Petit Roseau


« Cependant que mon front, au Caucase pareil,
Non content d’arrêter les rayons du soleil,
Brave l’effort de la tempête.
Tout vous est Aquilon, tout me semble Zéphyr.
Encor si vous naissiez à l’abri du feuillage
Dont je couvre le voisinage,
Vous n’auriez pas tant à souffrir :
Je vous défendrais de l’orage ;
Mais vous naissez le plus souvent
Sur les humides bords des Royaumes du vent.
La nature envers vous me semble bien injuste.
– Votre compassion, lui répondit l’Arbuste,
Part d’un bon naturel ; mais quittez ce souci.
Les vents me sont moins qu’à vous redoutables.
Je plie, et ne romps pas. Vous avez jusqu’ici
Contre leurs coups épouvantables
Résisté sans courber le dos ;
Mais attendons la fin. »

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Trek 73 kms, Amuse gueule …
Le départ claque dans l’air déjà chaud qui laisse présager une belle nuit étoilée. Steve à la baguette, gère cette introduction d’une main de maitre et nous ramène dans le paquet de tête. Les bénévoles de l’AT1 nous tendent les cartes et tous les orienteurs du groupe de tête se jettent dessus comme si personne n’avait jamais vu du 1/50.000. La navigation commence rapidement car il faut s’extraire de la zone péri urbaine. 400Team prend rapidement les commandes et nous ne pouvons que tenter de nous accrocher. Les postes se succèdent avec une précision étonnante au vue de l’échelle. J’évolue entre deux eaux, l’envie de suivre le rythme imprimé par 400team et Capopale et la raison qui me dit d’attendre le reste de l’équipe. La progression ressemble à un ballet de l’opéra, mais le parquet ciré laisse place à de gros blocs de granit caché sous les rodhodendrons. Premier juge de paix, le Carlit laisse deviner son imposante carcasse. Sur notre gauche une équipe fait le choix osé de couper par le col à l’ouest du carlit, Seagate ! Nous marquons le pas dans la difficile ascension du pic où il faut en plus chercher la trace. La redescente n’est guère plus facile et Raidaventure.fr nous rattrapent vite, aguerris qu’ils sont aux terrains montagnards. Nous nous retrouvons également en compagnie d’Issy Absolu et les trois équipes entament jusqu’au petit jour une partie de cache cache entre les blocs. La redescente dans la vallée permet à l’équipe raid 74 de Manu Lang de nous rattraper. Ils sont frais alors que nous sommes déjà dans le dur, je maudis le rythme trop rapide que j’ai voulu donner dès le départ. Petite montée en lacet dans les faillards, et un torrent bienfaiteur où nous trempons les jambes quelques minutes. Nous nous faisons doubler à chaque pause, pas terrible pour le moral et il faut parfaitement se connaître pour réussir à se dire que ça ne compte pas. Nous reprenons la progression en 9° position, et toutes les équipes devant nous font le choix de bifurquer à gauche pour prendre une rampe terrible. Nous restons sur notre premier choix et décidons de passer au col pour adoucir la trace. Le photographe au sommet nous annonce 2ème, certes mais 2ème équipe à passer ne veut pas dire 2ème ! Les 7 autres équipes ont toutes fait le choix de gauche sur les crêtes. On quitte pour quelques temps le gr mais on croise néanmoins des touristes, on se demande vraiment comment ils arrivent à suivre les traces, pas de balisage et pas de cairn, le pyrénéen est un rustique !
Note pour moi-même pour la prochaine fois : dissocier les haribos des bonbons sous plastique, en bouche le mélange est moyen …
Nous croisons un couple au niveau du lac et j’en profite pour m’enquérir de l’identité de l’équipe qui nous précède : « une jolie blonde ou une jolie brune ? » Les randonneurs d’avant nous ont dit qu’ils avaient 15′ d’avance et qu’ils avaient un drapeau français sur le bras, on élimine seagate et 400team, qui devraient avoir déjà 45′ à 1h d’avance à ce stade. « ho ben je ne sais pas, je ne regarde que ma femme » nous lance t il avec le regard approbateur de sa douce juste à côté de lui. Fayot !
Nous arrivons au pied du CP et Seb marque subitement le pas. Nous atteignons le cp et pendant que nous nous collons au contrôle matériel Seb voit le médecin de course. Plie, plie petit roseau … mais ne romps pas ! 1H de perdue mais tout heureux de pouvoir reprendre la course avec un Seb à peu près d’aplomb et un steve en caleçon, nous repartons en compagnie de raid74 dont la féminine n’est pas au mieux non plus.

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Et que font deux orienteurs quand ils sont ensemble ?? de la merde messieurs dame, hé oui, n’ayons pas peur des mots ! On trimballe seb en cherchant de l’eau, Stéphanie découvre que je suis à la limite de l’autisme et que ce qu’elle me dit rentre à droite pour ressortir à gauche. Je met ça sur le compte de la déshydratation et hop une source bienfaitrice nous tend les bras, plus d’excuses ! Merci monsieur l’agriculteur qui nous a filé le tuyau !
Derrière ça revient, Nantes et l’équipe Suisse. On se reconcentre, descente raide sous la ligne électrique, on fausse compagnie à Manu car Véréna souffre le martyr sur ces terrains pentus. Et on remonte pleine pente sur le versant d’en face. Stéphanie ne saute pas de joie à l’idée de bartasser mais il y a du kilomètres à gagner. Une petite bataille dans les buis au sommet et presque carreau sur le poste. Nous revenons au contact d’Aquitaine Safety. Ne reste plus que la descente sur le village où nous pourrons prendre de l’eau et avoir une petite surprise. La nuit tombe et le propriétaire chez qui nous avons frappé nous avoue une peu confus qu’il a enlevé une balise ne sachant pas ce que c’était. On rigole bien à l’idée de la ramener à Pascal et on embarque le labrador du type par la même occasion. Le cheminement pour rattraper l’AT n’est pas terrible et nous privilégions un beau mais sûr détour au crapahut dans les bois. 7°, temps bloqué, mais surtout nous allons pouvoir décompter 5h de sommeil et tactiquement c’était le but.

Section raft, vive la reco de juillet !

RIF 2016

RIF 2016

Réveil et mise en route rapide, tout juste le temps d’apprendre que les copains de RN46 ont bâché sur des problèmes de pied. On descend en petite foulée, canal ? Pas canal ? On arrive légèrement à la bourre mais on nous annonce heureusement qu’il y a un décalage de 15′. On se prépare vite et deux équipes devant nous ne sont pas prêtes, nous grignotons donc deux places pour partir en 5° position, au cul des Issy Absolu. Stéphanie prend rapidement ses marques et nous barre le raft comme si elle le faisait tous les week ends. Grosse confiance dans l’équipe, et ce n’est pas un ou deux arrêts sur des cailloux qui nous fera douter. Le gros arrive, drossage, triple chute, boule de king kong, tout s’enchaine à merveille, et quand on rate le passage Stéphanie nous sort quand même une super parade. A notre arrivée Seagate rempli ses bidons et s’apprête à partir en vélo, même si c’est un peu tronqué nous savourons de nous retrouver sur la même transition que les champions du monde.

VTT 91 kms, un bon chantier comme on les aime …
La transition s’éternise, on ne sera pas les tops guns de la transition c’est sûr ! On repart enfin et une grosse montée sur le plateau que l’on a fait en trek cet été nous donne le ton de la journée, ça va grimper ! Tout le monde monte bien, puis bascule dans une longue descente très roulante. On remonte en face, les premiers jolis passage et … la première crevaison ! Ou plutôt la valve de ma roue avant qui rend l’âme sans raison. Je perd du temps à essayer de la revisser et décide de mettre une chambre. Ça nous tient bien 10′ en plein cagnard et surtout je dois expliquer à mes belles jantes carbone ce qu’est une chambre, elles n’ont jamais vu ça. On repart, petite source d’eau fraiche, et … seconde crevaison ! Je réalise que j’ai juste oublié de regarder le fond du pneu, et j’y retrouve deux belles épines de buisson noir. Je m’insulte de quelques noms de poules et met une nouvelle chambre. On repart et Capopale ne tarde pas à nous reprendre. Ils ne sont plus que trois mais roulent fort. Ils orientent vraiment bien pour des p’tits jeunes, il est vrai qu’ils ont l’expérience de 2015. On va rester ensemble jusqu’à la grosse remontée sur le vallon d’en face. Là je met Steph à l’élastique pour un gros tractage très optimiste, je paierai l’addition après. Petit replat, pause déjeuner, une brique de soupe pour ma part, c’est simple, c’est bon, le ciel est parfaitement bleu, peu de mots, on est heureux. Quelques centaines de mètres plus loin une source coule sur un lit de mousse, on fait le plein, pas de doute, le « back to nature » est plus que jamais sur la course. La suite est ultra simple en orientation et la nuit ne va pas la compliquer. Seb profite du jour pour crever pour la seconde fois, c’est rageant, on ne crève jamais et là on est déjà à 4. Pendant qu’il répare je commence à rustiner une chambre, j’avais pas fait depuis 30 ans au moins …
On remplit les gourdes dès que possible, on boit comme on n’a jamais bu, la chaleur ne descend pas, sur un rif on ne peut pas avoir des conditions optimum, soit il pleut des seaux et on est limite alerte orange, soit il fait canicule et on brûle. Allez pov’ biquet, arrête de te plaindre et avance, ça changera … On arrive à un cp où nous pouvons manger chaud, je presse l’équipe alors que je suis limite hypo, j’en ai marre de m’arrêter toutes les 5 minutes. 15′ plus tard il faut qu’on s’arrête, tout le monde me cherche à manger. Jean-michel-gros-con vous connaissez ??
Le début de la descente est assez pénible, surtout pour moi qui suis à peine lucide, le guidon m’échappe des mains mais ça me gave d’être le dernier du groupe alors je roule comme un débile et je prend des boites. Mais tuez le, qu’on en finisse, c’est pas possible d’être aussi stupide ! Je me refais la cerise pendant que seb répare sa troisième crevaison, juste avant d’aborder la série d’épingle. Devant Stéphanie nous fait son numéro, heureusement qu’on a une nana qui assure là dedans, ça serait un coup à perdre une bonne demi heure sur cette descente. Steve finit la descente en cassant sa chaine mais on arrive au parking des gorges de la Carança et on aura le temps de réparer à la transition.

Trek 37 kms, ambiance montagne !

