les mêmes d’ailleurs :

  • Olive est une machine, et même quand il lui arrive de penser qu’il n’est pas en forme c’est toujours une machine.
  • C’est très dur de conjuguer raid non stop et raid très court, le rythme et donc l’entrainement n’ont absolument rien à voir …
  • La bière d’après course est toujours aussi bonne !
  • L’allier n’est pas tout plat, c’est bien ça le problème ! Tu roules à 35 sur le plat et tu arrives en pied de bosse dans le rouge mais il faut la monter sur la plaque !
  • Le RAC made in CAP 03 est un joli raid où les organisateurs exploitent parfaitement le terrain.

Y a aussi des conclusions moins sympas mais certaines choses vues ce we doivent être dites :

  • Le règlement est fait pour être appliqué par les coureurs, en plus ça a été répété au briefing ! Les balises obligatoires à ramasser obligatoirement dans l’ordre, les optionnelles en ordre libre !
  • On ne laisse pas son coéquipier à un point central de la carte pendant que le plus frais des deux va tout ramasser. C’est bien triste mais la seule solution est d’attacher à chaque coureur le carton ou la puce.
  • On ne se sert pas des épingles de son dossard pour imiter les poinçons des postes qu’on a pas été chercher (pas vu ce week end mais le fautif se reconnaitra !)

Evidemment aucun nom ne sera donné (sauf entre arverne) mais si jamais le(s) coupable(s) lit(sent) ce petit résumé ça fera au moins réfléchir sur l’esprit du raid …

Et encore un grand merci à tous les bénévoles qui nous ont permis de nous éclater (ou de nous faire éclater, ça dépend) ce week end !

Steph

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Figeac Raid O’Célé

Petit raid, petit CR …

Que c’est bon de retrouver la petite famille du raid, de revisser son porte carte, de mettre deux ou trois compotes dans le sac à dos (qui ne serviront pas mais au moins elles auront pris l’air), bref que c’est bon de refaire du raid NORMAL. Oui parce qu’il faut bien le dire, le raid classique et le raid aventure ça n’a un peu rien à voir hormis le fait qu’on pratique les mêmes activités !

Après une récup obligatoire au retour du Chili et la reprise des footing (on ne peut pas encore appeler ça de l’entrainement !) j’avais coché la première édition de ce petit raid organisé à Figeac par le FINO, club de co local. J’embarque seb avec moi, lui qui ne fait que des raids dans le lot d’après mes stats, un fin connaisseur des affleurements calcaires humides où la roue arrière aime à danser de droite à gauche et parfois passe même devant la roue avant ;))

Bon, il faut bien avouer qu’on sent les quelques tensions du moment entre FRMN et FFCO, (cf leur allusion à la licence de belote sur la page d’accueil), mais sur la ligne de départ heureusement que les raideurs sont présent sinon …

Ça part sur une co urbaine dans le vieux Figeac, pas de piège, on revient avec les raid nature 46 d’Eric Maire et Charles Loubsens, et juste derrière l’équipe de Francis Dupuy, un excellent orienteur, mais qui a oublié le poste en extrémité de carte (et hop, 1 heure de péna !).

On enfourche les vélos et on rattrape vite fait l’équipe de Francis, moins à l’aise sur deux roues. On ne va pas voir longtemps Eric et Charles, dans les bosses y a pas photo et nous on manque cruellement de rythme. On se retrouve donc vite seul et tant mieux, ça permet d’orienter serein et de prendre des pelles sans témoin (et un porte carte de tordu, un !).

Pas de piège sur ces 26 kms de suivi ign mais beaucoup trop de route à notre goût, mauvais point pour les organisateurs. 0-1. Par contre c’est bien la première fois qu’on a un suivi aussi clair sur un raid, juste quelques points rouges dessinés sur la carte sans masquer la nature de la voie à emprunter ni les détails déjà peu riche d’une carte ign. 1-1.

Lionel Bonnefous d’Issy Absolu nous rattrape, il faut dire que mon seb n’a aucune bosse pour s’entrainer chez lui et peine un peu dès que ça grimpe. Deux mobylettes nous rattrapent également dans un bon raidillon, tiens coucou raid nature 46 ! Nous les laissons partir tous les trois, c’est pas tellement une tactique, c’est surtout qu’on ne peut pas faire autrement ;))

On arrive au parc vélo et surprise ! pas de vélos ! Il devrait pourtant y en avoir 3. Transition express, c’est du bonus, tout ce qui est pris n’est plus à prendre.

Ça repart sur une co iof classique, on tourne correctement mais là les rôles sont inversés, je suis un peu à la peine et seb gambade comme un lapin. Retour au parc vtt, les filles sont là et nous annoncent avec 10’ d’avance ! Parfait pour gérer mais pas trop quand même, y a du client derrière !

On repart cette fois ci sur un vtt O iof, les trois premiers postes sans souci puis on arrive sur une zone où il n’y a que des pistouilles de lapin. Les herbes sont hautes et avec toute cette pluie elles masquent ces petites traces, il faut être très vigilant. Quelques choix à faire sur la fin, mais que diraient des purs orienteurs s’ils nous voyaient laisser les vtt en bas d’un chemin et aller poinçonner à pied ?? ;))

Retour au parc vtt (toujours le même pour le plus grand plaisir des copines qui nous voient), seb se prend une remarque cinglante d’un bénévole parce qu’il passe sous la rubalise du parc vtt … Tiens, et si ça augurait de la suite des raids dans le giron fédéral ?

On s’empart de la carte de trail O, rien de difficile, juste 6 kms à serrer les dents pour ne pas voir revenir les copains de RN46. Seb commence à avoir envie de vomir, en langage arverne on dirait qu’il se fredmartinise mais pour l’heure il faut surtout penser à remettre les watts dans la descente qui nous ramène au parc (qu’on emprunte juste pour la … 4° fois au moins ! 1-2 !)

Le parc est là, les filles nous annoncent avec 7’ d’avance, il reste 8 kms de vtt O sur ign sans définition de postes ( !?). Les premiers postes sont vraiment inintéressant, de grosses entrées/sorties sur plus de 500 mètres parfois (1-3 !!), le seul avantage c’est qu’on pourrait voir Eric et Charles revenir et ça nous permettrait de gérer l’écart …

Puis les derniers postes en ville, dans une zone résidentielle avec plein de rues dans tous les sens, et là ça redevient de l’orientation et en plus c’est vraiment ludique (2-3). Dernier poste, l’arrivée, on se tape dans la main, on était pas les plus forts physiquement mais on a géré avec les moyens du moment.

La petite paella de l’arrivée avec café et vin à volonté permet de ramener le score à 3 partout, c’est pas si mal pour une première, on reviendra …

Et le mollet ? ben apparemment ça a tenu, faut rester vigilant mais ça sent bon en tout cas. Seb est content, il a fait son raid de l’année, et en plus il gagne, il a des stats de fou à ce sujet !

Bon les copains Cris et Juju sur le Vendée raid O’score n’ont pas passé le même week end que nous, c’est pas demain la veille qu’une équipe arverne devrait remonter au nord de la loire ! ;))

Steph

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Ballade dans le Poitou

Le challenge a commencé et nous n’avons pas encore fait une seule manche de qualification pour la finale, il est temps de s’y mettre !!!

Donc me voici parti avec cris sur le Raid Orientation Civraisien, raid de 24h non-stop.
Bon un raid dans le Poitou, ça va me changer des montagnes chiliennes et pour Cris un 24h sans dormir c’est digne d’un championnat du monde.

Au programme 18 sections. Début de course difficile puisque ni l’un ni l’autre ne savait faire un azimut et nous voilà partis dans…les derniers.

Les sections s’enchaînent tranquillement jusqu’à la 1ère vrai difficulté pour nous, enfin surtout pour Cris : un roller and bike. Cris se farcit le roller, merci, épreuve qui va laisser des traces physiquement.

La 2eme section galère est une co séparée. Cris en est stressé depuis une semaine, « François est-ce que tu as une boussole ? François est-ce que tu as déjà orienté ? François est-ce que tu sais lire une carte IOF ?……. » et là quelle ne fut pas ma surprise lorsque je suis revenu de ma boucle avec tous les postes ! Cris n’était pas là…une blessure ? une attaque d’animal dangereux ? non, non j’ai juste mieux orienté que lui !!!!

Allez !! on est bien revenu dans la course grâce à la super orientation à pied de Cris. Les sections vtt sont plus difficiles, on est lent et moins fluide.

Apres avoir crevé et cassé un rayon, nous voici au point d’assistance, une bonne soupe chaude nous attend, nous sommes 2ème avec 10min de retard, rien de catastrophique.
Une transition « moyenne » plus tard nous voici partis sur une vtt’O en couloir de nuit, mais tout débute mal. A peine sortir de l’assistance, Cris m’appelle « attend je suis à plat ! » encore une fois réparation et du coup on a un peu de mal à se mettre dans la carte. La 1ère balise rime avec galère, puis de nouveau crevaison (la 3éme !), le sort s’acharne sur nous …le moral un peu dans les chaussettes, une section mal maîtrisée et nous voilà bien loin dans la hiérarchie.

La nuit fut difficile.

Voici que le matin pointe son nez, allez ce ne peut pas être pire que la nuit et on n’a plus rien à perdre. Trail’O, co pedestre et un dernier vtt où l’on se tire la bourre avec 3 autres équipes. Nous relançons enfin le rythme, pour moi le vtt va un peu vite mais en serrant les dents ça passe.

Après une dernière section dans Civray nous sommes 4ème .
Un peu deçus de ce résultat, une impression de ne se pas s’être donnés à 100%, un vtt mal négocié et en plus à seulement 1’33 des 3èmes qui sont… XTTR, bravo à eux!
L’objectif était de marquer des points pour la finale, c’est fait. Mais il faudra être un gros niveau au dessus pour pouvoir exister dans cette course.

Merci à Cris de m’avoir supporté pendant cette course.
Merci à Olivier et toute son équipe de bénévoles qui on été extraordinaires tout au long du week-end.

François

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Volcanoes to volcanoes

             Voici l’histoire en couleur et sans pudeur, avec les images, parfois voire souvent à traits tirés. Des images qui ne raconteront jamais l’intégralité de l’aventure accomplie mais qui pourront donner une idée de ce que fut notre périple. Il fut grand, long, dur pour mieux nous permettre de comprendre que nous ne sommes rien quand nous sommes seuls. Si vous percevez dans ce récit une pointe d’inachevé, sachez qu’elle n’est pas amère, il y a juste l’envie de donner, de tout donner, et beaucoup plus encore …

Volcanoes to Volcanoes … Tel pourrait être le titre de l’histoire, un rien emprunté à Raid in France, qui a vu notre équipe auvergnate aller tâter du volcan chilien. Pourquoi le chili ? Parce qu’il rime avec patagonie, terre promise de raideur. Et pourtant nous en étions bien loin, bien plus au nord, dans une région moins connue mais toute aussi riche de paysages spectaculaires, la région de l’Araucanie. Un coin de chili parsemé de grands lacs et de volcans, quasi tous en activité, preuve cette éruption un mois avant notre départ du Villarica (2807 m), symbole de toute une région. 

En cochant cette épreuve à notre calendrier nous savions que la partie serait dure mais nous pensions que le défi serait plus physique que technique. Nous nous trompions … 

23 kilos tout rond. Toute l’équipe vient de passer à la balance, et nous allons pouvoir embarquer sereinement, les caisses et sacs ont été bien pensé et nous avons optimisé chaque recoin. A la balance officielle je dépasse de 100grammes, l’hôtesse ne veut rien savoir malgré mon air de Caliméro et je me résous à enlever le rouleau de « tape » qui aurait pu me prémunir contre une nième récidive de mon décollement aponévrotique. Ha oui c’est vrai, encore une maladie psychosomatique pré événement … On verra bien ! 