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Nous prenons deux heures de sommeil avant de nous engager dans les gorges. Aventure évasion n’est pas très loin derrière. Steve a déjà fait la ballade il y a quelques années, un bon prétexte pour lui refiler la carte. Il virevolte de rocher en rocher, nous lâche un pet immonde de temps à autre, il est en forme ! Stéph n’est pas au mieux, elle s’endort, et moi je suis bien content qu’elle ne puisse pas avancer plus vite, je ne suis pas super facile non plus. Le parcours de jour doit être splendide mais nous ferons tout de nuit, jusqu’au refuge. Nous arrivons quand il ouvre, il doit être 6h30 du matin, le jeune qui tient le refuge est sympa et à part Seagate hier soir il n’a vu personne. On lui raconte un peu la course pendant qu’il nous taille 4 sandwiches de bûcheron + 4 jus de pommes …

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ha non pardon trois, Steve prend son petit chocolat chaud, et avec son petit regard d’ange j’ai l’impression de courir avec mon fils, c’est tout mignon (t’enflammes pas steve, je suis marié). On repart requinqué avec le jour qui se lève et comme d’hab, en cherchant notre chemin en plein jour on se demande comment ont fait ceux qui sont passés de nuit. Les sommets rosissent, on dirait qu’ils vont s’enflammer. Les cris des marmottes nous font tourner la tête, et quelques izards nous surveillent du haut de leur pierrier. On est bien. Back to nature. Quelle belle idée Pascal a eu d’imposer du sommeil à prendre (presque) où l’on veut et surtout quand on veut. On n’est plus en mode zombie, on profite, c’est presque étrange cette sensation, pour un peu on se sentirait coupable de n’être pas fatigué. Une petite voix intérieur me sussure délicatement « tu veux être fatigué ? Patience ça va venir ! » …
Nous nous trouvons face à un petit dilemme. Suivre les consignes du road book ou suivre son instinct. Pile le road book, face l’instinct. Merde c’est face, comment je vais l’annoncer aux autres ? « bon on va couper par la droite, ça doit passer, le gardien du refuge a dit que c’était cairné » allez zou, on verra bien … On croise deux anciens du gaz, des solides, le genre de mec que l’on veut devenir quand on est riffeur, gros sac à dos de 75 litres, le pantacourt en grosse côte, le pull, le thermos de café,le verbe haut et cet accent pyrénéen si particulier. On profite de leur parfaite connaissance du secteur. « Bonjour, on voudrait aller au pic de la fosca del gégante » « Facile, à droite, à gauche, un cairn, à gauche, à droite, vous êtes arrivés » ok ça a l’air simple, en avant. Au petit col on voit la cabane à atteindre mais j’ai beau dire que le point à atteindre est à 2600, tout le monde me soutient qu’il est à 2800. J’ai appris à me taire depuis quelques temps, on monte donc à 2800 … pour redescendre à 2600 ! bon, l’avantage c’est que ça passait mieux que si on était resté sur la courbe. On prend le poste puis on plonge dans la vallée de l’Orri, une équipe nous colle aux bask’, on croit que c’est aventure évasion, en fait il s’avérera que c’est Issy qu’on a doublé quand ils dormaient à côté du refuge de la Carança.
Il fait chaud, très chaud. On prend de l’eau au refuge de l’Orri et on grimpe au col, dans le cagnard, avec le drone qui nous épie. Le groupe avance bien. La descente qui suit la prise de poste est interminable, pentue, sous le soleil. On arrive à Prat Ballaguer. Le village ne m’est pas inconnu car je voulais venir faire le canyon d’eau chaude juste à côté. Mon esprit est ailleurs, quelque part dans mes vacances d’avant. Steve a semé sa carte au pic du géant, je le soupçonnerai presque d’avoir fait un avion avec. Bref, je lui laisse la seule carte qu’il reste. Il me montre son choix, ok vas y poulet, c’est tout bon. On descend, descend, descend. On arrive à la départementale en bas et là les cerveaux se réveillent. « Putain merde mais on n’a pas le droit ». On cherche un chemin, en vain, on est prêt à se jeter dans les eaux tumultueuses de la têt mais c’est bien du classe IV et y a 500 mètres à faire, c’est couillu. Et on doit bien se résigner à tout remonter ce qu’on vient de descendre. Je crois qu’à ce moment c’est Steph la plus heureuse;)) 300 mètres de positifs plus tard un 4×4 estampillé Raid in france arrive sur nous à fond. Pascal a l’air soulagé qu’on ait pris la bonne décision, il aurait dû nous disqualifier ou nous mettre une grosse péna si on avait été tenté par le diable … On doit remonter un peu sur une grosse piste pour prendre une sente d’enduriste. C’est pas très agréable, on est à quelques centaines de mètres du point que l’on veut atteindre et on piétine. La trace se perd. Je coupe dans le pentu.
A ce moment précis l’équipe va vivre un petit passage qui va cimenter tout le groupe pour le reste de la course. Stéph a mal aux pieds et me fait bien comprendre qu’elle aimerait que je cherche le chemin un peu plus plutôt que de couper de suite dans la bartasse. Je lui dis que je ne m’ennuie pas avec un chemin que je ne trouve pas, il suffit de descendre le thalweg, il est assez propre en plus. On est pas d’accord, ça boude des deux côtés. Seb fait le médiateur. En plus je marche toujours 100 mètres devant le groupe, Seb est habitué mais c’est vrai que c’est pas terrible pour la vie de l’équipe. Bref, à l’arrivée à l’AT on se parle franchement avec Steph. On met tout à plat. Fin de l’épisode, on va pouvoir passer aux choses sérieuses maintenant.

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On se commande une petite salade de tomates qui fait plus que du bien mais comme nous sommes toujours aussi mauvais sur les transitions on mange avant de sortir de l’AT alors que l’on avait 2h30 de bloqué pour effectuer l’étape de liaison.
On se décide enfin à repartir, 2h30 pour faire 20 kms de vtt roulant, si nos calculs sont bons on va le faire en 1h et on aura donc 1h30 de sommeil gratuit ! Top top top !! Le problème c’est qu’au rif un plan ne se déroule jamais comme prévu. A peine sorti de l’AT je crève. Ça commence à faire beaucoup, je prend sur moi pour ne pas balancer mon vélo dans la rivière. On répare, on repart. On a pas fait 10 mètres (si si, j’vous jure …) que c’est Seb qui crève. Là je vais vous passer les détails, on a crevé 4 ou 5 fois sur 100 mètres, on a taxé des chambres à air aux espagnols, aux belges, à Christophe Aubonnet, aux spartiates il me semble … Les équipes nous évitent maintenant « ho putain c’est les bleus, ils vont encore nous taxer une chambre ! ». Evidemment on a épluché, réépluché nos pneus, en long, en large, en travers.

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Esprit de compétition, es tu là ? Si tu es là, frappe trois coups ! ……… bon, on abandonne ? Allez on décide de pousser tant bien que mal jusqu’au départ de la section. Je regonfle mon pneu arrière (oui puisque j’ai oublié de dire que j’ai une crevaison lente sur le tubeless à l’arrière …) et on repart. On arrive enfin à cette transition. On a mis 2h23 pour faire 20 kms de roulant, on est énervé, stressé, on n’a pas mangé, on n’a pas dormi, on en a marre … Putain de raid de merde. On décide de manger comme il faut et on va déborder sur le temps imparti mais tant pis. On prend le temps de s’équiper pour la nuit et on repart, enfin. On grimpe dans le village, on trouve le sentier qui commence à grimper et … et … ho putain non !! Seb reperce ! Là je demande l’avis à personne, on fait demi tour et puis c’est tout, ça ne sert à rien de s’engager sur cette section sans plus aucune chambre à air de rechange. On revient à l’AT. Que fait on ? Les magasins sont fermés sinon on aurait été à Prades en vélo acheter des chambres. Moi, là le raid j’en ai plus rien à faire. On a crevé déjà 11 fois, j’ai passé 8 rustines qui ne collent pas, on a écumé tout le peloton de leur chambre à air, ça me saoule …
Et là qui c’est qui arrive ? Le gros jipé avec Anto. On leur raconte notre histoire, on leur dit qu’on va abandonner. On se fait in-cen-dier !! Bon calmez vous les gars, on va réfléchir alors et on va peut être pas abandonner après tout. On décide de poser deux heures de sommeil, ça évitera qu’on perde trop de temps. Steve, Steph et moi essayons de dormir un peu. On laisse Seb régler son problème (c’est lui qui crève le plus) et aller de maison en maison à 23h dans un petit village pyrénéen pour chercher une chambre à air 29 pouces. A part le président du club de boules qui peut nous prêter le city bike de geneviève c’est le désert. Alors Seb démonte son pneu, une fois de plus. On l’a fait 100 fois donc ça ne sert à rien d’éplucher le pneu. Par contre on a pas regardé la jante. Seb trouve bien une petite aspérité mais vraiment, c’est tellement insignifiant que ça ne vaut pas la peine. Mais bon, on ne sait jamais, il ponce, met un point de colle pour adoucir l’aspérité et remonte son pneu. 45′ de dodo pour seb, 1h15 de mauvais sommeil pour nous trois, mais on est toujours en compétition et le pneu à l’air de tenir. On repart enfin. Belle grosse bosse qui casse bien les pattes, on pousse un peu mais on en passe pas mal sur vélo. J’ai chaud. La température ne baisse pas, ou peu. Je transpire. En plus je suis le dernier du groupe, j’aime pas ça. Je suis en train d’exploser. Je n’avance plus, j’ai le bide gonflé, j’ai pas ch… depuis le début de la compèt, c’est peut-être ça ? Arrêt caca, je vais passer les détails mais je sais maintenant à quoi sert le couteau du matos obligatoire (réponse uniquement en mp) Seb a fait demi tour ne me voyant pas arriver. Putain, le rôle du boulet c’est dur à tenir, j’ai pas trop l’habitude, je puise au fond. Ça va mieux quelques minutes, la cague magique ? Finalement non, dès que ça monte fort je suis à la peine. On rattrape une équipe qui est parti 1h avant nous, ça ne me redonne pas le moral. Ça monte encore. Seb me tracte. Noooooon, j’espère que Steve va pas prendre de photos ! Faut que personne sache. Mais même en me faisant tracter, les plus grosses bosses sont trop dures à passer sur le vélo. Je pense. Je me façonne un monde intérieur où la fatigue n’existe pas. Et je me repasse en boucle mon leitmotiv. Plie petit roseau, plie … mais ne romps pas !
Nous nous octroyons sur ma demande une micro sieste de 20′. Enroulé dans ma couverture de survie je sombre immédiatement.
Le froid du petit matin nous aide à nous réveiller, il fait humide. Je regarde ma montre, il reste une petite heure de nuit, allez mon gars, bouge ton cul ! Nous repartons et comme par enchantement j’arrive à présent à suivre le rythme. Steph et Steve assure à la carte, Seb leur lit les consignes du road book, et moi je me gère. Cette sensation du mec inutile, je ne sais pas si je l’avais déjà vécu comme ça. Je suis spectateur. Remarque le spectacle est beau. Stéphanie et Steve assurent comme des bêtes en orientation. Ils se complètent à merveille. Quand Steph hésite c’est Steve qui trouve, quand Steve s’arrête c’est Steph qui trouve. Un petit ballet. C’est beau à voir. Je me régalerai presque si je n’étais pas si occupé à lutter pour avancer. Nous redescendons le col et au CP aventure évasion est en train de dormir. Hooooo ce moment magique où la tête décide que tes jambes peuvent tout monter, juste parce que tu as aperçu un numéro de dossard. Le single suivant se fait à fond, l’euphorie nous gagne. Steve descend un peu plus vite que nous. Normal il vient de casser sa durite de frein arrière. Il en faudrait plus pour l’affecter. Il descend à fond. Généreux le type. Pas une plainte. Fataliste. C’est comme ça, il s’adapte. Le coéquipier parfait. Un joli passage dans des gorges sur des passerelles nous réveille un peu, un poste un peu physique qui m’entame à nouveau et la fin de section dure, très dure. Je resombre dans une grande fatigue. Et la fin de la section en plein soleil n’arrange rien. Je réussis à suivre le rythme du groupe mais au prix de gros efforts. Tous les 100 mètres la question à la con « c’est encore loin ? ». Le col. Galamus est là, allez mon gros, et t’as pas intérêt à montrer que tu es fatigué, le médecin de course pourrait bien t’arrêter ! Raté ! J’arrive et je m’écroule au milieu des caisses vélo, tel un gros sac. Là je me souviens que c’était beau, je me souviens que seb m’a forcé à manger deux pots de fruits au sirop, que j’ai râlé parce que j’arrivais pas à les manger, je me souviens que je me suis étendu par terre, je me souviens du ciel. Ha oui je l’ai bien vu le ciel, la position du guetteur aérien. Il était bien bleu. Et puis plus rien.