Paris/ Madrid/ Santiago/ Temuco/ Pucon, voilà les étapes de notre périple chilien. A ce petit jeu certains sont mieux lotis que d’autres et les formats de poches (Christine) dorment toujours beaucoup mieux que les autres. 

Retrouvaille de l’équipe d’Agde à Madrid, sans leur féminine qui les rejoint sur place. La ventilation commence fort mais malgré quelques réponses de notre part nous ne pouvons atteindre le niveau international du célèbre Jipé, notre saint maitre à tous. 

Arrivée à Temuco, les vélos sont toujours là, ça sent bon. Les premiers déboires internationaux ne tardent pourtant pas, notamment pour les arvernes dont certains ne parviennent pas à retirer du liquide pour plus de 50 euros ! Heureusement les cartes de crédit de la BIL (Banque international de Lozère) crépitent et nous sauvent la mise … 

Pucon est enfin là, paisible, coincé entre le lac de villarica et le volcan du même nom, semblable à une petite station suisse, du chalet en bois en veux tu en voilà, un magasin de sport, un resto, un bar, un magasin de sport, un resto, un bar, un magasin etc etc … Jusque là le dépaysement n’est pas immense, il faut vraiment lever le nez et apercevoir ce volcan qui fume perpétuellement pour se rendre compte qu’on est loin du Pariou. Petite remarque au passage pour les auvergnats qui comprendront, à classer un site à l’Unesco mon choix serait vite fait …  

Agde a bien fait les choses et ont réservé une « cabane » (le nom des gites là bas) qu’on peut sans peine venir squatter vu la place qu’il y reste. On en sera quitte pour 3 jours pleins de ventilation avec le Jipé qui a hissé la grand voile. Heureusement qu’on a notre Dav national pour ne pas trop perdre la face dans cette lutte sans merci. 

Les jours qui précèdent le grand départ sont passés à tester la voile (dès fois qu’il y ait du vent et que ça puisse nous éviter quelques heures de pagaiyages), à rouler pour voir à quoi ressemble les chemins du secteur, à manger et boire local (pizza bière quoi!) et bien sûr à ventiler. Seuls les arvernes prendront le temps d’aller se baigner dans les thermes locaux qui sont pléthores ici. 

Le jour J est enfin là, et les conditions météos des jours derniers semblent vouloir laisser la place à un temps plus hivernal pour les nombreuses heures à venir. Agde nous prend un dernier smecta, probablement pour nous vider les réserves, toutes les tentatives d’intoxication (psychologique voire alimentaire) sont bonnes à prendre pour marquer des points sur l’adversaire … 

Après une petite mise en jambe de 20 kms de vtt pour se rendre au départ, Dav part au tirage au sort des bateaux, à croire qu’ils ne sont pas tous égaux. 22 kms de barcasse en bois pour débuter, histoire que les suédois puissent prendre un peu d’avance, et nous un peu de retard grâce à la main innocente du sieur Bardaud qui est tombé sur le seul bateau qu’il a fallu écopé ! Pas très grave, on ressort quand même 8° mais avec un François dépouillé comme à chaque début de course. Transition rapide et on repart vite, Agde nous a pris 10′ sur ce bateau, qu’on va essayer de rapidement combler. 116 kms de vtt très roulant, les 30 premiers kilos sur la route en colonne, j’en connais qui ne doivent pas rêver. L’équipe Urugayenne nous prend la roue mais se garde bien d’assurer le relais. Nous revenons néanmoins sur les 19, l’équipe espagnole, qui a dû hésiter sur le premier carrefour d’autoroute … Nous roulons donc à trois équipes et le goudron laisse bientôt la place à une piste en terre où la vitesse tombe de 32 à 28. François n’a pas l’air d’apprécier ce départ rapide mais la première bosse arrive et va vite faire tomber la moyenne !

 

Alors bosse au chili n’est pas bosse en france. Ici c’est tout plus plus plus, et surtout avec un sac à dos à 10 kilos ! Le pétard fait exploser tout le monde, mais pas nos rivaux qui roulent avec nous, la charmante demoiselle espagnole se payant même le luxe de taper TOUS les mecs dans ce pétard de fou. Au bout de la ligne droite nous apercevons Agde. 

Le premier poste est déjà là, tous en ligne pour la photo, ce sera le jeu pendant 5 jours mais finalement c’est une bonne garantie anti débalisage pour l’orga et un plein de souvenir pour nous avec l’évolution de nos mines déconfites tout au long de la course. 

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Dav a séché dans la bosse et va malheureusement connaître une seconde partie de vtt très difficile. Les équipes avec lesquelles nous roulons semblent beaucoup plus rompues à cet exercice et ont dû bouffer des heures de selle en vélo de route. C’est la première leçon qu’on tirera de la course, le RIF est une course à part, pour la majorité des autres il faut manger du goudron pour s’entrainer. 

Fort de cette conclusion nous nous faisons irrémédiablement décrocher du paquet dans lequel nous nous trouvions. Chacun connaitra son quart d’heure de « moins bien » sur cette section, tous sauf moi qui n’ait pu faire que du vélo cet hiver (mais patience, mon tour va venir !). 

Nous arrivons enfin aux thermes de san sébastian, transition express, on prend juste 20′ pour se jeter un repas chaud, ça fait partie de ce qu’on a défini au départ et on s’y tiendra jusqu’à la fin. Agde est là, Benjamin couché dans un coin en train de se refaire la santé. Ils ne tardent pas à repartir et à quelques minutes prêt nous loupons le coche. Avec son expérience du tierra viva de 2012 Benjamin nous aurait permis de rentrer dans la carte plus facilement mais à ce moment nous préférons rester sur notre ligne de conduite, faire notre course à notre rythme. 

 

Nous repartons après une belle transition rondement menée, juste devant les urugayens qui nous avaient largué en vélo. Premier poste nickel. Puis il faut s’enfoncer dans la jungle sur une trace taillée à la machette. Nous la trouvons sans trop de peine et avançons bon rythme au point de reprendre une équipe de devant. François perd la feuille des définitions et doit aller négocier avec les urugayens pour pouvoir prendre leur feuille en photo. Et la pluie qui se met à tomber. On tarde à s’arrêter et quand on enfile enfin la gore tex on est trempé en dessous, les boulets ! 

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On arrive enfin au premier point chichiteux, une vulgaire traversée de piste avec NORMALEMENT  une petite piste qui repart en face. Oui mais voilà, les cartes sur ce raid c’est de la photo aérienne numérisée, ça a tout l’aspect d’une carte classique mais tous les détails sont pixelisés et surtout les petites traces n’y figurent pas ! L’organisateur les a redessiné à la main avec toutes les approximations que ça laisse supposer, et l’orienteur les retranscris une nouvelle fois, avec la probable nouvelle approximation que ça laisse sous entendre !!!! 

Nous nous retrouvons donc à 3 équipes à errer dans ce champ marécageux à chercher ce bout de piste de 30 cms de large, tout en surveillant le faisceau des lampes d’à coté pour être sûr que personne ne nous fausse compagnie. Et bientôt une quatrième équipe arrive, puis une cinquième …

juste au moment où nous trouvons enfin la trace, décalée de 200 mètres de l’axe dans lequel nous cherchions ! 1H de perdue, c’est beaucoup mais c’est à la fois très peu sur ce type de course, ça n’entame pas plus que ça notre moral et nous repartons dans la jungle sur une trace assez dure à suivre. Les urugayens font d’ailleurs demi tour  avec une autre équipe et alors que nous allions faire pareil Dav trouve la trace, à moitié cachée par une souche. Nous prenons la poudre d’escampette sans rien  dire ! Quelques centaines de mètres plus loin  nous croisons les deux filles des équipes qui ont fait demi tour qui reviennent en sens contraire en pleurant, complètement affolées ! Elles avaient trouvé le passage mais pas leur équipe et maintenant il va falloir qu’ils arrivent à se retrouver, ambiance ambiance dans la jungle humide et noire ! 

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Nous rattrapons les espagnols qui nous emboitent le pas et montons d’un bon pas vers le lac, second poste du trek. Ce sera un poste en aller retour et je cherche déjà la trace qui nous mènera au poste 3. Il me semble la voir, soulagement car avoir un coup d’avance sur de telles cartes est toujours un avantage. Nous pointons le poste 2 et redescendons chercher cette intersection. Là, en plus de ne pas la retrouver nous nous perdons (lire plutôt « je perd l’équipe »!). Nous tournons et retournons, tout ça jusqu’à ce que le jour se lève (8h du mat’ ici). Là je prend enfin le temps de bien lire la carte et nous repartons à la recherche de cette bifurcation que nous trouvons presque aussitôt. Allez, encore 1h30 de jeter aux oubliettes, la course est longue encore. 

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Les trois prochains postes sont sur la zone découverte hors forêt, facile ! (juste dans ma tête le mot facile!). Poste 3 sans trop de soucis, poste 4 … poste 4 … poste 4, houhou où es tu poste 4 ? allez sois sympa s’il te plait, ça les fait plus rire derrière ! Bon le poste 4 est sourd et moi je suis aveugle, et tous ces putains de rentrant qui ne sont pas marqués, ou alors c’est moi qui ne les voit pas ? François me donne régulièrement l’altitude mais on n’a pas calé l’alti avant donc on estime (estimer : donner une valeur à qqc d’existant, ça c’est la déf de wikipédia, celle d’arverne ça serait plutôt monter et descendre de plus ou moins 100 mètres de déniv tout en avançant, voire reculant et en regardant ce que font les autres équipes tout en priant pour que la balise nous appelle). Bref, à force d’estimer et de chercher nous finissons par tomber sur le poste, non sans avoir au passage laissé une paire d’heure dans la montagne. Le poste 5 est une formalité car situé sur un sommet, il suffit juste de monter sur la ligne de crête avec la goretex trempée et un vent qui nous fait vaciller constamment au risque de nous jeter du mauvais côté de la crête. Nous redescendons au plus vite en forêt pour nous mettre à l’abri.

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Il faut à présent revenir à l’aire de transition où nous avons laissé nos vélos par une grosse piste inintéressante. Je me résous à devoir courir pour voir si le mollet tient. D’abord par fraction de 10mètres, puis de plus en plus, jusqu’à courir 200mètres d’affilée. Toute l’équipe va bien physiquement, même si je me doute qu’ils ont forcément perdu une bonne partie de leur confiance dans leur orienteur. Dans ma tête je vais me refaire sur le trek d’après, pas le choix. 

Sur la fin de ce premier trek de 56 kms nous croisons les suédois de Peak performance. Une voiture de l’orga nous apprend qu’ils ne sont que 3° !! Suedish et Agde sont déjà à la bataille pour la tête de course !! Nous arrivons à la transition et comme prévu allons prendre notre premier sommeil (1h30). Christine et moi ne prenons pas tout ce temps pour dormir et prenons un peu d’avance pour faire les sacs et reporter les postes. Nous repartons sur un vtt de 102 kms qui va débuter par une belle bosse. La pause a fait du bien à tous et la piste bien roulante et à profil globalement descendant nous permet de rouler vite. Au 2/3 de l’étape nous croisons les Argentins qui roulent à contre sens et à 3 … Yesssss une équipe de doublée, c’est toujours ça de pris. Puis quelques centaines de mètres plus loin leur orienteur assis sur le bord de la piste. Christine insiste pour savoir ce qu’il fait là tout seul mais soit il nous prend pour des benêts soit il a quelque chose à se reprocher, bref il fait mine de ne pas comprendre. Nous reprenons la progression et bientôt sous s’éclaire ! Nous arrivons à un carrefour que j’identifie très rapidement et nous comprenons que nous n’aurions pas dû nous réjouir aussi vite d’avoir croisé les argentins. En fait nous avons loupé le poste qui était dans notre dos. Juste quelques kilomètres et centaines de mètres de déniv à faire en sens inverse, un détail sur des cartes au … 110.000 ! 