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Je me suis réveillé, j’avais une couverture de survie sur moi, la tête qui tourne un peu. Le médecin m’a demandé si ça allait, j’ai menti. Seb,Steve et Steph m’ont demandé si ça allait, j’ai dit oui machinalement, j’ai fait mon sac et on est parti. Ça allait un peu mieux mais surtout je comptais sur la fraicheur du canyon pour redémarrer. On peut dire pour revivre.
Les premiers pas dans le canyon sont une résurrection. L’impression de faire couler le robinet sur la cocotte minute. La spéléo qui s’enchaine et ses 16 degrés finissent de me requinquer. On a bien mérité un petit sorbet, pause glace à la sortie du monastère. Le jeune qui tient la boutique nous dit que nous ne sommes pas les premiers à lui acheter des glaces par contre nous sommes les premiers à nous installer en terrasse. Malgré toutes ces péripéties nous sommes toujours 6°, 1h30 derrière aventure évasions. Steve nous peaufine l’itinéraire pour monter au cp. Concours de blague, blagues belges contre blagues de steve, Stéphanie ça la fait pas marrer les blagues à Steve, nous non plus mais c’est steve alors on rigole quand même. Révision du répertoire complet de Bali Balo, démonstration de chants paillard, je leur raconte toute la finesse d’une popotte à l’armée, c’est le quart d’heure bucolique du raid. Seb nous recentre sur l’action et lit le road book « suivre une trace de chasseur » … nous y voilà, le rif commence là. Suivre un cairn c’est facile partout sauf sur le rif. Pourtant nous avons l’oeil avisé, deux cailloux empilés = un cairn. Il fait chaud mais nous sommes conscient d’avoir la chance de faire cette section de jour. On bascule de l’autre côté de la montagne par une petite faille rifesque. Je prend le temps de scruter les éléments avant de commencer à descendre dans la merdasse (les buis) et … yes le poste est visible depuis la brèche ! On prend un point de repère et on file le pointer, non sans avoir fait les sangliers à 4 pattes dans les buis avant (« ça passe pas ! » « mais si seb ça passe mais à 4 pattes »).
La suite c’est du bonheur. On peut aller passer notre permis de chasse, on sait trouver une trace de chasseur. Meilleur temps sur la section largement devant seagate et 400team, pour être honnête ils en ont fait une partie de nuit et ça, ça change tout. Tyro, château, descente plein fer, AT.

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Dit comme ça c’est simple mais en fait c’était uuuuultra simple. On arrive 2′ avant aventure évasions qui sont partis 1h30 devant nous, le moral il est pour nous. Et les croques monsieur aussi d’ailleurs. Et on va même jusqu’à trouver la proprio de l’épicerie qui était fermé, on lui fait rouvrir pour lui acheter une badoit tiède et des betteraves cuites. Et on se gave. Le figuier de la place du village craque en nous voyant et nous cède ses plus beaux fruits. Et pendant ce temps Aventure évasion fait une transition de fou. Je ne sais pas s’ils sont restés 15′ à la transition. Nous on repart la pense bien pleine, le moral au taquet, on a bien dû rester 45’ mais on s’en tamponne le coquillard. Section vtt d’anthologie. Courte mais tonique. J’ai retrouvé toutes mes jambes (enfin 2 comme tout le monde en fait) et on monte toutes les bosses comme s’il y avait la prime en haut. Steph est loin d’être la dernière et nous déboite sur la moitié des bosses. Fanny dirait que je suis macho mais bon c’est vrai que ça fait quelque chose à son petit égo de mec. Steve est facile. Seb va bien. On va avancer sévère. AT suivante, ce vtt était court, 2h on aura mis. Ça sent la fin, où sont les chantiers ? 6 malheureux kms en trek, 40 petits kms en vtt, 69 en kayak mais c’est la der, merdeeee, on réalise qu’on a finit notre rif ! (Le mec il fait le malin parce qu’il oublie qu’il a vécu 12h où on a cru qu’il était mort) …

Trek 6 kms et son toboggan rafraichissant …
On attaque le lit du ruisseau, on croise le GR, on reste dans le lit puis on emprunte une trace qui fait tantôt rive droite tantôt rive gauche. Seb nous lit le road book, apparemment il faut rester dans le lit du ruisseau. Là je donne mon interprétation, je trouve stupide de rester dans le lit alors qu’on a un chemin à 1m. En fait les consignes sont données pour la seconde partie où ce sera un vrai canyon, on le comprend par la suite. On rattrape Aventure évasion et Intersport, ils sont déjà équipés canyon ! On embraye derrière eux, juste à suivre le cling cling du 8 qui tape sur les mouskifs. Pied du château, j’ai toujours pas compris ce qu’ils ont fait : les deux équipes ne montent pas au château où il y a pourtant un poste et continuent leur progression en direction de l’AT. On s’en fout, on fait notre course, on se mêle de nos affaires. Château de Termes. On admire la ruse de sioux de Pascal « prière de laisser ce poste en place, course d’orientation à destination des enfants » ou quelque chose du style. Malin le Pascal. Un petit passage Rifesque pour atteindre les cordes. On se pose pour commencer à s’équiper. Un grand moment. Steve se rend compte qu’il a oublié son prussik (le gars il est parfait mais faut pas exagérer non plus, il est juste « presque » parfait !). Il a un bout de corde qui pourrait faire un prussik, il faut juste faire les nœuds de pêcheur. Il essaie. Une fois. Deux fois. Trois fois. « Bon allez file la corde à steph, il va te le faire » … héhéhé j’ai la pression mais j’en fais tous les jours des pêcheurs double, c’est moi le chef, tu vas voir ton prussik je vais te le faire en 2 temps trois mouvements. Merde raté, comment on fait déjà ??? Stéphanie m’arrache la cordelette « donnez moi ça les bouffons » (les termes c’est pas tout à fait ça, mais dans son regard il y avait ces mots), elle bricole son nœud et … raté ! bon on est tous des quiches et le guide qui nous regarde faire sans rien dire depuis 10’ doit bien se marrer … ou être inquiet de nous envoyer dans le rappel tout seul !
Enfin en tout cas je ne sais pas comment on a fait mais on arrive tous en bas du rappel nickel et vivant. On descend dans le canyon. Je rappelle à notre aimable auditoire qu’on est parti sans combi, ça ne faisait pas parti du matos obligatoire. Première vasque, on se mouille les genoux. Seconde vasque, on se mouille les couilles (sauf Stéphanie, bien sûr ;)). Troisième vasque, jusqu’au cou. C’est froid, ça mouille, ça crie, des gonz…. Heu … des gens faibles nous sommes. La dernière vasque c’est le top. Toboggan obligatoire, c’est la tournée du patron. Oublié le coup de chaud de la nuit dernière !
Reste juste à remonter à l’AT, manger, dormir nos deux dernière heures, couchés à côté d’Aventure évasion. On ne sait pas combien ils vont dormir, il nous semble qu’ils ont épuisé leur crédit sommeil et ils dorment donc où ils veulent et le nombre de temps qu’ils veulent. Ça va se jouer sur la fraicheur de fin de course mais les sachants bon kayakiste il va falloir faire un gros bike derrière.

VTT 40 kms, vendanges tardives.
A notre réveil, Aventure évasion n’est plus là. Normal. Nous restons emmitouflés pour partir dans la longue descente de début de section. On se gèle les miches. Stéphanie et Steve gèrent l’orientation, on ne change pas une équipe qui gagne. Ça fait pas bien longtemps qu’on roule, disons 45’ et devant nous, des lumières. C’est pas des lumières de voitures, non, de la petite loupiotte de vélo, oui. On arrive sur un carrefour, Aventure évasion à l’arrêt au pied de la bosse. On passe, on appuie, c’est plié. Raph à l’air frais mais pas forcément le reste de l’équipe. On n’a pas besoin de se parler à ce moment. On sait qu’il faut rouler, sortir de leur vue. Envoyer du pâté. On n’oublie pas de rigoler quand même, surtout quand on croise une cabine téléphonique d’un autre âge dans le village d’après, ou un voilier de 7 mètres dans une mare, surveillé par un crapaud dubitatif.

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Le jour se lève, si on est bon c’est notre dernier lever de soleil. Les corbières étalent leurs vignes devant nous. Les vendanges ont commencé. Et pour nous aussi quand on traverse une zone de vigne bio. On ne peut résister à la tentation de subtiliser une ou deux grappes pour se remplir la bouche tel un centurion romain en pleine orgie. Les deux derniers postes hors plaine sont coquins mais Steve a trainé ses guêtres dans le secteur et nous pilote comme si c’est lui qui avait posé le poste. On se laisse descendre entre les vignes, la chaleur est tombée, et pour ma part j’ai hâte de me défoncer les bras en kayak. Nous visitons tous les figuiers sur notre route mais la nature n’est pas généreuse cette année et les figues sont bien sèches quand elles arrivent à maturité.

Kayak 69 kms, sprint de 69 kms.
Dans notre tête à Seb et moi c’est très clair, faire une transition rapide, se jeter dans le kayak et filer avant l’arrivée d’Aventure évasion. Pas de contact visuel, la base. Nous remercions le ciel qu’il n’y ait pas une guinguette installée sur la rive, je pense qu’il aurait été difficile de convaincre Steph de ne pas s’attabler ! On fait, une fois n’est pas coutume, une assez bonne transition et on pousse les kayaks sur la berge pour embarquer. Steve et Seb sont sur l’eau, je suis encore sur la berge (à gamberger) avec Stéphanie, à jeter un regard inquiet vers le coin de rue où Aventure évasion peut surgir à tout moment. Merde on a oublié un truc dans le sac étanche, vite tout défaire, puis tout resangler. Allez allez vite !! On se met à l’eau, un dernier regard en arrière, on prend le petit rapide, on est caché, Yesssssss !! ça c’est fait. Il s’en sera fallu d’un poil, le tracking montrant bien que ça a dû se jouer dans la minute. Mais c’est comme ça, ça nous confère un gros avantage psychologique car pour une fois ils n’ont aucun repère sur nous. Maintenant il faut juste rentabiliser les nombreuses heures de kayak passées à Palamos cet été, faire le trou, bourriner, écraser de la grenouille, vider l’eau de la rivière, il faut pagayer jusqu’à ce que mort s’ensuive mais bordel il faut qu’on la garde cette putain de 5ème place !
Là, en train d’écrire en tapant à 10 doigts, j’ai la boule au ventre, le stress qui remonte, j’ai des frissons, mais en vrai c’était encore bien plus intense. On passe les premiers rapides, on profite un peu puis commence la phase de calcul. On est parti à 11h, le temps rapide c’est 13h, ça nous fait arriver à minuit donc 3 heures de nuit. Ça passssssssssse ! La même section mais tout de nuit c’est pas la même ! Faut en profiter, tout donner de jour. J’étale les cartes entre mes jambes et je compte les ponts. Ça sera nos points de repère. Les ponts et les CP. Pour le moment notre cerveau fait la chasse par derrière, il faut creuser le trou, c’est notre unique but. Un cp, deux cp. Un fan nous attend : « 40’ ! Issy n’a que 40 minutes sur vous ! » hooooo bonne mère ! (c’est plus classe que putain quand même, non ?). Pas besoin de se parler, ça envoie sévère sur l’eau, on se croirait en zodiac (c’est pas la capitale de la bosnie, ok ?). Seb s’endort. Du coup pour le réveiller on lui fait faire un petit calcul. C’est ça les mecs intelligent, dès qu’ils n’ont pas le cerveau occupé ils sombrent. J’ai pas ce problème moi. « Sachant qu’on pagaye à 7 km/h, que Issy pagaye à 5 km/h (estimation), qu’on a 40’ de retard sur eux, dans combien de temps les aura-t-on rattapé ? » Seb fume. Pas mieux pour Steve. D’ailleurs on est obligé de les accrocher, ils sont trop occupés à calculer, ils n’avancent pas assez vite. On a oublié Aventure évasion. On est sur Issy maintenant. Des loups. On est des loups.
CP31. On tire les bateaux comme des fous sur la berge pour passer la digue. Je tourne la tête à gauche et je jette le bateau plus bas. Je continue à courir vers l’eau avec le bateau en bout de sangle, Steph tracte aussi. Mon cerveau rembobine un peu, quand j’ai tourné la tête à gauche il y avait Issy, arrêté, en train de manger. Merde, ça a fait comme une image subliminale, je dois pas être tout net dans ma tête. Les deux bateaux sont à nouveau à l’eau, 4èèèèèèèèèèème !!!! Rhaaaaaa on jubile, ça nous donne le boost pour renvoyer du watt. Bon là le plan il sent bon. C’est pas du tout cuit mais presque. On est 4 parce que Issy est défoncé, on est en forme, ils ne peuvent pas revenir, c’est sûr, j’ai tout calculé : Yohann il pagaye mais il a pas les bras tendu, Lionel il est au fond du gouffre, François il nous met tout l’hiver des photos de ski de rando, il doit jamais pagayer, et Aurélie … Ben Aurélie c’est une fille donc … (désolé maman, pourtant je suis pas macho mais bon ;))
Rhaaaaa on était 9 sur la fin du premier trek, on a cru abandonner au pied des gorges de Gallamus, et là on est 4 ! Allez les enfants, au prochain pont il restera 20 kms de rivière, ça sent la fin !
On en profite pour faire dormir Seb qui préfère Morphée au beau défi qui nous attend. Alors pour ceux qui cherchent comment bien dormir dans un bateau on vous donne une bonne recette car on a tout testé : les deux bateaux attachés, c’est celui de devant du second bateau qui peut dormir, et il faut qu’il mette la tête à l’avant du bateau sinon il a toute les gouttes de la pagaie de celui de derrière qui lui tombe sur la tronche. Ok ?
« Steve, réveille Seb, ça revient derrière » … mer…credi, j’avais pas prévu ça dans mon super plan de l’espace intersidéral. « Bon ça peut pas être Issy donc c’est Aventure évasion, on va se faire croquer ! » On imagine la motiv des types qui peuvent récupérer fastoche deux places, ils doivent être survoltés ! On lâche rien. J’ai mal au grand dorsal gauche, c’est bon signe, ça veut dire que je pagaye plus technique qu’avant. Mais bon, j’ai mal quand même … Dans les bouts de ligne droite, je me retourne, ils sont là, ils ne lâchent pas, zut, crotte, flûte, qu’est ce que je peux dire à l’équipe pour les motiver ? Déjà qu’on est à fond, on peut pas aller plus à fond. Ça sent la 5ème place. En relisant les com’ sur facebook il y a celui d’Aloïs qui disait que la première des deux équipes qui se satisferait de la cinquième place aurait perdue. C’est ça, c’est exactement ça. Je me retourne, ils sont 100 mètres derrière, il reste au moins 15 bornes au total, c’est mort. Ils sont sur nous, et je reconnais Lionel et François. Ils sont vraiment fort, ils ont su trouver les ressources pour nous reprendre alors que Lionel était super mal. Non seulement grand respect mais en plus on est content que ça soit eux, la 4ème place c’est leur place. On se fait rapidement distancé et on sombre dans un faux rythme. Là il nous tarde un peu que ça finisse. La motiv est bien retombée, un peu comme la nuit est en train de faire. On croise un kayakiste qui envoie du bois. Il arrive à notre hauteur, c’est le jipé ! Anto et lui sont au dernier cp avant la mer, ils hurlent ! On arrive et on voit Issy en train de redescendre les bateaux de l’autre côté du cp. Y a rien en écart. Ça se tente. On se motive, on peut encore y croire et dès fois c’est le plus important, l’espoir, même s’il est infime. Ça permet d’avancer et d’embellir les choses. Alors on y croit. Les gens sont sur le quai et se prennent au jeu des encouragements, ils ont bien compris qu’il y avait une compétition. Devant nous les lumières d’Issy. Avec la pénombre on peine à estimer la distance mais on pagaye comme des sourds. Même Steve est sérieux. Il a peut être envie de nous faire du Bali Balo dans son berceau mais il doit avoir tellement mal aux bras, lui la machine de guerre à pied, qu’il se concentre sur son mouvement. On arrive en mer, et l’impression subite qu’il fait nuit noire. Au loin les lumières de St Pierre la mer, et le vent, ce vent de face qui nous fouette le visage, qui pousse nos pagaies au lieu de les tirer. Je ne sais pas où est Issy, on voit une lumière clignotante au loin, on s’engouffre derrière Seb et Steve et on donne tout. J’ai l’impression d’aller en ligne droite car on a aucun repère visuel nulle part. Le vent nous rabat les gouttes faites par celui de devant sur le visage, et le sel nous brûle les yeux. Déjà qu’on y voit rien mais alors avec le sel dans les yeux c’est horrible. Tous les muscles nous brûlent, faut rien lâcher, on ne sait pas où sont Issy et on n’a pas le droit de lâcher maintenant alors qu’on est à quelques encablures de la ligne d’arrivée. La côte, enfin, on a l’impression désagréable qu’elle ne s’approche jamais, qu’on pagaye pour rien. Les bouées des 300 mètres, mer.. (méditerranée) … je réalise qu’on était en pleine mer, on a rien vu, personne de l’équipe. On les franchit et le vent se calme un peu. Put…. si on avait tiré au bord de la plage dès le début on se serait facilité la tâche. Les rochers, les flammes de l’arrivée là bas, le dernier poste, on tire les bateaux, on passe la ligne … Après 69 bornes de kayak on a du mal à marcher. On se prend tous dans les bras, comme ça au moins on tombera pas ;))
Pascal arrive avec le champagne, Hoooo du calme Steve, l’en faut pour tout le monde !

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Quelle équipe ! Seb je le savais, il est super costaud, surtout il ne s’énerve jamais, et puis il a un cerveau et dès fois ça sert en raid long. Mais on n’avait encore jamais couru en long avec Stéphanie (Oufti) et Steve (XTTR). Du bonheur. Bien entouré on les retrouvera certainement sur un podium mondial. Ça bouge pas en orientation, c’est ultra solide à vtt, à pied, sur l’eau. On a vécu de grands moments. Et le résultat est le fruit de chacun d’entre nous qui a apporté énormément à l’équipe. Des moments difficiles, des moments magiques, la vie d’un groupe pour qu’il ne reste que le meilleur. Le fait d’avoir été bien moins performant que d’habitude pour ma part m’a fait encore plus profité du raid. Sans la carte c’est le bonheur aussi, une autre façon de profiter. Merci à tous les trois d’avoir été aux petits soins  dans les quelques heures où j’ai touché le fond. Je ne pensais pas pouvoir repartir mais on ne connait jamais ses propres ressources, et c’est vous qui les avez exhortées. Le petit roseau à plié, mais n’a pas rompu.

Une nouvelle fois un grand merci aux bénévoles car là ce n’est pas donner 3h de son temps mais une grande semaine ! Et merci à Pascal et toute ton équipe, Raid in France est unique, nul besoin d’aller à l’autre bout de la planète, tout est là, qui nous tend les bras, il fallait juste un bon chef d’orchestre pour que la symphonie soit belle.

Steph

« Comme il disait ces mots,
Du bout de l’horizon accourt avec furie
Le plus terrible des enfants
Que le Nord eût portés jusque-là dans ses flancs.
L’Arbre tient bon ; le Roseau plie.
Le vent redouble ses efforts,
Et fait si bien qu’il déracine
Celui de qui la tête au Ciel était voisine
Et dont les pieds touchaient à l’Empire des Morts. »

Jean De La Fontaine

 

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Technique de l’escargot

En épitaphe un nom qui glisse. Si lisse qu’il en est classe. Sans endroit pour dormir ni mourir à l’endroit. Dans ce jeu de quille où il traine sa coquille, il avance sans prétention ni aucune manigance, dans une cadence sans illusion.

Technique de l’escargot : regarder le chantier qui l’attend et s’y lancer avec humilité. Force et courage furent nos deux armes du week end pour vaincre kilométrage et dénivelé. Une entrée sucrée salée à se caler et s’apprivoiser car c’était une première pour notre composition d’équipe. Stéphanie impressionnante de facilité sur ce vtt pentu, que le pourcentage soit positif ou négatif. Ludo le diesel dans le dur sur la fin mais qui ne rechigne pas au labeur. Et moi chanceux comme pas deux à casser mon dérailleur arrière à 500 mètres de la ligne.

Petite nuit en dessous de 0°, un café froid et un gâteau de riz pour se caler le ventre. Les kayaks s’alignent sur le lac du Monteynard aussi bleu que le ciel enfin débarrassé de son manteau nuageux. Les « zopeunes » partent 10′ après les « zélites », un peu comme si on lâchait une antilope devant un lion. Première partie du kayak avec Steph et on recolle très vite aux dernières équipes élites. Seconde partie avec Ludo et une lutte finale sans merci contre le vent. S’ensuit un long trek ascendant pour retrouver un sommet qui s’est trompé d’initiale. Nous avalons les équipes comme un packman des années 80 pour arriver au parc vtt. Nous repartons avec une légende du raid que je vénérais dans les endurance mag des premières années. Seb nous donnera d’ailleurs le second poste vtt grâce à son célèbre groin. Puis Steph lâche les freins dans la descente qui suit, Ludo et moi dans sa trace pour rejoindre le tir à l’arc. Application du règlement, punaise au moins 20 flêches pour en mettre 3 dans le bleu, qu’on m’amène le bâtard qui a eu cette idée !;)). Un long col à la pédale pour arriver à un caillou troué idolâtré par la population locale, un peu comme si les auvergnats déifiaient une montagne chapeautée d’un temple de mercure. Nous reprenons l’équipe homme arverne qui n’est pas au mieux. Quelques postes à postes communs puis la remontée très à l’aise sur les postes 13 à 16. Un petit bout de route avec nos meilleurs potes du sud pour une erreur collective sur le poste rifesque numéro 16. Je m’étais plu à imaginer que Gaetan voulait nous faire crapahuter alors qu’il existait un sentier. Nous prenons le single qui nous ramène à la transition que nous estimons perdant par rapport à la piste du dessous mais l’état d’esprit « open » nous rappelle que la bataille est vaine et uniquement pour la gloriole.

Nous enchainons bien les postes sur cette courte mais physique co qui nous amène à un rappel en fil d’araignée. Puis nous reprenons le dénivelé en sens inverse et le plus brutalement qu’il est possible de le faire, à travers quelques dalles de schistes qui ont laissé pousser par endroit des fleurs de ciboulettes. Van Gogh aurait été heureux dans ce décor atypique. Nous retrouvons nos montures pour la section finale qui nous ramène au bivouac.