Evidemment nous recroisons nos amis qui à leur tour esquissent un léger sourire qui en dit long. Ce n’est que le début du chassé croisé ! 

Le poste en poche nous reprenons la progression, avec cette fois ci la motivation d’avoir les Argentins à quelques encablures devant. Nous les reprenons d’ailleurs assez vite, en plein centre d’un village, visiblement ils n’ont pas dû encore dormir et ça se voit !  

La fin du vtt 102 ressemble étrangement à la fin du précédent, Dav constate que le home trainer a ses limites et finit cette section au mental.  

Nous arrivons enfin à la transition et prenons une pause éclair. Je suis bien décidé à rebondir, les heures perdues sur le premier trek me hantent encore. Je trace la carte et suis bien obligé de me rendre compte qu’aucun chemin n’est tracé dessus alors qu’apparemment il y a une épaisse végétation à traverser ! Qu’attend le traceur de nous ? y a-t-il une trace de pêcheur le long d’un ruisseau ? la forêt est elle enfin pénétrable ? Nous verrons bien sur place mais ça n’est pas fait pour que je reste serein … Nous repartons donc sur ce trek de 48 kms et arrivons rapidement en bout de piste, précisément à l’endroit où les chemins n’existent plus. Là pendant 1h nous allons chercher un départ de piste dans les bois, rentrant, ressortant, réessayant 100 mètres plus loin, ailleurs, là bas, non ici, bref … jusqu’à ce que l’esprit pragmatique de François nous remettent sur les rails:  » et si on continuait la piste principale  au-delà de la rivière pour voir ce qu’il y a de l’autre côté ? » ça avait l’air si simple … Et en effet, nous traversons la rivière qui était au bout de la piste et comme par enchantement un single apparait ! Je me damne, je me flagelle, ou en tous cas je devrais le faire si j’en avais le temps ! C’est donc avec un grand moral que nous reprenons la progression. On croit toujours qu’on est les seuls à galérer dans ces moments là, mais à la fin de la course en parlant avec d’autres nous apprendrons que quasi tout le monde a connu les mêmes déboires.  

Pour l’heure je suis toujours convaincu d’être l’âne du coin, et l’effet ne tarde pas à se faire ressentir dans mes jambes qui souhaitent se trainer à l’arrière du groupe … La beauté de la forêt traversée avec sa lingerie de lichens fluos, ses araucanias (surnommés aussi le désespoir des singes en raison de leurs épais piquants), ses blocs rocheux éparses, tout donne au lieu un air enchanteur, ou tout du moins mystérieux. Là, oui, on est vraiment dépaysé et on s’en met plein la vue. Et ce n’est que le début ! 

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Nous sortons de la végétation et montons sur le premier point, Christine en tête avec Dav qui s’est bien refait, et moi avec les jambes lourdes, lourdeeees … On valide le CP mais vu l’immensité du plateau à traverser nous prenons bien soin d’anticiper des points de repère tant qu’on est sur un sommet. Le trajet pour aller au poste 2 va nous permettre d’évaluer les écarts avec les autres équipes et  nos calculs ne sont pas encore en notre faveur car l’équipe immédiatement devant nous possède encore plus de 2 h d’avance quand les trois suivantes sont entre 45′ et 1h15 … Bref, faut rester ferme sur les prix et ne rien lâcher ! 

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Les coulées de lave succèdent aux lacs et aux névés, les sommets laissent place aux glaciers lointains, la traversée de cette lande minérale nous fait presque oublier les kilomètres dans les jambes. Au passage nous ramassons le casque qu’une équipe de devant a perdu, première bière gratuite (et pas la dernière …). 

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Poste 3 enfin. Ha oui, j’allais oublier, avant je me suis trompé de sommet, un détail … qui n’échappe pas à l’équipe qui a probablement beaucoup de mal à comprendre mes errements, mes erreurs. C’est fort de ce capital confiance à son paroxysme que nous commençons à redescendre sur la transition. Sur la toute fin du trek nous nous efforçons de trottiner par moment dans la descente, et petit à petit mais assez rapidement une douleur va s’installer au niveau de mon releveur du pied gauche. Pour clore le tout, les urugayens que l’on pensait très loin nous reprennent dans les derniers hectomètres, ils courent et ont l’air très facile.

Une des fins de sections les plus dures, Dav et moi devons passer par la case anti inflammatoire pour exactement le même problème, et j’ai la tête dans le sac à cause de cette orientation pourrie que je fais depuis le début … Nous n’avons qu’une hâte, boucler cette section de transition (43 kms) le plus vite possible car à l’issue nous attend un gros sommeil de 3h, et nous attaquerons la seconde partie de la course.

Nous repartons avec les urugayens sur le porte bagage, nous devons être 5 et 6, la partie pourrait être coquine car l’urugayen est joueur et nous allons faire une belle partie de manivelle. Nous roulons bon rythme mais jamais au dessus de nos forces quand eux essaient de nous poser dans toutes les nombreuses bosses du début de section. Leur fille coure d’ailleurs très bizarrement, utilisant un tout petit développement en fréquence puis à mi bosse se jette du bike et court jusqu’en haut ! On se croirait sur un raid de 5h !