Après avoir tracté tant et plus le contact avec mon duvet m’est fatal et heureusement que Ludo et Stéphanie sont aux petits soins. Réveil très matinal pour admirer seul les étoiles et se demander à quoi rime toute cette débauche inutile d’énergie quand tant d’homme et de femmes meurent chaque jour, très loin ou parfois si proche de nous …

Et puis le clairon retentit. Sur la ligne de départ les mains engourdies se saississent des cartes. Point n’est besoin d’être expert en la matière pour comprendre qu’aujourd’hui il va être difficile d’échapper à la masse. Et effectivement nous nous retrouvons vite englués dans la première descente un peu raide. Sur la large piste qui suit nous balayons d’un revers de main l’option draille à droite pour nous conforter sur un choix de bon père de famille. Après l’épisode du troupeau de vache de la veille cette fois ci c’est le tracteur de papy marcel qui va au bois et qui prend toute la piste. Poste 3, quelle surprise de nous y retrouver avec le gratin national des team de raid et Fmr ! Poste 4, pause « j’enlève une couche » puis un long col comme il est si bon mais si rare d’en trouver en raid. Ça monte au train, 1300 mètres de déniv à se farcir sans tomate. J’accroche vite Steph qui est moins saignante que la veille. Ludo est bien en canne par contre et on monte sur un rythme correct. Les Xttr de steve et fanny nous reprennent vite et comme un taureau avec le rouge,  la vision du orange me donne des élans de force.  Raid O’brothers revient également sur nous avec Albane en tête du trio, tant pis si je dois péter ma tige de selle ! Dépouillage total, la fumée sort du capot mais la mécanique est rustique. Poste 5, vision panoramique, sourires photogéniques et dénivellé qui pique. Nous rejoignons des tas d’équipes de potes, Issy mixte puis Agde, avant que Raid nature 46 recolle à son tour. Postes 6,7,8,9, physiquement nous marquons le pas et ne recollons au paquet que sur des détails de choix d’itinéraire. Arrivée au plateau de l’Arselle, puis Chamrousse sous le soleil. Transition rapide et départ pour une co couloir sur photo aérienne. Bataille d’orienteurs qui tirent à tour de rôle jusqu’à l’arrêt chrono. Une facile via sur un rocher chaud, un beau rappel et reprise du chrono. Nous repartons dans un quatuor composé d’Issy jycle, Raid O brother et Raid nature 46. L’arrêt nous aura été fatal et nous ne pouvons les suivre physiquement. Une énorme erreur (la seule du we ou presque) sur le poste 13, un orient show miroir à lourde pénalité et l’arrivée.

Et alors mon pote, comment tu l’as vécu ta première finale d’un championnat de france en open-pour-le-fun-qui-compte-pour-du-beurre ? Pas si mal vieille chique, pas si mal. Faut dire que l’équipe était au top, qu’on a tout donné, et sur un raid comme ça y a pas de fard à paupière. Exigeant ? Oui c’est le mot mais il aurait été impoli de faire moins pour une finale. Les meilleurs sont devant et c’est bien ça qu’on attend d’une finale non ? Et pour se lustrer un peu l’égo on peut toujours se dire qu’on aurait fini dans un très beau top 10 au scratch en prenant (de justesse!) la 4ème place en mixte. Pas si mal pour des escargots.

Un petit couplet pour les organisateurs qui après avoir marqué les esprits il y a quelques années en remportant à la surprise générale le célèbre raid des dentelles au nez et à la barbe des monstres de l’époque, viennent de rentrer définitivement dans le rang des grosses écuries. Rendre à ton sport autant qu’il te donne, n’est ce pas là le plus beau des gestes ?

Et maintenant ? Hé bien maintenant arrive la phase la plus dure … partir en vacances avec madame et deux enfants pas sportifs (sauf si on considère que le foot et la boxe sont des sports;)) tout en s’entrainant pour raid in france sans en avoir l’air. Les techniques employées feront peut être l’objet d’un prochain post …

Steph

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Quand la montagne accoucha d’un clône de souris …

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Comment commencer ce compte rendu après ce qui s’est passé ? sans doute par la fin. Une longue fin qui commence au moment où nous sommes appelés dans l’ordre inverse du classement, à la 25ème place. La quoi ? je ne vais pas la rejouer, tout a déjà été dit là-dessus. Les adieux à l’aéroport se passent sans un regard de ma part pour les organisateurs, Seb est moins rancunier et réussi à parler à Stephan. Le voyage retour durera bien plus longtemps qu’il n’y parait, le seul plaisir qu’on y prendra c’est en se jetant des grandes plâtrées de nourriture dans le gosier à chaque escale.

 

Il y avait pourtant tous les ingrédients pour qu’on en prenne du plaisir ! Un pays au climat parfait, ni trop chaud, ni trop humide, 52 équipes au départ avec un niveau devant vraiment homogène, des sections variées, la promesse de belles plages, de décors arides parfois, montagneux à d’autres moments, un suivi média comme rarement, et puis deux autres équipes françaises super sympa …

 

Le stress monte sur cette ligne de départ où 104 kayaks sont prêts à en découdre sur ce premier kilomètre qui va permettre de distribuer les cartes de la toute première section. On arrive dans le groupe de tête avec Dav malgré ma technique qui fait tant parler dans l’équipe ;) et pour que Dav ne soit pas pris dans le flot des bateaux je me jette un peu trop tôt à l’eau. Le temps de récupérer le précieux sésame et nous voilà au cul des Naturex (alias 400 team) donc tout va bien. On fait une belle section de kayak orientation, et à la fin de ces premiers 4 kilomètres dans le petit port de Knysna le peloton des équipes aux dents longues est déjà formé. Il reste un poste à aller chercher au fond de la passe de Knysna, une des dix plus dangereuse au monde ! Nous avons attaché Fanny et Seb ce qui ne nous permet pas de suivre les meilleurs mais nous garanti de ne pas les voir à 3 kilomètres derrière nous. L’arrivée sur la plage, la première transition à la hâte où on essaye tous les 4 de bien faire.

 

On repart aussi sec sur un petit trail orientation sur carte google map, deux trois petites hésitations le temps de se caler, on croise un groupe de touristes français ! et au bout de 15’ de trek on est dans le bain des équipes que l’on croisera toute la course : les espagno-argentin de Urtzi Iglesias et les sudaf d’Olympus. Première portion de plage à chercher le dur, Fanny n’aime pas ça mais on le savait depuis l’entrainement à l’ile d’Oléron. Les espagnols encore plus à la peine que nous, par contre les sudaf hyper à l’aise qui nous mettent gros. On arrive sur cette section que j’ai vraiment hâte de voir derrière nous, 4 kms de kayak de mer. Le départ est beaucoup moins rude qu’il y a deux ans et on arrive vite en pleine mer sans encombres. On a fait le choix de ne pas attacher les bateaux sur cette section pour des raisons de sécu ce qui fait que Seb et Fanny prennent rapidement des centaines de mètres de retard, peu aidés qu’ils sont par leur mal de mer commun ! On croise une otarie qui vient jouer devant nous. La plage se dessine à quelques encablures mais le problème va être d’y arriver en un seul morceau. Avec Dav on compte bien mettre à profit notre stage « vaguelette » d’Oléron. On se retourne pour voir la première nous arriver dessus et … il est déjà trop tard ! On s’accroche à notre pagaie (qu’on n’a pas leasher !) et on arrive tant bien que mal à la plage. Béa d’Endorphinmag et sa fidèle assistante Marie ;) nous apprennent que tout le monde a fini comme ça. On attend nos deux malades qui en ont profité pour lâcher un petit vomito et on repart pour 12 kms de rivière. On était 6 à l’arrivée en mode méduse sur la plage, on sera 10 à la fin du kayak. Dire qu’on se traine la quiche est un doux euphémisme, pour se faire une bonne idée de notre rythme mieux vaut imaginer un groupe de mamies qui toucheraient une pagaie pour la première fois de leur vie.

 

Cette transition sera notre plus mauvaise sans nul doute. Chacun part de son côté bricoler ses affaires, les équipes arrivent, d’autres partent, est-on vraiment sur un raid non stop ? le rythme est pourtant encore très rapide, les sections courtes et nerveuses n’arrangent pas nos affaires. Pour ma part je suis au recopiage et perdu avec une carte gigantesque sur laquelle il n’y a rien à reporter ! Je questionne Heidi de savoir son intérêt mais vu que je ne comprend rien à la réponse on doit composer. Quand enfin mes neurones s’autorisent une petite connexion il est temps de repartir sur un vtt de 30 kms. Une première partie très sableuse, le temps de rentrer dans la carte, une seconde très roulante, nous réalisons une bonne section même si je suis le seul à peiner un peu dans la bosse du parcours, n’ayant pu m’alimenter à la transition. Ainsi va la vie de l’orienteur …

 

Nous sommes en avance sur notre tableau de marche malgré des temps pas très glorieux en kayak et ENFIN nous allons pouvoir faire une section autrement que sous le signe de l’urgence : 68 kms de trek dans un parc naturel à 3 éléphants. Nous repartons au cul de l’équipe suédoise 40 avec qui nous n’aurons de cesse de nous croiser. Nous nous refaisons un peu la cerise sur le long single en forêt puis sur une chute d’un des leur, en profitons pour les doubler. Fanny piafe d’impatience de courir (petit débat sur l’utilité de la marche rapide en raid) et nous relançons de temps en temps en essayant de ne pas entamer les réserves. Dav nous fait le coup du mollet dans la grosse bosse peu avant le poste, nous calmons donc un peu le rythme. Premier poste, première sortie de poste et première erreur. La nuit vient de se poser en douceur sur les sommets et les lumières de l’équipe de devant m’induise en erreur. Il me faudra bien 10’ pour comprendre qu’on s’est planté (et que donc il y a une équipe qui s’est encore plus planté que nous, youhou !!!). Les suédois en ont profité pour recoller.

Le temps de se remettre dans le bon mouvement de terrain, petite descente en courant et un carrefour un peu hasardeux en face. Les suédois hésitent et nous laissent passer, Fanny s’étonne qu’ils ne nous suivent pas et je dois défendre mon choix. Ainsi va la vie de l’orienteur, ha je l’ai déjà dit ? ;)

Finalement ils nous emboiteront le pas mais notre rythme plus rapide nous permet de leur prendre régulièrement du temps. Les deux postes suivant nous permettent également de recoller à Olympus et même de les lâcher sur une sortie de poste un peu foireuse. Pour l’heure il nous suffit de suivre une piste balisée. Facile ! Heu … en fait pas tant que ça car au bout d’un moment je n’arrive plus à faire coller la carte au terrain et on doit se contenter de suivre les indications des panneaux. Pas terrible mentalement ça … On rattrape les hispano-argentins dont l’un des gars n’a pas l’air au mieux. Puis enfin ce p…. de poste (tiens j’avais été poli jusqu’ici). Une méga descente puis une méga montée et la transition ! On nous annonce 6, on a pas été trop pourri sur cette section mais la transition va nous faire perdre quasi tout notre avantage.

 

On avait calculé 1h30 de sommeil ici, on fait comme on a dit et on se jette dans nos duvets sur les matelas mis à disposition. Mauvais calcul, tout le monde passe, il y a les chiottes juste à côté, l’eau aussi, bref au bout de 50’ à essayer de dormir on décide de repartir. 50’ de foutue en l’air, j’ai la rage, seb, dav et fanny sont plus philosophes. On repart sur un vtt « technique » de 84 kms. Technique parce qu’il y avait 3 marches d’escalier et 2 racines. Voilààààà. Sinon Waterloo morne plaine, de la piste, de la piste et encore de la piste. En ce début de section je suis touché par la sainte Grâce et j’ai des jambes de fou. Ce qui ne sert strictement à rien quand tu es le seul à les avoir. M’enfin, vaux mieux ça que l’inverse. Au milieu d’un bon pétard on voit les Cyanosis juste devant. Seb et moi irions bien recoller un peu mais Dav et Fanny subissent à ce moment le manque de sommeil. Putain de première nuit qui nous ni… le raid si souvent ! En co le temps perdu ne se rattrape jamais, c’est tout pareil pour le sommeil.

On prend notre mal en patience et nos premiers singes nous détournent un peu du rythme moribond. Fanny prend même de l’eau dans une vieille rivière croupie, pas facile pour un médecin quand tu fais la somme des bactéries que tu ingurgites !

On traverse nos deux seuls singles sudafricains ( par single il faut comprendre chemin de moins de 4 mètres de large) et sur une zone très très très fausse on recolle à nos amis Cyanosis. Il me semble que c’est plus mon côté pisteur qu’orienteur à ce moment là qui a pris le dessus « là y a des traces de hutchinson ! » …

 

Toujours est il que nous nous permettons de les enrhumer momentanément sur le dernier poste juste avant la transition. Il nous rattraperons sur un coup du sort à 300m de la transition, coincé par un troupeau de vache pendant 10 minutes. Hargggg cette transition … de m…. il faut bien le dire. Seb en oublie même les définitions qu’il va rechercher vite fait. Fanny croit qu’elle ne pourra plus jamais marcher de sa vie. Et moi je presse tout ce petit monde pour faire un max de poste de jour.

Le début de cette section de 35 bornes est très laborieux. Nous descendons dans un rentrant très pentu, où il faut se faufiler entre les arbres, puis nous arrivons sur une grosse plage de galet. Rien qui arrange les pieds de Fanny en fait. Rattraper les Naturex en train de retaper Adri victime d’une grosse hypo ne nous redonne même pas le sourire, nous avançons vraiment lentement. On fait un bout de chemin à trois équipes, Naturex, Cyanosis et nous. Dernière balise commune au centre d’un village puis nos routes se séparent en trois à la tombée de la nuit. Je pars à la boussole et tombe rapidement sur des propriétés privées qui vont nous emmer… toute la section. On rejoint Gallaecia (c’est plutôt eux qui nous rejoignent, on les a doublé sur le vtt d’avant) et tombons nez à nez avec un immense portail qui bloque le chemin d’accès au poste. Il n’est pas dur de comprendre que si on veut se sortir de cette section il va falloir faire le malhonnête. Nous voilà à escalader un barbelé haut de 3 mètres. Fanny n’ose pas mais le propriétaire arrive. C’est qu’ils ont la gâchette facile dans le coin, ça suffit à motiver fanny et nous voilà à courir de l’autre côté au cas où le gars soit armé (c’est qu’on s’en fait des films quand on arrive à la seconde nuit !).

Cette petite infraction nous permet de ramasser les deux postes suivant assez rapidement, le second étant dans une magnifique grotte en bord de mer.

La suite va être moins glorieuse. Il nous faut rejoindre Pletenberg bay et comme il est difficile de se départir de son cerveau d’orienteur je veux à tout prix y aller au plus droit. La végèt agressive nous jette à droite, à gauche, nous essayons une autre piste, Naturex et Cyanosis nous rejoignent et nous continuons à 3 équipes dans nos galères … jusqu’à ce qu’enfin on décide de rebrousser chemin (1h30 de perdue) et de faire le détour par la route. Pfffffff ….. Pletenberg bay, son sable fin, ses requins blancs, puis retour sur la transition où je laisse Adri orienter tout seul, seul objectif pour Arverne, atteindre son duvet !

Ha non, petit interlude avant, trouver le CP33, mal positionné sur la carte ! On pense qu’on doit chercher une balise au fond de l’eau sur un banc de sable, en fait c’est la débandade, les équipes ne savent même pas ce qu’elles cherchent, un poste qui ne te fait pas aimer le raid quoi.

 

3h de sommeil pour repartir sur un kayak en remontée de rivière, en mode bartassage. On est bien frais par contre on s’est fait sortir du paquet d’équipe dans lequel nous nous trouvions à cause de notre longue pause sommeil. 13 kms à pagayer puis pousser/tirer le bateau pour passer des bancs de sable et de cailloux. Fanny est dans le dur et sur cette section son bras l’handicap vraiment. Dav et moi revenons régulièrement en arrière pour aider Seb à bouger son bateau. Une belle section de gros bœuf comme je les aime ! Fais pas ton malin mon gaillard, vlà la balise 34, tu vas voir, qui s’y frotte s’y pique …

 

En effet, nous arrivons à la transition pour repartir sur un bon bout de trek, ce fameux trek/canyon/via ferrata. On aurait dû sentir que c’était une section pourrie. Sur la carte un chemin de dessiné, mais pas dessiné comme d’hab. Chemin ? limite de quelque chose ? pendant 45’ je vais trimballer l’équipe dans les ronces et les bambous à essayer conne… heu vainement de trouver une trace pour monter là haut. On porte nos combis canyon en plus, et je porte celle de Fanny en plus du plus. Enervé ? oui c’est le mot, bordel de merde ! On se déchire les bras, les fringues dans ces put…. de ronces, et puis on commence à monter en se disant que c’est pas possible, qu’on est les seuls débiles à faire ça et que tous les autres ont trouvé une trace, LA trace ! bref moral dans les chaussettes. Rien que pour nous faire rager on trouve un petit single pour faire les 50 derniers mètres. Poste ! On l’aura pas volé celui là … On se remotive et je n’ose leur dire que j’ai découpé la carte à l’endroit où nous devrions passé, on va donc devoir faire un petit hors carte sur une zone bien pourrie. Un peu de nez, un peu de cul et ça passe, on en profite même pour faire le plein dans une belle vasque profonde. Prochain objectif, le ca….. Il y a comme ça des mots tabous. Tiens une équipe suédoise qui dort sur le chemin. On arrive au canyon, je vais vous éviter les redondances et on va de suite passer à deux heures après, à l’entame de la marche aquatique. Plus de 5 heures de marche/ nage, à chercher le passage qui te permettra de garder tes coui…. au sec. Fanny est à l’aise, elle se met même à l’eau au début, bien moins sur la fin. On double les hispanos argentins à l’agonie, l’un deux s’est blessé au genou. Et les suédois nous reviennent dessus en  fin de canyon.

Grosse remontée en combi pour se réchauffer, devinez qui on double qui se réveille, Cyanosis ! bon on est pas si mal. J’ai les yeux qui commencent à loucher, on décide de prendre 30’ de sommeil. Au réveil le jour n’est plus très loin et il reste juste le poste 41 à aller chercher, en bord de plage. Encore une propriété privée à passer, là on ne lit pas comme il faut les consignes du road book qui nous disait que la porte était ouverte et on perd 20’ à tenter de faire le tour avant de trouver un trou dans le barbelé. Ne reste plus qu’à descendre sur la plage et à ramasser le poste. Le jour se lève en même temps qu’on y arrive et les sudafs n°33 nous rejoignent, on est pas trop mal. Plage ! et là … qu’est ce qu’il s’est passé ? les deux équipes partent plein Est alors qu’il faudrait partir à l’Ouest. Les sudafs font demi tour, pas nous. Pourquoi ? je n’en sais rien. On a bien dû visité la plage sur 1.5 kms. C’est pas énorme mais quand c’est une plage de galet où tu n’avances pas, que Fanny a déjà bien mal aux pieds, c’est beaucoup ! Bilan, une heure de perdue alors qu’on était au contact, rageant. Là, décemment je ne peux plus me permettre de leur demander de courir. Le retour à la transition est très long, le sable est très mou, le soleil est très dur … Tout est « très quelque chose » mais rien ne va dans notre sens. On a quand même la présence d’esprit de bien s’aligner pour faire risette au photographe (photo de notre page facebook). Nous bénissons la traversée du bras de mer, en début de marée montante, fraiche à souhait. Le moral n’est pas si mauvais finalement et nous faisons une transition éclair. Sauf moi, j’ai un peu de mal à me dépêtrer des cartes à renseigner, la bouffe, les sacs, besoin d’une nounou à ce moment.

 

Nous repartons sur un kayak bien sauvage, à chercher notre itinéraire dans les hautes herbes. Une des plus jolies sections du raid ! Et qui c’est qu’on rattrape ? nos suédois n°40 préférés ! ils se sont perdus dans les méandres du kayak. A ce moment notre préoccupation est de prendre du sommeil car nous en sommes à trois nuits et 3h30 de sommeil. On se met d’accord pour dormir sur le vtt, la transition étant trop près de la route et moi comme d’hab voulant profiter du jour. On commence par monter longuement, longuement … les suédois n’arrivent pas à nous suivre, ça fait plaisir de voir que physiquement nous sommes toujours là. Conditions du dodo, trouver un endroit à l’abri où l’on puisse faire le plein en eau. Non pas là, c’est pas beau, non pas là c’est trop près de la route, non pas là il faut qu’on trouve le poste avant … bref finalement on se jette pour 30’ au col, au bord de la route, à l’endroit le plus froid de la section, avec une descente interminable au réveil (idéal pour choper froid) ! Merci qui ? on dira pas le nom mais c’est celui qui tient la carte.

 

La nuit est apparue, c’est la dernière si nos calculs sont bons. Ils le sont rarement mais on va faire en sorte qu’ils le soient pour une fois. On roule. On roule fort même. Fanny pas un pet de jeu à vélo, pas besoin de laisse, nickel. Seb la machine, solide en début de section, un peu émoussé au milieu mais un seb émoussé ça tient bien quand même. Dav qui pleurait sur la section de 84 tracte fanny dans les gros gros raidars, énorme ! Et moi j’ai rien à faire, y a pas d’orientation, ou si peu. On se motive en voyant les feux des équipes de devant, et on déchante quand on les double, ce sont toutes des équipes shuntées qui sont sur la short race. Les 30 derniers kilomètres sont durs, vraiment durs. Il fait froid et nous nous endormons. Dav est le plus fatigué, on chante, on s’invective, on se crie dessus, on se motive comme on peut et on finit cette section avec le cerveau dans les chaussures. On arrive quand même à faire une transition organisée avant de s’octroyer généreusement 1h30 de sommeil. Allez dernier trek !

 

Petit crachin pour nous accompagner, ça monte dès le début, on ne sent pas le froid, impeccable. Toute la montée se fait de nuit, et au petit jour nous arrivons sur un gros réseau de piste. Nous voyons les suédois juste devant nous, ils n’ont pas dormis à la transition et sont repartis 30’ devant nous. Fanny n’avance plus du tout dans les descentes mais elle serre les dents. Un seul choix à faire sur cette section, accepter de s’engager sur un chemin qui ne débouche pas sur la carte. On prend le risque, il y a des traces de chaussures devant nous et pas une qui ne revienne à contre sens. On arrive en bout de chemin sur la carte et … miracle ! sur le terrain il continue ! Par contre faut faire des hypothèse maintenant. Arrivé à une intersection le chemin part à l’opposé de ce que j’aimerai, je vois le poste au loin, je décide de couper dans la broussaille. Seb nous taille le chemin et nous remontons dans une belle pinède très éclaircie. Transition !

 

Un dernier petit vtt, un dernier kayak en lac démonté (où certains y laisseront beaucoup de temps malgré tout) et l’arrivée magique comme seuls savent le faire les organisateurs de l’Expedition Africa. Il est 14h. 4 nuits, 5h30 de sommeil, plus de 500 kms, 9°. Un peu déçu du résultat mais le niveau sudafricain est réellement bon, les petites sections ne nous ont pas avantagé car elles ont généré beaucoup de transitions sur lesquelles nous sommes assez mauvais.

 

Du côté de l’équipe : Le mauvais choix de chaussures de Fanny lui a occasionné des blessures importantes aux pieds (entorse puis tendinites et ampoules) mais elle a montré un gros mental dans les moments durs et de grosses qualités à vélo.

Seb a été un super capitaine, calme, costaud, qui a toujours fait un super intermédiaire avec l’organisation et ses subtilités.

L’entrainement de vélo de Dav a payé.

Et j’ai réussi à ne pas perdre ma boussole …

 

L’organisation a eu un gros boulot de prise de décision, probablement due à des initiatives personnelles de la part des bénévoles responsables du canyon. Après maints rebondissements nous finissons officiellement 10°, anecdotique mais toujours bien mieux que la 25° place totalement injuste qui nous avait été attribuée le soir de la remise des prix. On nous a presque réattribué notre vraie place. La pénalité d’une heure pour la via a été poussé à 2, on a échangé nos places avec les copains d’Issy Absolu. On ne gardera que le meilleur, l’ambiance avec Naturex et Issy Absolu, les itws de Béa, les encouragements de Marie,  les hamburgers à Segefield, les bières pas chères et la caresse du soleil sur la terrasse du bungalow.