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Nous restons au contact mais à notre rythme, franchissons une passerelle très (très) instable, traversons le potager de mamie qui n’est pas disposée à laisser passer les petits français mais qui indique le bon chemin à nos concurrents et puis le pétard de la vérité, et là on ne peut plus se cacher. Nous arrivons en haut et continuons directement sur notre lancée quand les urugayens sont obligés de s’arrêter pour enlever la gore tex. Ce sera la dernière fois que nous les verrons (ou presque!). Nous poursuivons sur notre bon rythme, le coup de pédale est bon, voire très bon, Christine nous sort son célèbre espanglais voire anglagnol pour trouver le dernier poste et roule ma poule … Les 15 derniers kilos se font sur la route, en colonne, c’est chiant à mourir surtout quand tu n’aspires qu’à retrouver ton oreiller, et heureusement un petit magasin n’est pas encore fermé. Dav et François se ruent sur le fromage, le jambon, le pain, le coca, et quelques paquets de gâteaux. Bientôt la plage. Mais Christine ne serait pas contente si je n’avouais pas que j’ai pété les plombs dans cette ultime bosse, sachant qu’on devait rejoindre une plage hors carte on était quasiment obligés de suivre les panneaux et ceux ci nous ont fait prendre au dernier moment une énorme bosse pour finalement tout … redescendre ! J’étais fou, j’en aurai balancé mon vélo dans le fossé !

Elle s’est fait tant désirée mais elle est là, Miss transition. Nous y retrouvons notre sac d’assistance 1, le mieux équipé. On se plonge avec délectation dedans, comme si c’était une pochette surprise : » ouais ! Un t shirt sec ! » On se dépêche de se remplir le ventre, Chris et François règlent leur montre sur 3h et on rejoint vite Morphée.

Les yeux vitreux, Christine et François sont en train de débattre sur le nombre d’heure qu’on vient de passer à dormir. Moi vu la tronche que j’ai je dirai bien que je n’ai dormi qu’une heure mais apparemment on serait plus proche des … 6 ! non, pas possible, on n’a pas pu faire une erreur comme ça ! On va voir les orgas qui nous confirment que l’on s’est couché à minuit, il est 6h du mat’, le doute n’est plus permis … Le coup de massue sur la tête ! Deux équipes nous ont doublé pendant ce temps, Agde a bouclé le raft et a pu repartir sur le trek suivant ! On part sur la section de raft (oui oui sur un lac et 26 kms!) avec des interrogations énormes sur la suite de la course. Et progressivement nous allons retourner la situation en essayant de positiver, voir plutôt les avantages d’avoir dormi 6h que les inconvénients.

Le tout premier avantage se fait immédiatement ressentir, nous partons sur l’eau alors qu’il ne reste qu’une heure de nuit. Pour voir des postes de 20 cms sur 20 c’est plutôt pas mal ! Malgré ça nous allons passer juste à côté du premier sans le voir. Mais le donner quand même à l’équipe Argentine qui le cherchait depuis 3 h et qui allait abandonner (seconde bière gratuite!).

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Nous enfilons le reste de la section sur un bon rythme, et croisons même les urugayens qui nous avaient doublé dans notre sommeil, on dirait des zombies, ils caressent l’eau plus qu’ils ne la pagaient ! (et cette fois ci c’est vraiment la dernière fois qu’on les verra!). Accostage, transition éclair et départ en petite foulée pour le plus long trek de la course, 68 kms avec un déniv qui a l’air raisonnable. Il doit être 13h, il faut profiter au maximum du jour pour avancer en courant. Le rythme est vraiment bon, même quand la pente s’élève. Et là juste devant nous les argentins qui sont parti sur le trek 3 h avant nous, la différence de fraîcheur est en train de payer ! Nous sommes désormais 5° et une seule idée trotte dans notre tête, rattraper les espagnols qui caracolent plusieurs heures devant nous depuis le premier trek ! Juste avant la tombée de la nuit nous faisons une belle erreur en nous enfonçant dans la jungle, persuadé de voir une petite sente et des traces de pas. 1 grosse heure de perdue à se battre dans les bambous, nous croisons même les argentins qui eux aussi peinent à trouver le poste. Une fois validé il nous reste à passer le col avant la nuit pour s’assurer une descente facile au niveau topo. Nous nous permettons même de nous arrêter chez l’habitant pour manger moyennant quelques pesos.

Gros boost une fois le ventre plein, on a l’impression d’être tout neuf et la demi heure de prise n’est sûrement pas perdue ! Nous reprenons la course et rejoignons le bord du lac pour la dernière partie du trek. Nous sommes dans un dédale de single et devons réveiller un vieux chilien pour qu’il nous montre la bonne trace (merci!!). Malgré ça nous sortons une nouvelle fois de la trace pour aller faire gratuitement une magnifique section de coastering by night … Et 1h de plus, 1 ! Pour nous redonner un peu de baume au cœur nous doublons les … espagnols !! en train de dormir par terre !! Chuuuuuuut, on passe sur la pointe des pieds et on laisse éclater notre joie après !! On est 4° désormais, nous reste t il suffisamment de gnac pour faire mieux ?

Allez ça y est, nous revoilà sur la grosse piste pour finir ce trek, il n’y a plus qu’à lutter contre la fatigue, les ampoules, les échauffements, le doute … La plage est en vue, transition à nouveau assez rapide (il faut avouer qu’on a été moins nul que d’habitude pendant tout le raid!) et départ pour ce dernier vtt de transition de 36 kms. Petite sieste de 1h30 avant (putain mais ils font que dormir ces arvernes!!) et hop, l’orage juste pour le départ du vélo !

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J’ai l’impression d’être sur un vtt O, les virages et changement de direction s’enchainent, le rythme est bon. Il reste la terrible montée finale jusqu’au chalet. Seul point noir, qui vaut pour Dav comme pour moi, les anti inflammatoires ne font plus effet, les 35 kms du dernier trek vont se faire en mode serrage de dent.

Chalet en vue, on commande bien trois fois de la polenta et du coca et alors qu’on s’apprêtait enfin à partir les suédois de Suedish army qu’on n’avait pas encore vu arrivent ! Ils disent à l’orga qu’ils n’ont jamais trouvé la piste (ou plutôt la trace de sanglier) qui mène de la 1 au sommet à 1900 mètres. Nous attendons un peu pour voir ce qui va se passer et l’orga les remotive pour repartir chercher les deux autres postes (ils viennent tout de même de perdre 8h dans la bataille!!!!). Ils partent donc chercher la 3 puis la 2, nous leur emboitons le pas, espérant profiter enfin d’un pilotage à vue. Peine perdue, nous sommes trop couvert et devons virer les gore tex, les laissant s’échapper dans le désert noir des roches volcaniques.