 

Prochain raid long au Raid in France. La même équipe – Dav + Steve. Vivement la quille …

 

Steph

 

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Raid des dentelles de Montmirail

Compte rendu de course de François qui était aux dentelles pour son premier raid sous le maillot bleu et surtout son premier « dentelles » !Dentelles balise 14 rentrant

Nicolas, Ludovic et moi (François) voulions tous trois faire ce raid ; Nico y a défié tout le 42 en particulier les nombreuses équipes Ligéraid inscrites (pire qu’une invasion xttr) ; Ludo ne l’avait jamais fait malgré son énorme expérience, j’en entendais parler depuis longtemps notamment de part les articles du président.

Samedi matin je pars avec Ludo pour récupérer Nico à Montbrison. Aucun problème de réveil, de matériel ni de trajet et nous arrivons plus de 2 heures avant le départ !!! Sommes-nous des « Arvernes » ??? J’ai un doute… d’autant plus que Ludo me sort son cuissard floqué xttr au parc Vtt, il me rétorque qu’il n’en a pas d’autre !!! Bref nous déposons nos vtt et saluons l’ensemble du gratin des raideurs qui c’est décidément bien retrouvé sur cette 10ème édition et manche du challenge national. L’équipe fille est là avec Aurélie et Céline. Il fait très beau.

Départ 14h avec un Trail’O qui commence par une grosse côte d’entrée. Ce trail’o n’est pas très O puisqu’il suffit de suivre le balisage PR ou GR pour prendre les trois balises et arriver au parc vtt. Transition rapide pour un vtt’o Ign, là aussi pas de difficultés techniques avec un itinéraire balisé PR, par contre le physique est au rendez-vous avec des chemins très pierreux ; d’entrée les quelques concurrents, qui avaient sous-gonflé, pincent dans les caillasses. Un single à flanc regroupera plusieurs équipes. 3eme section « aventure » on enfile les longjohn pour se jeter dans le Toulourenc. 400 mètres dans la rivière suivi de 2 à 3 kilomètres sur les rives puis trail dans le maquis le tout en photo aérienne. C’est sur cette section que nous allons perdre le plus de temps sur ce raid ; nous avons un gros sac contenant les longjohn alors qu’il aurait fallu prendre un petit sac pour chacun. Ludo qui aura porté le sac sur la majorité de la section va y laisser des forces. Deuxième erreur et c’est ma faute, jardinage sur la balise 14, je cherche un « rentrant » au bord du vallon, alors que la balise est dans le vallon comme le laisse deviner la carte. Nicolas trouve la balise et m’appelle mais je suis trop loin de lui (encore une erreur) plusieurs équipes nous dépassent sur ce poste. On continue sur cette photo et Ludo en guerrier porte son gros sac, il a un côté tortue-ninja sur cette section, je le relaie quand même un peu sur la fin. C’est reparti avec les vtt sur les chemins de randonnées, 22km et 770m D+.
J’ai bien aimé sur cette section que Nicolas nous partage ses réflexions sur le gros portage : « Mais les filles elle peuvent pas passer là » ben mon Nico une fille y en a une juste devant toi avec son vtt sur le dos ! Effectivement nous sommes entourés de championnes et de nombreuses équipes mixtes sont déjà loin devant…
La journée se termine avec une interminable montée sur le versant nord du Ventoux (passage au col du Comte) et descente périlleuse dans un étroit chemin pierreux de nuit. Ludo et Nico font chacun un écart dans le ravin et son repêché par Thierry Lefanèchère et Ligeraid juste derrière nous.
A l’arrivée une curieuse soupe est censé nous requinqué : betteraves gingembre curcuma. Pour le coup nous sommes des Arverne et nos corps réclame St Nectaire, saucisson et bière pour la récup. Nous sommes 25éme provisoirement.
Nous dormons chez des amis de Nicolas à Malaucène et somme reçus comme des rois, merci à nos hôtes.
Dimanche matin changement d’heure et nous sommes, malgré tout, prés à Lafare pour le départ à 8h39.
La mini COmémo dans le village ne fera pas d’écart vu le niveau général et la 1ere section vtt se fait un peu à la queue leu leu. La deuxième CO aux Barroux, assez facile, ne changera pas trop les classements, Ligeraid qui avait fini à 1’ de nous samedi, nous tiendra compagnie toute la journée. La deuxième section vtt de 17km sera une des plus intéressantes même si la partie de carte IOF sera insuffisamment exploitée à mon goût (peut-être déjà trop parcouru sur les éditions précédentes ?). La pluie s’invite sur le raid. On enchaîne avec un trail-dénivelé sur la crête de St Amand et une 3eme section vtt sans difficultés techniques mais qui m’amènera à la dernière section très entamé physiquement. Hélas c’est là que je suis censé entrer en action puisqu’on arrive enfin sur une grande carte IOF à pied. Heureusement Nicolas m’aidera à orienter au mieux, mais je ne suis pas en mesure de faire un bon coup qui nous aurait permis de décrocher le peloton qui est encore et toujours là, à nos côtés. Le raid se termine par une section corde dans le Vallat de Fenouillet (non obligatoire) qui nous réfrigérera avant de franchir la ligne d’arrivée. Dommage que l’organisation ne nous ait pas fait mettre la néoprène dans le sac corde. Nous terminons 20eme ce raid des dentelles. Hélas nous n’avons quasiment pas vu les filles sur ce week-end, elles sont 3eme.

En conclusion un raid très physique (peut être trop pour moi, pas pour Ludo (impressionnant le 2eme jour)) avec des équipes de gros niveaux. Félicitations aux équipes mixtes encore une fois ; 8 mixtes devant nous, on s’incline ! Nous sommes tous les 3 contents de l’avoir fait, mais pas sur que nous reviendrons. Merci et bravo à Nicolas et Ludovic pour notre bonne entente.

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2016 nous voilà !

La saison 2016 va très bientôt démarrer, l’occasion de faire le bilan sportif et humain 2015.

Un constat s’impose désormais chez les bleus, l’association se scinde en plusieurs catégories d’âge avec des constantes pour chacune d’entre elles … La toute première c’est les gamins (- de 30 ans) On devrait plutôt dire les gamines car elles ne sont (plus) que deux dans cette catégorie. Faut les surveiller comme le lait sur le feu sinon ça fait 3 séances par jour ! Sont capable d’aller rouler 4h la veille d’un trail ou de faire une séance de vma le lendemain d’un raid … pffff … Avantage, ça récupère vite et bien à cet âge.

La catégorie la plus nombreuse c’est les jeunes, mais les jeunes chez les bleus c’est moins de 40 ans. Dans cette tranche d’âge on croit encore au pouvoir des tours de piste, on se tire la bourre sur chaque entrainement et si les résultats ne sont pas toujours au rendez vous c’est pas grave car le plus important c’est de défoncer du bleu à l’entrainement ! Ils seront bien épaulés cette année avec deux arrivées chez arverne, un raideur polyvalent qui a déjà roulé sa bosse un peu partout et le meilleur orienteur auvergnat actuellement ! Je me permet de donner un petit indice en image😉

evolution-de-l-homme1

On arrive à la catégorie la moins fournie, les vieux. 40/45 ans, ils doivent être un ou deux. Là ça commence à savoir s’entrainer seul, quand un jeune attaque en vtt, on le laisse se fatiguer, on reste dans la roue, on le laisse passer en tête au col et on attaque dans … la descente ! Arrivé en bas en tête on rappelle au jeune que pour être bon en raid il faut être polyvalent et que la performance ne s’exprime pas qu’à travers une vma … La sagesse va de paire avec le nombre de podium, les vieux le savent, ils attendent leur heure, tapis dans l’ombre, prêt à profiter de la moindre défaillance des jeunes fougueux.

La classe du dessus, les croulants ! + de 45 ans. A ce stade ce n’est plus de la sagesse, c’est surtout qu’on a pas trop le choix … Comme le vieux sanglier solitaire, l’entrainement se fait en solo, loin des railleries incessantes des jeunes. On ne peut plus tellement miser sur la pointe de vitesse, pour gagner un raid il faut de la chance, beaucoup de chance. On part vers la 20° place et on espère que les 10 devant nous crèvent, les 5 suivants chopent une tendinite et les 5 derniers perdent leur carte. Faut bien ça pour pouvoir gagner ! Tout le monde ne s’appelle pas Eric Maire dont on se demande bien chaque année quel âge il peut bien avoir mais qui corrige inlassablement n’importe quel petit jeunot.

Bon on a fait le tour il me semble … ha non … il reste une catégorie ! Celle là elle est dans tous les statuts d’assoce, on se demande toujours pourquoi on écrit ça quand on rédige les statuts mais finalement au bout de 10 ans de raid je viens de comprendre ce qu’était un membre bienfaiteur. Fredo vient de rentrer dans cette nouvelle catégorie. Il paye sa cotis, (ok, 20 euros, c’est pas ça qui fait la sélection pour être bleu) il prête tout son matos de raid (pagaie, gilet, roller etc …) aux jeunes ou aux gamines qui n’ont pas encore la panoplie complète, il aide sur toutes les orgas … mais il ne coûte plus un centime à l’assoce car il ne fait plus de compèt. Ça fait surtout bizarre, j’ai encore l’impression que les bourlingues sur les défis verts étaient hier. On ne le répétera jamais assez, le raid multi est un sport collectif et c’est dur de voir partir un pilier de l’équipe …

En attendant les premiers podiums 2016 qui devraient arriver très vite, voici les très bons chiffres de 2015. Quelques constatations: à une exception près seul les filles et les quadra ont gagné des raids, 4° podium sur la finale du challenge en 5 édition :

Raid des collines Julie Boucheix Christophe Canaud 2ème

Arws chili (coupe du monde)                                                                           David Bardaud François Marleix Christine Cornez Stéphane Dumortier 4ème

Raid du haut Languedoc (challenge national)                                             Aurélie Grosse Céline Bonnardon 1ère

Raid des dentelles de Montmirail Fanny Gerbe Aurélie Grosse 1ère

Raid Vallon Pont d’arc Julien Naudin Julie Boucheix 3ème (grand parcours)

Fanny Gerbe Julien Desgue 3ème (petit parcours)

Ligéraid Thierry Battut Xavier Souillat 12ème

Chemins du soleil Philippe Gignac Julie Boucheix abandon (casse mécanique)

Raid obiwak Thierry Battut Xavier Souillat 33ème

Raid de Civray (challenge national) Christophe Canaud  François Marleix 4ème

Gévaudathlon Fanny Gerbe (Arverne) Cyril Heurtault (XTTR) 11ème

Raid O’célé Sébastien Massing Stéphane Dumortier 1er

Vendée raid O’score (challenge national)                                                      Julien Naudin Christophe Canaud 21ème

Raid aventure Commentryen Stéphane Dumortier Olivier Trumeau 1er

Défi du haut forez Stéphane Dumortier Christophe Canaud 2ème

Raid des gorges de l’Allier Fanny Gerbe Stéphane Dumortier 1er

Jura 4 pattes (challenge national) Céline Bonnardon Aurélie Grosse 1ère

Finale du challenge national                                                                            David Barranger François Marleix Christophe Canaud abandon (casse mécanique)

Céline Bonnardon Fanny Gerbe Aurélie Grosse 2° et vice championne de france !

Arws Raid in France  (coupe du monde)                                                 Sébastien Trumeau Christine Cornez  David Barranger François Marleix abandon

Raid ABS (challenge national) Aurélie Grosse Stéphane Dumortier 1er

Foud’raid Olivier Trumeau Christophe Canaud 1er

Raid Orient’alpin (challenge national)                                                         Aurélie Grosse (arverne) Karine Ouvrard (400 team) 1ère

Raid nature 46 (challenge national)                                                          Stéphane Dumortier Fanny Gerbe Sébastien Trumeau 2ème (grand parcours

Julien Naudin Julie Boucheix 1er (petit parcours)

Raid des Corbières Xavier Souillat Thierry Battut 30ème

Mon petit doigt me dit que les « jeunes » devraient enfin gagner en 2016 notamment grâce à deux orienteurs de très haut niveau qui devraient tirer toute l’équipe vers le haut … Le ton sera très vite donné dès le raid des collines avec un binôme hyper compétitif puis dentelles, haut languedoc, vallon, spring raid, ligéraid, arws afrique du sud, raid Edhec, taill’aventure, Lsn, raid des cheires, Finale du challenge, RIF seront au planning … si les blessures nous laissent tranquille !