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Il existe des traces dans la pouzzolane mais le cairn est inconnu ici et il faut avoir l’oeil pour apercevoir un petit piquet tous les kilomètres. Le poste 3 est vraiment loin, il ne reste plus que 3 heures de jour, j’hésite à monter de suite chercher le 2 car c’est le plus haut en altitude et je n’ai pas envie d’y aller de nuit sachant que 1900 m ici n’est pas 1900 mètres dans le sancy (d’ailleurs il n’y a pas de 1900 m dans le sancy !!;))). On tergiverse un peu, on commence à monter vers le poste 2 et la neige commence à tomber alors qu’on n’est qu’à 1400m ! François ne sent pas d’envoyer l’équipe en haut et on fait donc demi tour pour reprendre notre progression vers le poste 3. Là on croise qui ?? Agde ! Ça faisait longtemps tient ! Comme si on croisait des frangins, tout le monde est tout content de se voir … Ben me donne quelques conseils pour aller à la 3 dont ils arrivent, et ils nous disent qu’il n’y a pas de barre rocheuse pour aller au poste 2, ils viennent de tout faire dans le brouillard et ça passait comme une lettre à la poste. Bon allez, maintenant faut plus trainer alors, il faut ramasser le plus vite possible ce fichu poste 3 et taper le 2 avant la nuit. Je presse le reste de l’équipe mais tout le monde boite (sauf christine) et le rythme est trop lent à mon goût. La neige redouble et bientôt le sol noir n’est qu’une épaisse couche blanche qui a pour seul avantage d’éclaircir la montagne. Le vent est fort, très fort, et contribue à donner une ambiance engagée. Le final est moins abrupte qu’il n’y paraissait d’en bas et nous avançons à un rythme qui est relativement bon (500m/h) pour une fin de raid avec un bon sac à dos ! Poste validé, ça mérite bien une bonne embrassade de toute l’équipe !

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On bascule du côté opposé au vent et si nos pieds le permettaient nous pourrions courir car le sol est très très souple. Il fait encore relativement jour ou plutôt pas tout à fait nuit et j’essaye de voir se dégager les principaux sommets pour me donner l’axe du col que nous devons rejoindre. Après quelques tâtonnements nous approchons du col et derrière nous 4 halos lumineux ! François reste un peu en arrière pour écouter et bientôt ce ne sont pas 4 mais 8 faisceaux de lampes ! On pense s’être fait reprendre par les argentins et les espagnols mais l’ensemble des 8 coureurs parle … suédois ! Dans notre tête le calcul se fait vite, nous venons de reprendre un énorme paquet de temps aux trois équipes de têtes sur cette fin de raid et il ne nous reste plus que le poste 1 à aller chercher quand les 8 suédois redescendent directement sur le chalet. Allez on y croit, ça pourrait sourire ! La trace est extrêmement dure à trouver, et aussi à suivre quand on l’a trouvé ! Hésitation, doute et puis merde maintenant la boussole et ça passe ou ça casse ! Ma seule peur est de tomber sur un rideau de bambou infranchissable mais pour le moment ça veut sourire. On trouve même une trace qui descend dans l’axe que je veux, le top ! Tout correspond, je jubilerai presque si je n’avais appris à ne plus me faire confiance moi même sur ce raid. On arrive à une ferme … Kézaco ?? ho pu…rée ! On est beaucoup trop à droite mais au moins on sait où on est. On s’accroche, on va valider le poste 1, ça va se jouer au mental car il ne reste que de la pistasse pour rejoindre le chalet et la boiterie est de plus en plus importante. (en bonus nos têtes de déterrés !)

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Chalet ! Deux bonnes nouvelles, les équipes immédiatement derrière nous qui se sont engagées sur le trek ont du faire demi tour tant les conditions étaient difficiles au niveau orientation et climatique. Seconde nouvelle, Peak performance est en train de dormir ! (Pink performance comme dirait François). Par contre on est lessivé et pas du tout lucide,personne de nous 4 n’a envie de s’engager sur ce dernier vtt sans prendre de sommeil. Pire même, on décide de dormir 3h, se condamnant forcément vu la vitesse de progression des suédois en vtt. Le pire du pire est encore à venir, car François Dav et moi dormons très mal et voyons partir les suédois sans réaction de notre part ! A ce moment précis on laisse de côté tout espoir d’accrocher le podium et on tente EN VAIN de se rendormir ! Bref, question stratégie on vient de bouffer la feuille … Christine se réveille fraiche comme une rose (bien noté le coup du matelas!) et nous partons sur cette section finale, sans peur d’être rattrapé mais également sans ambition. Le seul avantage est qu’on aura vraiment profité des 140 kms de cette dernière section, faisant les courses à Conaripe comme un samedi en famille, manquait que le chariot ! On profite des dernières vues sur le Villarica fraichement enneigé et tout fumant, un magnifique passage dans une coulée volcanique, des forêts d’eucalyptus, du soleil, bref, les touristes moyens;))

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Les 30 derniers kilomètres à fond, histoire de s’arracher la couenne pour passer la ligne d’arrivée, sous les applaudissements d’Agde qui est venu nous attendre et qui nous apprend qu’ils se sont fait gratter sur la ligne. Allez basta, le soleil brille à fond, il est 16h et ça sent la bière et la pizza !!!!

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Heureux d’avoir franchi cette ligne en 4° position, quelques jours avant ça nous semblait impossible. Heureux d’avoir pu côtoyer des volcans en activité, c’est juste magique, de jour, de nuit … Heureux d’avoir partagé cette aventure avec Sabrina, Benj, Jipé et Paulo d’Agde, on a bien rigolé et ça a sûrement un peu embaumé cette aventure. Heureux que mon entrainement à pied réduit à néant depuis décembre n’ai pas trop entravé la progression de l’équipe. Enfin et surtout heureux d’avoir vécu cette longue histoire avec Christine, Dav et François ! Une de plus …

C’était notre second raid international et une expérience sportive très enrichissante. Il nous reste à trouver le bon dosage des ingrédients mais cette équipe a le potentiel pour aller plus loin. Comme un orchestre avec de très bons musiciens, encore faut il que le chef d’orchestre sache donner la mesure pour que le concert soit à la hauteur ! Néanmoins on a adoré le fait qu’il n’y ait pas de porte horaire (qui nous auraient probablement condamné en début de course) qui rend la course bien plus lisible pour tous, et un règlement et une liste de matériel très simple … Reste juste à mettre un second orienteur dans l’équipe, ce qui devrait arriver sans tarder 😉 …

steph

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Vallon pont d’arc

Et voilà, je me retrouve une année de plus sur le raid aventure de Vallon Pont d’Arc, mais cette fois en catégorie mixte avec Julie. Cette année, ce raid de 66 kms enchaîne 9.6kms de trail, 9.6kms de canoë, 9.4kms de trail avec remontée de canyon et pour finir 37kms de VTT. Le tout sur des chemins très très caillouteux !! L’enfer pour les jambes… et les vélos !

Nous voilà partis très prudemment sur le 1er trail pour s’échauffer et ne pas cramer Julie dès le départ. Je la longe malgré tout pour garder le contact et la soulager sur le rythme imposé. On aperçoit quelques équipes mixtes devant qu’on rattrape « tranquillement » au fur et à mesure. Le terrain est vraiment très accidenté avec des cailloux partout, c’est très technique et il faut faire attention aux appuis. Les futurs seconds mixtes avec Bernard Durand nous doublent vers la fin du trail. Arrivés au canoë, nous devons être 4ème… avec dèjà 5′ de retard sur les 1ers mixte.
Maintenant place à près de 10 bornes de ce foutu canoë que je deteste et, pour couronner le tout, avec un vent de dingue ! Julie à l’arrière galère pour rétablir le cap à chaque bourrasque mais on enchaîne bien. On double pas mal d’équipes dès le début et on se cale dans un bon rythme. Ça avance bien malgré tout, on passe les obstacles et les rapides sans encombre. Sur la fin, à 5-600m de l’arrivée, un vent de fou se met à souffler, à tel point qu’on avait l’impression de reculer !! On n’arrivait quasi plus à pagayer, et avancer demandait un effort extrême… (je crois que c’est à ce moment là que j’ai perdu Juju !!)
Arrivés, enfin, sur la berge, il fallait monter le canoë 50m plus haut dans le sable avec une pente de malade… on avait l’impression qu’il pesait 500kg ! et déjà 2h d’effort…
Nous repartons aussi vite que possible sur la seconde partie de trail complètement congelés, on court en grelotant. Il nous faut près de 30′ d’ascension pour ressentir un peu nos pieds et mains. À ce moment là, l’idée de se jeter dans les vasques d’eau froide ne nous attire pas le moins du monde ! Heureusement une grosse approche nous réchauffe vraiment, on grimpe à travers la montagne au soleil et enfin à l’abri du vent. Nous voilà maintenant dans ce canyon… et pour l’instant pas encore d’eau. C’est magnifique, très enclavé. Les 2 vasques d’eau très froide passées, on se rapproche doucement du VTT mais Julie est vraiment dans le dur. Je la fais manger régulièrement pour éviter l’hypo… 3h44 d’effort. Une équipe mixte nous rattrape juste avant le parc à vélo… ravito express et hop, nous voilà repartis.
Au bout de quelques centaines de mètres, on redouble cette équipe qui marchait dans le 1er raidillon technique. Il est vrai que les pierres étaient à volonté !! Mais Juju était partie… on ne lâche rien !! Tout est toujours jouable en raid !! on est 4ème, et comme le grand chef Steph a dit… « sur un malentendu, vous pouvez être 3 »
Je met la laisse pour la soulager sur les 5kms de montée… ça devient vraiment très dur mais Julie est une battante ! L’esprit de compét’ est là, bon, un peu attaqué quand même, mais elle ne baisse pas les bras, malgré une petite gamelle 😉
Au bout de 17kms, on croise un attroupement de 2 équipes avec une chambre à air à la main, qui nous interpelle et nous demande une pompe… je crois que le « malentendu » de Steph est là 😉 À ce moment là, je reconnais les vainqueurs mixte de l’an passé. Je réfléchis 1/100ème de seconde et comprends tout de suite qu’on vient de passer sur la boîte !! Je ne m’arrête pas… bon, c’est pas très sport, mais y’avait plein d’autres équipes derrière sûrement avec une pompe à leur prêter… le podium est en jeu !!
Maintenant c’est à bloc jusqu’à l’arrivée !! Faut pas qu’ils remontent ! Julie est dans le gaz complet et il reste encore 20 bornes… mais ça, je ne lui dis pas. Elle se bat contre elle-même pendant près de 14kms jusqu’au moment où l’on arrive au village de Lagorce. Plein de spectateurs nous encouragent, ce qui lui donne des ailes… il ne reste que 6kms et une bosse et c’est la fin ! Je m’arrête quelques secondes manger car l’hypo n’est pas loin pour moi aussi !
Nous enchaînons les dernières montées et descentes techniques pour enfin apercevoir le village de Vallon. Là, on sait que c’est la fin, il faut tout donner jusqu’au bout !!!
La ligne d’arrivée passée, l’émotion prend le dessus… on est sur le podium de Vallon !!! ÉNORME !! ON L’A FAIT !! Vraiment très contents ! Nos familles qui nous ont suivis sur le parcours sont aussi là et nous félicitent, ça fait plaisir de pouvoir leur faire partager notre passion !
MERCI Julie de n’avoir jamais baissé les bras et de t’être battue jusqu’au bout de toi ! Je t’ai vraiment mis la pression mais le résultat en valait la peine ;-))

P4054378 P4054402 P4054418Au final, 6h57 d’effort, 66kms et 2135m de D+, 3ème mixte

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