Steph

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Effluves estivales sur lit de feuilles rousses

Ce soir on est laid (comme d’hab), on pue (presque comme d’hab) mais on est heureux ! Heureux car on a le sentiment d’avoir fait une manif aboutie sur tous les plans, preuve en est la banane sur l’immense majorité des visages des coureurs à leur arrivée …

Il est vrai qu’on a bien été aidé par le temps, exceptionnel pour une mi novembre. Pour des organisateurs c’est un confort absolu de rester sec tout un week end, d’avoir des bénévoles qui bronzent aux carrefours, des rubalises qui ne s’envolent pas, des barnums en moins à monter, des enfants qui ont le droit de courir dans la rivière sans qu’on se fasse atomiser par les mamans, un speaker qui ne noie pas sa sono, des photos pleines de lumières … bref … Pour vous, on comprend tout à fait que vous préfériez la pluie et le froid, vrais traileurs que vous êtes, des canyons remplis d’eau glacée, des rivières aux galets glissants, des descentes boueuses, des vrais conditions de trail quoi. Mais on n’a pas boudé notre petit plaisir de faire cette septième édition sous un soleil digne d’un mois de septembre. Allez promis l’année prochaine on vous commande un sale temps pourri pour la toute dernière édition non pas du roc du diable mais tout du moins des parcours de 26 et 13 de jour qui auront été parcouru 4 ans. Il sera bien temps de changer et n’ayez crainte pour le futur tracé, il sera sélectif, très sélectif, on a une réputation à tenir et faites nous confiance, on la tiendra !

Du côté des enfants, vous êtes plus de 200 (!!) qui raconterez votre mini aventure à la récré demain. C’est vous qui avez mis le feu, soyez en sûr, et vous amenez un vent de fraicheur sur la course dont on ne peut plus se passer alors merci à vous (et à vos parents de vous avoir amené). Un double merci car vous avez joué le jeu et le coffre de jouet ce soir déborde ! Alors merci pour les enfants à qui vous allez permettre de passer un beau noël !! Tous les adultes que nous sommes devrions nous inspirer de votre gentillesse, de votre naïveté et de votre altruisme naturel !

Une première pour nous, la possibilité donnée à des coureurs du roc de donner un peu (beaucoup) de leur temps contre une invitation sur la course de leur choix. Une première et une grande réussite, un grand, énorme merci à Benoit, Michel, Eric, Vincent, Isabelle et Réjane pour avoir joué le jeu et le temps d’un week end vous être fondu dans notre équipe avec le sourire ! Quand vous voulez pour repartir !

Côté course il y a eu des surprises, des déceptions, la compétition a bien eu lieu et n’a pas fait de cadeau sur ce terrain difficile. Yoan a joué le jeu jusqu’au bout en remportant la nuit et en essayant de faire le doublé, chose jamais réalisée sur le roc. Il a pris beaucoup de risque et l’a payé mais c’est le jeu. Super état d’esprit, le roc est addict à Yoan ! Nos copains raideurs de Grenoble sont venus et ont fait parler la poudre (1er et 3ème du challenge homme). Des filles, beaucoup de filles, sur la nuit et sur le 13 mais également sur le 26, vous n’avez pas peur mesdames et nous on adore qu’il y ait autant de filles sur la course ! Bien sûr quand il faut appliquer la barrière horaire sur le 26 et que vous versez une petite larme à peine contenue on a le cœur fendu et les yeux rougis à notre tour on se demande si on a bien fait de créér cette barrière … Du premier au dernier coureur je suis venu dans la terrrrrible montée des gorges d’Enval, prendre la température. J’ai vu beaucoup de sourires malgré la fatigue et les crampes, bravo bravo et bravo !

Une question est revenue sur le positionnement du ravito, j’ai une réponse qui ne contentera probablement pas tout le monde mais nous avons depuis le début une ligne de conduite et nous ne dérogerons pas à la règle. Nous ne sommes qu’une petite équipe de bénévoles et nous n’avons pas la possibilité d’en mettre un second, nous l’avons donc placé de manière à ce qu’il soit le bienvenu et pour les coureurs du 26 ET pour ceux du 13. Pas facile donc. Nous ne l’avons pas mis à la traversée de route car cela correspond au 4° km du 13 donc aucune utilité … On espère aussi que les coureurs qui aiment le roc partagent les mêmes valeurs que les notres à savoir rusticité, technicité et AUTONOMIE !

Un photographe super sympa a déjà mis en ligne sur FB ses photos, d’autres vont suivre, faites vous plaisir, c’est gratuit et c’est pour vous.

Haaaaaa les récompenses … Là évidemment, je vais vous offrir une réponse conforme à notre philosophie et la même que Cris a pu déjà faire sur FB : ce n’est pas l’école des fans, sinon faut prendre une licence à la FFCO avec leur catégorie H35/H40/H45/H50/H55 etc … Vous venez sur le roc pour avoir un beau parcours (énormément de travail d’élaboration!), bien balisé, un bon ravito, une orga bien ficelée, une sécu au top en cas de besoin … Le reste n’est que futilité juste bonne à faire marcher comme d’habitude les mêmes qui s’en mettent toujours plein les poches. On comprend bien que vous êtes peut être habitué à être récompensé tous les week ends mais c’est marqué dans le règlement qui on récompense donc si vous venez surtout pour avoir une médaille prenez donc le temps de lire ce règlement avant !

Les douches : un mauvais point récurrent chez nous, on l’admet bien volontiers … Certaines années elles ne sont pas fléchées, d’autres elles sont froides ou fermées … Ce week end la serrure avait un problème mais elles étaient bien ouvertes pourtant, et d’ailleurs au moins deux personnes de sexe opposé en ont bien profité si l’on en croit les bruits entendus en venant les fermer;)

Les possibles nouveautés 2016: Pas de grosses modifs en 2016 mis à part qu’on vous commande la neige. Le plus gros changement se fera sur la nuit avec l’ouverture de la première partie du parcours (7kms) aux individuels qui auront donc la possibilités de découvrir la course de nuit sur un parcours plus simple que la seconde boucle. Les cadets auront donc aussi la possibilité d’y participer plutôt que de tourner dans le parc thermal le dimanche matin. ok les jeunes, un trail de nuit, ça vous va ou vous préférez courir dans le parc avec les minis poussins ??

Et pour tous ceux qui ont aimé la nuit du diable nous vous donnons rendez vous le vendredi 8 janvier au stade du Colombier (commune d’Orcines mais tout prêt de Chamalières). Il y aura sans nul doute moins de chaleur, la nuit pourrait être plus sombre, mais elle sera aussi plus envoûtante et quand vous vous élancerez, seul, avec votre petite lampe vissée sur la tête et un soupçon d’appréhension, vous redécouvrirez ce parfum oublié qui vous rappellera la peur enfantine du noir … 8 kms contre vous même, à rattraper, se faire rattraper, douter, profiter, et sûrement redécouvrir un coin pourtant familier mais qui ne s’offrira qu’à 270 épicuriens … Ouverture des inscriptions le lundi 9 novembre !

Steph (oui steph arverne sur FB !)

ps: Je dédie le titre de l’article à mes p’tits potes arvernes, amoureux de prose à deux balles😉

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Finale du championnat de France des raids

Depuis que le challenge existe, arverne a toujours été présent à la finale (et même sur un podium). Nous avons donc pris la direction du nord, dans le pas de calais, afin de faire la finale 2015.
1ère épreuve : ben le trajet! 9h de route afin de rejoindre le départ. Cela laisse beaucoup de temps pour parler stratégie. Pourquoi stratégie? car le raid a été tracé de telle façon que l’on ne peut pas tout faire. Ayant fait cette année le Vendée raid O’score j’essaie de convaincre mes partenaires de mon plan. Et convaincre David et François qu’il va falloir lâcher des postes dès le début du raid c’est vraiment pas un truc facile.
On embarque dans un bus le samedi matin pour rejoindre le départ qui se trouve sur une plage. Le décor est vraiment sympa et on est très content d’être là.
A 8h30 les fauves sont lâchés pour 6km de trail O’. Les 4 derniers km dans les dunes vont faire exploser le peloton. On attaque alors une co score où david fait un véritable festival. Nous ressortons avec les team 2 raid et toutes les balises. On retrouve les XTTR au parc à vélo qui ont déjà lâché plusieurs balises. On repart par une grosse section de VTT d’abord sur le sable dur, puis mou, puis de la boue, de la boue, de la boue. Dès le départ je sens que les jambes ne répondent pas normalement. En plus les plateaux ne passent plus ce qui permettra aux oranges de rouler une partie de la section avec nous. Heureusement les vitesses se débloquent ce qui nous permet de poursuivre notre route seule. Les copains ont maintenant complètement adhéré à ma stratégie et nous fonçons directe à la co suivante sans faire aucune option. Celle-ci est cette fois très verte et nous prenons 19 des 20 postes en essayant de suivre le gros rythme de David. Retour en VTT pour un couloir que nous faisons avec les 400 team. Puis un VTTO’. Il fait de plus en plus chaud. Résultat : ben je prend un gros coup de chaud. Oui oui l’année de la canicule par 25 dans le nord! Je suis une buse. Je ne peux plus manger et m’accroche comme je peux. On retrouve les x bionic avec un julien qui est dans le même état que moi. On fait sauter le bike et run. François me met de force un sandwich dans la bouche et on repart pour 18km de road book. A la fin de cette section le vélo sera fini pour la journée. On partira pour 2-3h de kayak où je vais pouvoir me poser et manger.
Les jambes recommencent de tourner au bout de 8km, ça va le faire!!! Tiens David s’arrête d’un coup, dans un faux plat descendant anodin. Ptit coup d’oeil sur son vélo : il vient d’exploser son cadre! Un truc impossible, qui ne peut pas arriver sur un terrain comme ça. Ils essaient de réparer mais c’est impossible.
Ptit coup de fil à l’orga qui viendra nous récupérer. Au pc suivant on aurait du vider le doigt. On calcule les balises qu’on avait pris : on se trouvait alors sur le podium scratch.
La déception est immense. Nous suivrons les filles le dimanche qui iront chercher une superbe 2ème place car leur raid a vraiment été compliqué mais elles n’ont rien lâché!
Bilan du raid :
-côté positif : l’organisation des Trex a été impressionannte !! Tout était pensé pour les raiders : de jolis co, le tracé des suivi sur les cartes, les gymnases, les ravitaillements fournis, l’accueil, les parc vélo, le tarif, la gentillesse…

MAIS on n a pas du tout aimé ce coté hyper stratégique du raid. Voici pourquoi :
1 : notre sport manque de reconnaissance et de médiatisation. Une finale nationale doit mettre un coup de projecteur sur le raid multi. ça tombe bien on avait tous des trackers avec un super suivi mis en place par les organisateurs. Mais à quoi cela sert il avec ce genre de raid? Comment expliquer aux néophytes que les équipes devant étaient en fait peut être dernière et les dernières peut être première. C’était insuivable!
2 : on connaissait avant la longueur des sections et les pénalités. Nous faisons la 1ère co à 11,5km/h et la 2ème car très verte à 7km/h. Comment établir une stratégie cohérente à l’avance??
3 : je suis persuadé qu’une équipe composé de 3 bouchers à vtt pouvait gagner le raid en ne faisant quasi aucune co à pied
4 : la lutte d’équipe à équipe n’existe pas
5 : passer des heures à faire des tableaux excel avant un raid c ‘est pas du tout notre truc!

cris

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